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sienne, et en même tems une science plus profonde; croyez-moi, monsieur, sur ce sujet, car j'ay pénétré ses sentimens plus que personne, et il avoit la bonté de s*ouvrir à moy entièrement,. en découvrant les plus grands sens de son esprit* Il avoit trouvé l'art de scavoir une infinité de choses de divers genres sans les confondre, et avec tout cela il avoit. une grande piété et profond respect de la Divinité, quoyqu'il n'affectât point de mettre ces dispositions d'esprit en évidence comme font les hypocrites ; il avoit encor beaucoup d'honnesteté et de générosité. Je suis fâché de ne m'estre point entretenu avec luy par lettres, la dernière année de sa vie. Il se proposoit l'accomplissement de deux ouvrages, scavoir de l'histoire du plaisir et de la doulleur, dont je vous ay entretenu en quelques lettres , et de ses remarques sur Diogène Laerce , touchant la vie et les dogmes des philosophes ; il appelait ce dernier son spicilegium, et assurément il nous auroit donné des remarques plus considérables que beaucoup d'autres autheurs qui se sont mellés d'écrire touchant les sentiments des philosophes qu'ils n'entendoient pas assez; il m'a écrit qu'il travailloità mettre ces remarques au net. Je ne scais ce qui en sera de la part de messieurs ses héritiers, mais je scais bien que vous aviez raison de dire qu'il nous devoit don-
ner Lantiniana de son vivant Les ouvrageâ posthumes ne vallent pas grand chose /et j'ay une joie extrême de ce que vous me témoignez que vous alez donner votre système de la concomitance. Tout ce qui viendra d'une personne aussi habile que vous» monsieur, ne peut qu*étre fort utile au public. Vous m*en avez écrit quelque chose il y a environ quatre ans; mais la matière demande de Téclaircissement et j*en attends avec plaisir, pourvu que vous ne tardiez pas à tenir vostre promesse. Mes méditations continuent toujours et Tesprit travaille sans cesse sans se reposer; mais néanmoins je ne compose pas n^estant point asseuré de faire imprimer en ce tems, où le commerce de livres est suspendu. D'ailleurs, les livres de philosophie ne sont pas recherchés par les libraires :, ils veulent des matières du goust comme ils veulent des plaisanteries, et des histoires leur plairoient beaucoup plus que les plus profondes et plus solides méditations. C'est pour ce sujet, et pour quelques autres raisons encore, que les plus habiles de l'antiquité ne nous ont donné que ce qu'ils avoient de moindre et qu'ils ont emporté avec eux leurs plus excellentes connoissances. La censure de M. d'Avranches a esté imprimée pour la seconde fois. Nous avons à cette heure peu de philosophes
et je ne connois presque que des gens intéressez les