DE H. LE VICOMTE DE BONALD
tre mieux. Cette session sera longue, si elle n'est pas abrégée par une nouvelle dissolution. Je cède, en venant ici, au devoir le plus impérieux- On m'a retiré, par des lois on des ordonnances, la plus grande partie de ce qu'on m'avait donné, c^ qui fait à peu près tous mes moyens d'existence, et mon séjour ici est très-onéreux à ma famille : encore s'il était utile à l'État !
Recevez, Monsieur le comte, l'expression bien sincère Je mes vœux, de mon attachement, et de mon respect. Le vicomte db Bdnàld.
Lettre 4« Ttoosto ém BomsM «« Maite ém MalstM.
Paris, âo mars 1819.
Hier 29 mars. Monsieur le comte, j'ai reçu le matin votre lettre du 10 juillet de l'année dernière 1818, et le soir la dernière que vous m'avez fait Thonneur de m'écrire en date du 22 présent mois. La première m'a été remise par M. Rusand, libraire de Lyon, que le hasard nie fit rencontrer, et qui, l'ayant depuis longtemps envoyée ici à sa maison de librairie, de Tordre sans doute de M. Frèrejean à qui vous l'avez confiée, n'étant pas venu lui-même à Paris, n'avait pu éveiller la négligence de ses commis, (\u\ avaient laissé cette lettre dormir au fond d'un portefeuille, où ils n'auraient sûrement pas laissé si tranquille une traite sur moi, s'ils en avaient eu une. La seconde lettre m'est parvenue par la voie ordinaire, et je n'y ai trouvé d'extraordinaire que la singulière rencontre du môme jour. C'étaient deux amis qui m'arrivaient, Tun de la Chine, l'autre du Piémont, et qui m'arrivaient au même instant; car ici l'éloignement des temps compense la distance des lieux,
et depuis le 40 juillet on aurait fait la moitié du tour du globe.
Enfin je les tiens, et je suis convaincu que vous avez reçu les petits présents de Tamitié que j'avais en vérité cru, ainsi que ma lettre, oubliés pour toujours au fond de quelque magasin de douanes. J'aurai bientôt quelque '^hose à y joindre, car je veux être tout entier dans votre cabinet de livres, et qu'à ce moi, si je peux ainsi parler, il ne manque que moi-même. J'ai donné des Mélanges y c'est-à-dire des dissertations insérées presque toutes dans des journaux du temps, et d'un temps où il y avait et plus de liberté pour les auteurs et plus de respect pour la vérité, et même plus de surveillance sur les mauvaises doctrines qu'aujourd'hui; des dissertations sur différents points de politique, de morale, de littérature, toujours appliquées à ma manière, qui heureusement est la vôtre, de considérer la religion dans la politique et la politique dans la religion. On en avait été content dans ce temps, et la publication ne leur a rien fait perdre de l'estime qu'on leur avait accordée. J'aurai l'honneur de vous les faire passer. Je loge sous le même toit qu'un excellent Savoyard employé ici, le faciotujn de votre comtesse de Viry; et c'est lui qui a bien voulu vous faire l'envoi de mon opuscule sur ou contre la fameuse baronne. Je vous avais fait passer les Réflexions par la voie de votre ambassade. De tout ce (jue vous voulez bien me dire à propos de ce dernier ouvrage, ce qui m'a le plus flatté est la conformité que vous avez remarquée entre mes opinions et les vôtres, et cet unisson de pensées et de sentiments qui me donne à moi-même la plus sûre garantie de la vérité (le mes opinions, garantie dont tout auteur a besoin, et moi plus qu'un autre.
Pour ne pas oublier de vous parler de l'ouvrage de Leibnitz,cc qui déjà m'est arrivé en vous écrivant, je place