XXIV INTRODUCTION
dire quelques mots; car je ne sache personne qui Tait fait.
Le P. Malebranche n'eut pas de contradicteur plus sérieux. Les lettres de Foucher à Leibniz nous apprennent le sujet de la dispute : « Je voudrais, lui écrit-il, que vous eussiez esté présent à quelques conférences que nous avons eues ensemble le P. Malebranche et moi sur la philosophie. Il me semble toujours que son opinion des idées, qui ne sont point des feçons d'estre de l'âme, est insoutenable (1). » Le sentiment du P. Malebranche sur les idées, ce sentiment que l'abbé Foucher ne peut admettre, nous est connu. C'est le fond même de sa philosophie ; il lui donne des développements quelquefois sublimes dans son livre de la Recherche de la vérité. On a beaucoup comparé Malebranche et Platon, et l'on a découvert de frappantes analogies entre ces deux grands prôneurs des idées. Elles sont évidentes, au moins pour la forme; mais quant au fond, labbé Foucher pensait tout autrement. Platon n'était pas pour lui ce génie sublime et même un peu aventureux qu'a tant aimé l'Église naissante. C'était aussi, c'était •même surtout l'auteur de ces dialogues sévères et dialectiques qui s'appellent le Théétète^ le Philebe et le Parmenide{i). L'abbé Foucher, il faut bien le
(1) Voy. Leltres, p. Z|/ii.
(2) Voy. Lettre», p. 28, 76, 86.