‹ Lettres et opuscules inédits (volume 2)Chapitre 4 sur 100 · A mmdeiiiolselle Constance de Maiitre · texte numérisé non relu

A mmdeiiiolselle Constance de Maiitre

TariD, 21 février 1820.

Mon très-cher enfant^ je n*ai qu'à signer tout ce que tu me dis dans ton inestimable lettre du 19. II n'y a rien de plus vrai, rien de plus éloquent; j^en ai été enchanté, je

• I) Fromage de Faocigny.

^0 LFTTRB 1820

t^assure. Mais sais-tu ce que c'est que ce crime affreux? je viens de récrire à ton oncle : c'est l* épouvantable ass^irame de la resiaitrotion française. Tout ce que tu dis sur le roi est vrai ; cependant il y a encore dans le fond de ce cœur je ne sais quels atomes qui viennent de saint Louis Il a dit à quelqu^un, en confidence : a Vous êtes surpris des « concessions que je fais aux libéraux; il y en a quatre a qu^ils n'obtiendront jamais de moi : les frères de la Doc- « trine chrétienne , les jésuites et les Suisses,» (J'oublie Fautre.) Au reste, tout me porte à croire que les affaires de la France se lient à des événements généraux et immenses qui se préparent^ et dont les éléments sont visibles à qui regarde bien ; mais ce majestueux abîme fait tourner la tête : j'aime mieux regarder ma poupée, qui me fait du bien au cœur et point de mal à la tête. Viens donc, ma chère enfant, viens te réunir à moi; nous reprendrons notre ménage comme nous pourrons. Je t'ai dit une dos grandes raisons qui s'opposent à mon voyage en Savoie : si je ne puis les surmonter, je te verrai quatre jours plus tard.

Le grand crime du 43 éclipse le Pape, déjà repoussé dans l'ombre par le gouvernement. ïii as du observer que tous les journaux se sont tus, même ceux qui avaient promis de parler; j'entends bien qu'en mettant la main sur l'issue d'une fontaine, on ne réussit quà la faire jaillir plus loin un instant après; mais, en attendant, elle cesse de couler. Rusand m'écrit par ce courrier qu'après un mouvement assezvif, l'écoulement s'est toiit de suite arrêté, et que la vente va très-lentement. Qui pourrait penser à mon livre après ce qui s'est passé? Dans vingt ans peut-être il en sera question. Au reste, je pense connue toi sur mon caractère, et je passe volontiers condanniation sur le roté faible. Dieu le fit povr penser, et non pas pour vouloir, ,1e

A MADEMOISELLE C0NST4KCE DE MA1STRE. il

M sais pas agir^ je passe mon temps à contempler. Ipse fecit nos, et non ipsi nos.

Adkay ma chère Constance^ ma poupée^ mafoUentine, (tutsiqMid at dulcius.

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