‹ Lettres et opuscules inédits (volume 2)Chapitre 14 sur 100 · t A M. Pabbé Vaarin · texte numérisé non relu

t A M. Pabbé Vaarin

TariD, 22 Janvier 1821.

Mon très-cher abbé.

Une seule raison pouvait m'empêcher de répondre surle-champ à votre lettre du 2 janvier : c'était celle d être dûment malade et étendu tout de mon long. Ce fûclieu!'

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état^ qui dqre depuis plus d'un mois, m'a forcé d'interrompre mes fonctions et a suspendu toutes mes correspondances; aujourd'hui cependant je commence à être beaucoup mieuvi et j'en profite pour dicter quelques mots à votre adresse. J'ai été sans exagération ravi de votre sermon; il n'était pas possible d^étre plus vigoureux , plus vrai» plus pressant que vous ne l'avez été ^ ni de profiter avjsc plus d'habileté d'une circonstance unique pour saisir les batteries de votre ennemi et les tourner contre lui, Souvenezvous bien de ce que j'avais l'honneur de vous dire il y a environ trois mois : en reculant , elle avance. C'est un étrange spectacle que celui de votre sermon, prononcé à Genève en présence d'un fragment catholique du gouvernement. N'avez-vous point ensuite été un peu trop chaud, et n'avez-vous point outrepassé d'nne mortelle ligne certaines lignes imperceptibles qui séparent ceci de cela? C'est à vous à en juger plus qu'à moi ; et d'ailleurs ce doute rentre dans le cercle des infiniment petits, auxquels je fais peu d'attention : dans ce moment il ne faut voir que les masses.

Mon digne et excellent ami, Tévôque de Pignerol, vient d'arriver. Je me suis empressé de lui communiquer votre pièce, dont il ne manquera pas de me parler bientôt.

J'ai lu avec beaucoup d'intérêt votre petit pamphlet traduit de Tanglais. Sans doute qu'une réunion entre l'Église anglicane et la romaine serait une des choses les plus désirables; mais elle devrait être précédée d'un certain préliminaire dont l'exposition m'entraînerait trop loin. Il y aurait dans ce moment de superbes choses à faire et à dire; mais qui peut ve veuf, et qui veut ne peut. Ah! si quelque ange avec ses belles ailes dorées pouvait entrer tv^ut à coup dans le cabinet toujours mobile d'un certain peisonnage, et qu'avec son air doucement fulminant il daignât lui dire.

▲ V. L*ABBÉ YUÀBIN, 31

Àuieds^foi si tu as peur, et lié tranquillement les $ept ou kwt chapitres que voilà , nos affiùres uraûeni bien, surtout sll avait la bonté d'ajouter : Si tune m' écoutes pas ^ tiens pour str que le châtiment ne seferupês attendre. Mais je compte peu sur cette apparition , de manière que je demeure toujours dans le doute qui terminait un cei-tain mémoire que vous avez lu dans le temps, et que je ne cesse de recommander à vos méditations, à vos clefs, et à vôtre prudence.

Que je voudrais pouvoir être du voyage que vous allez entreprendre, ou tout au moins vous charger de papiers pour tous ces complices que vous me nommez ! mais il n'y a pas moyen: mille choses, et surtout le temps, manquent pour les correspondances. Cette cruelle maladie me retarde encore et me nuit étrangement. Dites-leur au moins (à ces brigands) tout ce que vous pourrez trouver de plus tendre de ma part; assurez-les de mon invincible adhésion à notre conjuration, et de ma ferme résolution de ne rien oublier dans ma petite sphère pour l'amener à bien. Cette année verra paraître une seconde édition bien perfectionnée du Pape y et Pouvrage sur l'Église gallicane et les quatre articles, qui doit, selon moi , produire nécessairement une très-grande explosion. D'autres années, si Dieu me les accorde, produiront d'autres choses; mais, conmie vous savez : à chaque jour suffit sa malice.

J'ai reçu le second volume de M. de Haller; faites-lui passer, je vous en prie, mes remercîments les plus empressés. C'est un tourment pour moi de ne pouvoir dévorer ses ouvrages. J'attends le bon vouloir de messieurs les traducteurs. En attendant, j'espère trouver assez de secours chez moi pour m'en approprier au moins les plus beaux endroits dès que je serai remis. J'ai lu avec beaucoup de plaisir, dans le Défenseur , les articles de jM. de Haller lur la noblesse : la raison en personne ne parlciait pa»

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mieux raison. Sur cela. Monsieur Fabbé, je prends congé de vous, en vous souhaitant un heureux voyage et vous assurant de mon éternel attachement.

Dispensez-moi de signer e leciulo, 22 janvier 1821.

DE

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