L — THÉORIE DES IDÉES
L'abbé Foucher est un philosophe et un savant du XVII' siècle, trop peu connu. 11 y a beaucoup de
(i) Voir la troisième partie de riiitroductioD, où Ton en rend compte.
(2) La première [partie de l'introduction est consacrée à cette correspondance.
(3} Voir la deuxième partie de l'introduction, intitulée Morale^ et dans la préface l'indication des autres pièces qui se trouvent dans ce volume.
(/ij Cette première partie, consacrée à la correspondance de Leibniz avec l'abbé Foucher fait, en outre, mention de trois ouvrages, de ce dernier, dont voici les titres : 1* Critique de la recherche de vérité^ 2" Réponse à dom Robert Desgabets, 3* Logique des académiciens.
INTRODUCTION. XXiij
bien à en dire que personne n'a dit. Leibniz en faisait une estime particulière : non seulement il le jugeait digne d'être son correspondant, honneur très partagé quand il s'agit de Leibniz, qui a tant écrit, mais le ton de ses lettres indique qu'il l^ distinguait parmi ceux de France.
L'abbé Foucher, à qui Leibniz donnait le conseil glorieux pour sa mémoire, de traduire Platon, s'est particulièrement occupé de deux choses qui rendent ses lettres précieuses : des académiciens ou disciples de Platon dans le passé, et de la re* cherche de la vérité du P. Malebranche dans le présent. Je ne parle pas de sa discussion connue ei publiée dans le Journal des savants avec Leibniz au sujet du système de ce dernier, qu'il ne voulut point admettre. Tout ce qui a trait à l'harmonie préétablie est divulgué, et l'on vient trop tard pour en parler aujourd'hui (1). 11 n'en est pas de même des deux ouvrages de Tabbé Foucher, l'un en faveur des Académiciens, l'autre contre le livre du P. Malebranche, qui ont inspiré à Leibniz quelques réflexions fondamentales sur la vraie méthode de philosopher, et l'on nous saura gré sans doute d'en
(i) Nous y reviendrons toutefois dans les conclusions, car la discussion de Foucher est sans contredit la plus forte de toutes celles qui ont paru au xvii' siècle, et les réponses que lui fait Leibniz et qu'il savait être destinées par son correspondant au Journal des savants j sont méditées et décisives*