DB H. LE TICOMTB DE BONALD. 8H
rien que vous n'ayez su, et tout vous y paraîtra nouveau.
Vous ne faites pas parler de vous. Monsieur; on ne dit rien des libéraux du Piémont. Les nôtres portent toute leur attention sur l'Angleterre et sur l'Allemagne, où ils cherchent à occuper les souverains, pour qu'à leur tour ils les laissent faire ici leurs folies. Il est temps cependant de s'y opposer. Plus tard, il ne sera plus temps; leur audace croît tous les jours, et jamais l'enfer n'a vomi plus de blasphèmes, plus de calomnies, plus d'appels à la licence et à la révolte.
Adieu, Monsieur le comte. Me voilà au combat; encouragez-moi de la voix et du geste; et si je suis forcé de quitter encore ma patrie, que je trouve sous vos auspices, dans les grottes les plus reculées de vos montagnes, un lieu où je puisse finir en paix une vie si agitée!
Ah ! que je serais heureux, si vous pouviez m'envoyer, pour le Conservateur, quelques miettes de votre table opulente! Vous pouvez croire, et je vous en donne ma foi de chrétien et de gentilhomme, que l'anonyme que votre position vous commande serait religieusement gardé, et que, hors Dieu, vous et moi, personne ne le saurait.
BONÀLD.
I«eiBre du Ticomie de Bonald a« comte de llalitre*
Je crains. Monsieur le comte, qu'une lettre que j'ai eu rhonneurde vous écrire il y a quelque temps ne vous soit pas parvenue. Je Pavais tout simplement mise à la poste, en prenant la précaution de l'affranchir jusqu'à la frontière; mais nous sommes curieux dans ce pays, et je fais
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passer celle-ci par la voie de votre an^rnssadeiir. J^ joins un exemplaire d'un nouvel ouvrage sur ma philosophie^ qui est aussi la vôtre et celle, j'espère, de tous les boM esprits : il est vrai qu'elle est encore celle du petit nombre; car aujourd'hui qu'il n'y a plus de doctrine générale, au moins de fait, et que cependant chacun veut prendre sa part du progrès des lumières, il n'y a que des doctrines individuelles, et c'est à qui aura la plus folle. Mon ouvTage a obtenu ici des suffrages recommandables, et c'est ce qui me donne plus de confiance pour vous l'envoyer. Les journaux n'en ont pas encore parlé; il y a peu de jours qu'il est en circulation, et les journalistes veulent prendre du temps. Mon premier dessein avait été seulement de réfuter Cabanis. A mesure que j'avançais, TétofTe s'étendait, et je cherchais alors à lui ôter un caractère trop polémique envers un seul livre, et à lui donner celui d'une réfutation plus générale : vous verrez si j'ai réussi. On l'a trouvé parfaitement clair; cette quaUté est presque de trop pour un lecteur tel que vous, qui devine môme ce que l'auteur aurait dû mettre dans son ouwage, et à plus forte raison ce qu'il y a mis ou voulu y mettre. Mais, enfin , vous l'aurez lu phis tôt, et vous pourrez me fiiire l'amitié de m'en parler plus tôt aussi, et de m'en parler avec une entière sincérité, et comme d'un ()u^Tage qui me serait tout à fait étranger, et que j'aurais lu comme vous.
Je joins à cet envoi celui de mes opinions pendant cette triste session ; elle est à la veille de finir. Nous y aurons parlé littérature dans la liberté de la presse, et militaire par la loi du recrutement. Nous espérions, après ou avant de parler finances, faire de la théologie dans la question du Concordat ; mais vous savez qu'après qu'il nous a été envoyé, et après un mois de discussions dans la commission , tout étant à peu près arrangé , les ministres n'en ont j)his voulu, au moins tel qu'il avait été réglé avec le