DE H. LE YICOHTE DE BONALD
dis-^^ recueillis à Texpiration de leur pdiie dans une maison ^uveniée par de bons Frères de la Doctrine chrétieane^ et toujours par les soins et sous la surveillance de b société des jeunes gens^ instruits des devoirs de leur rdîgion avant d'être rendus à. la société, et même élevés dkms une profession quelconque^ pour leur donner les moyens de gagner leur vie. Ailleurs, ce sont les hôpitaux et tes malades visités dans tout Paris par ces mêmes jeunes gens^ qui suppléent au petit nombre d'ecclésiastiques dans tout ce que peuvent faire des laïques pour instruire, eoBsoler, ramener, sei-vir cette immense multitude dlnfirmes que cette ville immense et corrompue vomit dans les hospices, où presque tout le bas peuple va terminer sa flrisérable existence. L'œuvre des petits Savoyards vous intéressera particulièrement. Monsieur le comte, et nous ecAtinuoD» ici envers eux les soins de votre administration paternelle. On leur ferait beaucoup plus de bien si on avait ylus de ressources; mais il y a ici tant d'objets d'un intérêt majeur qui ne sont entretenus que par les aumônes des fidèles, et même on peut dire des royalistes; grands et petits séminaires, hospices pour les enfants de tous les ^esy secours pour tous les âges, etc., etc., qu'on visite aa aiilieu de toutes les pertes qu'ont éprouvées les familles les plus opulentes, et du peu de ressources qu'on trouve généralement dans celles qui se sont enrichies : l'abondance des ressources rappelle tout à fait la cruche inépuisable de la veuve de Sarepta. Si votre gouvernement. Monsieur le comte, voulait nous envoyer quelque secours, et coopérer à une bonne œuvre dont tous les fruits ne sont pas perdus pour lui lorsque ces braves enfants reviennent dans leur pays, nous les recevrions avec reconnaissance; je sais qu'une autre fois M» le marquis de Sostegno, votre ambassadeur ici, a fait parvenir quelque aecours à la société.
Nous voici. Monsieur le comte, en pleine eau : notre session a commencé, et tout annonce qu'elle sera orageuse ; le changement inévitable à faire à la loi des élections a exaspéré au dernier point tous ceux qui avaient conjpté sur son résultat nécessaire, la destruction de la monarchie et de la religion : jusqu'à présent il est difficile de prévoir de quel côté se jetteront les ministériels qui peuvent faire pencher la balance. Leur parti est réduit depuis que les uns ont pris à droite, et les autres à gauche; mais, tel qu*il est , il se trouve encore assez fort pour décider une délibération; il se jettera sans doute du côté où les ministres inclineront eux-mêmes, et les ministres paraissent divisés. C'est un chaos à n'y rien comprendre. Jamais société n'a été gouvernée ainsi, et ne s'est trouvée dans un pareil état.
J'ai lu à M. de Marcellus et à M. O'Mahony l'article de votre lettre qui les concernait. Ce jeune O'Mahony, fils d'un brave maréchal de camp destitué du commandement de Rennes, plein d esprit et d'amabilité, en a été singulièrement frappé, et a voulu prendre copie de ce qui le regardait.
J'ai mis, Monsieur le comte, trop de prix à apprendre à l'Europe que j'avais l'honneur de vous compter au nombre des personnes qui m'honoraient de leur suffrage et de leur amitié, pour avoir laissé échapper l'occasion de le dire dans un article du Conservateur, où cette révélation venait tout naturellement. Faut-il que l'Europe périsse avec tant de lumières, de connaissances, et même de vertus ? Quelques misérables sophistes sans talent, sans pudeur, la plupart diffamés, en deviendront-ils les régulateurs et les oracles? Cette idée est accablante ; c'est la fin des sociétés, si ce n'est pas la fin du monde, traites venir de Paris, je vous prie, les Missionnaires de 93, ou\Tage en 1 vol., qui se vend chez Le Normant : vous n'y apprendrez peut-être