‹ Lettres et opuscules inédits (volume 2)Chapitre 17 sur 100 · DU ROI LOUIS XVIU · texte numérisé non relu

DU ROI LOUIS XVIU

Lettre d« roi Ijo«Is Xwiu av comte de Malstre.

k Tanovie, ce u Juin I80I.

Beçoe à Morzinka, près Pétenboarg, le 27 Join (9jaillel).

Votre excellent ouvrage m'a donné. Monsieur, presque autant de droits sur vous, qu'il vous en a donné sur moi. Je ne chercherais cependant pas à vous dérober quelquesuns de ces moments qui sont tous dus à mon frère, à mon ami, à mon compagnon d'infortune, si je n'avais d'autres titres à faire valoir auprès de vous. Mais l'amitié promise de votre part au comte d'Avaray en est un plus puissant; c'est à ce sentiment, qui est aussi ma propriété, puisqu'il ajq^tient à mon ami, que j'ai recours aujourd'hui avec une pleine confiance. Je laisse à celui qui forme entre nousim lien qui m'est précieux, à vous développer ma pensée ; mais je me suis réservé à moi-même le plaisir de vous assurer. Monsieur, de tous les sentiments que vous m'avez inspirés; et qui ne finiront qu'avec ma vie.

Louis.

Rfpoiise dv eomte de Matstre.

SaiDt-Pétenboarg, 28 jain (10 Juillet I804.

Sire,

L'inestimable conquête que j'ai faite à Rome, en devenant l'ami de l'ami de Votre Majesté, me procure aujourd'hui un homeor auquel je n'avais nul droit de m'attendre. Quoiqu'il me soit impossible de répondre par ce courrier à la lettre qui m'a transmis celle de Votre Majesté , je ne puis

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néanmoins tarder un instant de mettre à ses pieds ma vive et respectueuse reconnaissance. Oui, sans doute, Sire, Fami, le frère, le compagnon d'infortune du roi , mon maître, a toute sorte de droits sûr ma personne , mais l'honorable tâche que Votre Majesté veut bien m'imposer présente, du moins dans la forme qui me semble prescrite, des difficultés que je soumettrai incessamment à son coup d'œil pénétrant. Aujourd'hui, je ne puis exprimer que des actions de grâces.

Je croyais. Sire, n'avoir plus rien à laisser à mon fils : je me trompais. Je lui léguerai la lettre de Votre Majesté.

Je suis, etc.

liettre du comte de Maistre à l'emperear Alexandre.

Saint-Pétersbourg, 6(18) avril 1805.

Sire,

Son Excellence monsieur le ministre de la marine vient de me faire connaître que Votre Majesté avait daigné attacher mon frère à son service, en lui confiant la place de directeur de la bibliothèque et du musée de l'^Vuiirauté. Votre Majesté Impériale, en me le rendant, me rend la vie bien moins amère. C'est un bienfait accordé à moi autant qu'à lui. J'espère donc qu elle me permettra de mettre à ses pieds les sentiments dont cette faveur m'a pénétré. Si je pouvais oublier les (onctions que j'ai l'honneur d^exercer auprès de Votre Majesté Impériale, j'envierais à mon frère le bonheur (ju'il mira de lui consacrer toutes ses facultés. Jamais, au moins, il ne me surpassera dans la reconnaissance, le dévouement sans bornes, et le très-profond respect avec lequel, etc.

Signé, db Maistbe.

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