SUR LÀ CHRONOLOGIE BIBLIQUE
peui-^tre pour avoir Vair de s'approprier ee qui n'est pas à eux, en exagérant ce quHls n'ont pas imaginé ; toujours sujets à la prétention d^enseigner aujourd'hui ce quHls savent d'hier, et de régenter ceux qui le leur ont appris. (La Harpe, Lycée, t. XIV, p. 448; t. XVII, p. 206, in-8*.)
Voulez-vous savoir la vérité sur ce point? La voici, sans poésie et sans rhétorique :
« Une colonie de brâhmes, originairement émigrés de la « grande école des mages chaldéens à Babylone, s'établit « près de la grande chaîne du Caucase , portant avec elle « les lettres et les arts jusqu'à la mer Caspienne et au « Pont-Euxin. Là elle se mêla dans la suite avec une autre « colonie savante d'Égyptiens qu'on a prouvés s'être éta- « blie à Colchis. De là le feu sacré se propagea au nord et a au midi dans l'Iran ou la Perse, la Bactriane, la Médie, « la Sogdiane, le Thibet et le Cathay. Si l'on veut appeler a ces hommes Scythes, ce seront au moins des Indo-Scythes a bien différents de ces sauvages hyperboréens qui habia taient les déserts affreux de la Sibérie, sous la latitude a de Selinginskoï, vers le 60* parallèle, et que MM. d'An- « carville et Bailly nous ont donnés pour les instituteurs «t du genre humain. Leur système, depuis que ces faits « sont connus, a peu de fauteurs... Le chevalier Jones s'est a parfaitement convaincu que l'observation des astres « naquit, avec les premiers éléments de la civilisation, a jarmi ces hommes que nous nommons Chaldéens, d'où a elle passa en Egypte, dans l'Inde, dans la Grèce, dans «l'Italie et dans la Scandinavie. » (Jones's, Asiatic Re-
earch,, t. II, p. 301 ; cité par le docteur Maurice, History
findostan, in-4% t. II, p. 214 sqq.)
Et Meiner, dans son Histoire du progrès des scicncesy etc., 1. 1, p. 367, a mis en thèse rondement : Dass Kchic von den Nationen Asiens oder Afrikens wissensçhaflliche kentnisse besitzen habe.
250 A M. LE COMTE lEAH POTOCKI^.
D y a certainement de Texagération dans cette proposition; mais toujours faut-il entendre les rais(Mis de Meiner; et parce qu'il aura un peu exagéré, H ne s*ensuit pas qui! faille croire aux Atlantes instituteurs du genre humain. J'ai vu le système de Bailly méprisé à Rome autant qu'à Londres.
Rousseau a dit que la manie des philosophes a toujours été de nier ce qui est y et d^ expliquer ce qui n'est pas; il a raison, et personne ne Ta mieux prouvé que lui. La dispersion des peuples, précédée de la division des langues, sont deux grands phénomènes, deux événements immenses (ici l'expression est très-juste) encore présents à tous les yeux, et qui, très- incontestablement, n'ont pu avoir Heu sans une intervention directe et extraordinaire de la puissance divine. Ces deux grands faits fournissent le sujet des plus belles et des plus utiles spéculations philosophiques : on les nie, parce qu'ils sont vrais et parce qu'ils sont divins; et à la place, on rêve les Atlantes, car tout est bon, excepté le vrai.
De ces grandes considérations morales, je passe à d'autres qui se rapportent à votre système pris dans sa généralité, car les détails ne sont pas de ma compétence.
A la tête de votre chronologie des deux premiers livres de Manéthon, vous dites que vos recherches vous ont conduit à une chronologie peu différente de celle de Lenglet- Dvfresnoy ; et vous vous félicitez de n*avoir point à fatiguer le monde par de nouvelles incertitudes et par l'expo^ siiion d'un nouveau système. (Avertissement.)
Dans le nouvel ouvrage, vous croyez pouvoir assurer que nous sommes en p issession de tout le systètne chronolo» gique de Manéthon, p. 24.
Mais à la page 26, vous annoncez une méthode nouvelle sur qui (sur laquelle) vous avez fondé l'espoir d'élever la chronologie au rang des sciences exactes. Ces textes rap*