‹ Lettres et opuscules inédits (volume 2)Chapitre 36 sur 100 · DE H. ALPHONSE DE LAMARTINE · texte numérisé non relu

DE H. ALPHONSE DE LAMARTINE

contraire, il est partout, et partout jugé avec toute l'admiration et rétonnement qu'il mérite : c'est assez vous dire que de vous assurer que vous êtes à votre place à la tête de nos premiers écrivains. Si un neveu avait le droit de représentation, je vous donnerais un conseil , d'après l'opinion que j'ai entendu exprimer universellement : ce serait de publier sur-le-champ votre grand ouvrage en portefeuille, et, aussitôt après, une édition complète de vos œuvres : je ne doute nullement que cela ne mît le sceau à votre solide gloire. En attendant, je suis chargé, par des iiommes dignes d'être entendus de vous, de vous faire une requête respectueuse en leur nom et au mien. Voici ce dont il s'agit: Le Conservateur finit; un journal dans le même sens, mais dépouillé des rêveries constitutionnelles le plus possible, lui succède ; il se nonune le Défenseur; il est rédigé par MM. de Bonald, labbé de Lamennais, Saint- Victor, Genoude, plusieurs autres hommes distingués et quelques autres inconnus, au nombre desquels ils ont bien voulu m^admettre; ces Messieurs, tous de votre école et selon votre cœur, osent vous prier de détacher, de temps en temps, de votre portefeuille quelques pages de politique ou de métaphysique, dont ils honoreront leur journal, avec ou sans nom, selon vos convenances et vos ordres. J'ai déjà chargé Louis, avec qui je partage mon action, de vous adi^esser cette prière au nom de tout ce que la France possède d'hommes dignes de vous; je l'ai chargé en même temps de vous faire passer, de ma part, un petit volume intitulé Méditations poétiques y comme un faible honunage de mon admiration et de tous mes sentiments pour vous. Ces sentiments mêmes vous demandent quelque indulgence pour ma pauvre poésie.

Je vous demande pardon. Monsieur, de prolonger si longtemps cette conversation avec vous; mais on n'écrit p*.s souvent à M. de Maislre. J'espère être incessamment

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plus heureux encore, et avoir rhonneur de vous voir à Turin, où je vais passer bientôt en allant à Naples. Daignez me rappeler. Monsieur, à mes cousines, à qui vous me donnez le droit de donner ce nom, et agréez Thonmiage invariable de mon profond respect et de ma haute admiration, avec lesquels j'ai l'honneur d'être, monsieur le comte,

Votre très-humble et obéissant serviteur,

Alphonse de Lamartine.

liCttre de M. Pabbé F. de liamennais à M. le comte de llaUtre.

SaiDt-Malo, le 5 février 1820.

Monsieur le comte.

J'apprends que vous avez eu Textrême bonté de me destiner un exemplaire de votre deniier ouvrage. M. de Lamartine veut bien prendre le soin de me le faire par\^enir dans ma solitude, où je l'attends avec Fimpatience que doit avoir de connaître une nouvelle production de votre génie tout homme qui s'intéresse h la religion et à la société. Ea défendant l'autorité du saint-siége, vous défendez celle de l'Église, et Tautonté même des souverains, et toute vérité, et tout ordre. Vous devez donc compter sur de nombreuses contradictions ; mais il est beau de les supporter pour une telle cause. L'opposition des méchants console le cœur de Ihomme de bien. Il se sent plus séparé d'eux, et dès lors plus près de celui à qui le jugement appartient, et à qui restera la victoire.

Daignez agréer Thommage de mon admiration, amsi

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