CINQ PARADOXES
LETHUB A rAUTBUB.
Turin, 10 mat 179(.
.... La Providenca, Monsieur le eomte, a pris soin de rétréohr BOB demeures, assez pour qu'une mère de famille puisse, sans sortir de sa chambre, savoir ce qui se passe dans toutes les pièces de son appartement. Je dois à cet heureux arrangement d'avoir la tète cassée depuis huit jours par les Paradoxes de Cicéron, que mon fils explique comme il peut. A la fin, la fantaisie m*a pris de sir voir de quoi il s*agit, et je me suis recommandée à M. l'abbé Mattin , qui doit être assez las de mon fils pour essayer avec plaisir un autre enseignement : il m'a donc expliqué la chose en gros; et, franchement, je trouve tout cela asses plat. Bon Dieu ! à quoi ces graves philosophes s'amusaient-ils ? Mais il faut vous dire que ce mot de paradoxes m'a rappelé une de nos charmantes soirées helvétiennes, où vous traitâtes si longuement de VutUïté des paradoxes. Tous savez si vous fûtes soutenu ! Et, véritablement, il faut vous rendre justice, l'approbation générale vous donna tant d'émulation, que, pendant huit jours au moins, vous nous dites des choses de l'autre monde. Mais pourquoi, je vous prie, ne me griffonneriezvous pas quelques paradoxes pour m'amuser? Six au moins, par charité, autant que nous en a laissé Cioéron. Aussi bien, il me semble que vous êtes là, en Suisse, les mains dans vos poches, comme un véritable s/acendato, et que c'est vous rendre service que de vous tirer de votre apathie. Si bien donc, Monsieur le comte, que vous me ferez des paradoxes.