RBMARQUES CRITIQUES DB LEIBNIZ
vinité en estât de voir ce que la créature fera (je raccorde). La pluspart des théologiens fondent la préférence sur le décret, d'autres veulent que le décret porte que la créature se trouve dans les circonstances où Dieu a prévu qu'elle pécheroit : ainsi quelques uns veulent que Dieu ait prévu le péché h cause de son décret, d'autres qu'il ait fait le décret à cause qu'il avoit prévu le .péché. De quelque manière qu'on s'explique, il s'ensuit que Dieu a voulu que l'homme péchât (il faut dire qu'il l'a voulu permettre) et qu'il l'a préféré à la durée perpétuelle de l'innocence (concerfo) qu'il luyestoitfacile de procurer et ordonner {nego, salva rerum majore perfectione).
P. 2828, l'invention de la science moyenne est chimérique, car elle n'empêche pas que tous les péchés et tous les malheurs de l'homme ne soient du choix libre de Dieu. M. Jurieu confesse qu'il n'y a personne qui soit plus incommodé que lui des difficultés de ces décrets. Il s'est expliqué encore avec plus de force sur tout cela, et vous ne sauriez nier qu'il ait réfuté invinciblement toutes ces méthodes ; et par conséquent il ne vous reste aucune ressource à moins que vous n'adoptiez mon système des deux principes. (Le principe du mal n'est pas une substance, c'est la possibilité des choses, c'est cette possibilité qui porte que parmy tous les systèmes