‹ Lettres et opuscules inédits (volume 2)Chapitre 10 sur 100 · t A M. Fabbé Vaarln · texte numérisé non relu

t A M. Fabbé Vaarln

Turin, 29 avril I820.

Monsieur Pabbé,

Croyez-moi, tout cela n'est pas grand'chose : ce sont nos saintes maximes pures et simples, maximes fondamentales sans lesquelles le monde croulerait, et qui sont

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exécqtées invariablement sur toute la surtace du monde catholique : la seule différence est qu'au lieu de tenir ces maximes manuscrites dans les archiver de l^État^ comme fû s'agissait de quelque grand mystère politique^ on les publie à son de trompe avec le beau monosylld)e LOI en tète^ ce qui amuse ces messieurs^ comme ces petits fusils (ff(m donne apx enfants pour faire Texerdce. Je ne suis pas sur les lieux^ mais je crois que vous vous exagérez les choses, n n'en reste pas moins vrai que l'Église romaine a mis le pied dans Genève, que son gouverneur est obligé de traiter avec la béie, qui avance en reculant, comme j'ai eu l'honneur de vous le dire. Je gémis avec vous, et autant que vous, sur la tournure exclusivement politique que prennent certaines choses ; cependant il y a des compensations sur le point que nous avons en vue. Made animo ! Allez votre train, et laissez passer les LOIS.

Quant au livre, je vous avoue que dans les parties que j'ai parcourues (car je n'ai pas tout lu] j'en ai été assez content : il me faudrait peu de peine pour catholiser le tout.

Quant à Jésus ou Josué, ou Joma , certainement c'est le même nom ; car, dans une langue qui n'écrit pas ses voyelles, si l'on me pimente P R , je suis bien le maître de lire Père, ou Poire, ou Pire^ ou Para, ou Prie^ etc. ; mais je n'en ai pas moins senti la malice qui voudrait arguer de Pidentité de nom à l'identité de nature. Monseigneur l'évéque de Pignerol ost averti de la page où s( trouve la charmante Profession de foi. Tout le livre , au reste , n'est qu'une comédie criminelle , même dans ses parties extérieurement bonnes; on sent l'hypocrite qui veut singer l'enseignement légitime. Le défaut de principe gâte tout.

On a beaucoup célébré en France le pauvre Pape, entre

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guère ailleurs. Comment vous exprimer^ dière Azélie, tout oe que vous faites éprouver à mon cœur? Je ne suis point en peine du bonheur de Rodolphe : parlez-moi du vôtre. Êtes-vous contente de votre époux ? Ne pensez-vous point encore à divorcer? Expliquez-moi bien cela, je vous en prie : c'est sur vous que se réunissent toutes les affections delaÉamille. Nous vous avons tous épousée, et votre bonheur est notre grande affaire. Je grimpe à Lémens quand je le puis, pour parler de vous avec la bonne tante. Demain, nous faisons ensemble la course d'Aix : jugez, jugez, ma très-chère fille, s^il y sera question de vous ! Je vous recon> mande mon Rodolphe; aimez-le de tout votre cœur, et soyez publiquement sa maîtresse; une fois qu'on est bien affichée, on ne s'embarrasse plus de rien. Ce mot de maitresse me plaît infiniment. Je veux que vous commandiez à votre ami, que vous soyez despote chez lui (quoique ce mot n'ait point de féminin), et que votre suprême sagesse y mène tout. Conmie j'ai une mîdtresse aussi, j^ai employé toute mon éloquence à lui vanter sa nouvelle fille; mais le plus grand éloge que je puisse faire de vous, chère Azélie, c'est la tendresse que vous m'avez inspirée. Constance vous fait ses tendres compliments. Adieu mille fois, mes chers et bons enfants, que je ne sais plus séparer; je vous serre, avec mes vieux bras, sur mon jeune cœur.

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