‹ Lettres et opuscules inédits (volume 2)Chapitre 28 sur 100 · DE H. LE TICOMTE DE BONALD · texte numérisé non relu

DE H. LE TICOMTE DE BONALD

que poov les rois, et je n'ai reçu de marques d'estime que éa peuple^ qui a toujours voulu me députer pour défendre ses intérêts. D'autres n'écrivent fM pour les peuf^^ et en sont amplement récompensés par tesiois. Heureusementy je puise mes consolations à une autre source^ et à la même où je puise mes devoirs.

Je m'mse un peu tard que si vous ne pouvez écrire que des billets, vous ne pourrez lire que des mémoires : cette lettre en a la longueur, et elle vous prendra le temps de Hre pltfêieurs suppliques. Vous la pardonnerez au besoin que j^^ais de vous écrire. C'est un entretien avec un ami (permettezHOQoi ce mot si doux. Monsieur le comte), avec on ami absent depuis longtemps, et qu'on retrouve enfin, et, j'espère, pour ne plus le perdre.

Agréez, Monsieur le comte, Fassurance la plus vraie de tout rattachement et le respect que vous inspirez, et avec Issqaeis je sois votre très-humbie et très-obéissant serviteur^

Le vicomte de Bonald,

me Pslatlne, n^ 6.

C'est un peu tard vous parler de l'horrible affaire Fualdès; mais votre lettre du iO juillet et l'affaire Kotzebue me la rappellent. Je refusai d'être du jury. Je n^aime pas le jury, dont je n'ai jamais fait partie; et je ne voulais pas commencer par cette affaire horrible mon apprentissage. Je n'ai jamais cru que la cupidité fût la cause de cet assassinat. Fualdès était ruiné, et même sa fortune n'aurait pu tenter la cupidité de tant de gens, même avant qu'il l'eût perdue. La cupidité tue et ne torture pas, et il y a eu des détails dans cette affaire, un luxe d'atrocité, d'audace et d'impudence inexplicable. J'y ai toujours vu de la francmaçonnerie : ils l'étaient tous, et lui plus qu'un autre. Les francs-maçons, dans ce moment, veulent acheter la mai-

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son Bancal^ la raser, et élever un monument à Fualdès sur le sol : ce qui n'empêche pas ma conjecture. Tous, du reste, étaient républicains, patriotes, fédérés, et tout ce que vous voudrez, et Fualdès plus que tous. Mais ce n'est qu'entre complices qu'on se punit, et cet assassinat avait l'air d'une sentence. Avec cela un secret impénétrable a resté sur le fond, s'il y en a un, et les coupables ont emporté leur secret avec eux, et sont morts en renégats. La seconde affaire est aussi inexplicable que la première. Un alibi a été attesté par des hommes très-dignes de foi, et je les connais ; les assertions de madame Manson n'étaient pas moins positives. En général, on les croit coupables. Cette madame Manson était un mince sujet, comme vous voyez, que personne ne voyait. Je connais son père, à qui j'ai vendu une terre, et ne la connais pas, elle. 11 n'y a pas dans tout cela une personne estimable. La bonne société ne les voyait pas, quoiqu'ils appartinssent tous à la bonne bourgeoisie. Je vous remercie de votre intérêt pour mes enfants. Le plus jeune, ecclésiastique, est ici, attendant, en travaillant beaucoup, que son évêque l'appelle ; et son évêque de Chartres attend lui-même son église, qui attend elle-même le Concordat. Depuis votre lettre. Monsieur le comte, du 10 juillet, vous avez eu le malheur de perdre monsieur votre frère, évêque d'Aoste : c'était un homme d'un vrai mérite, et digne du nom qu'il portait. Mon Dieu, que de pertes nous faisons dans ce genre, et combien il y en a d'irréparables !

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