‹ Lettres et opuscules inédits (volume 2)Chapitre 90 sur 100 · A M. LB MARQUIS DE · texte numérisé non relu

A M. LB MARQUIS DE

qui n'a pu appartenir qu'au temps et au lieu où îl a véca : c'est l'archevêque de Mohiloff, primat catholique de toutes les Russies, qui était protestant et officier de cavalerie avant d*étre évêque ; instrument entre les mains de nos ennemis mille fois plus dangereux qu'un protestant de profession, d'une servilité d'ailleurs faite pour dégoûter un noble pouvoir à qui l'obéissance suffit, et qui est toujours prêt à contredire et même à braver le saînt-siége, parce qu'il est toujours sûr d'être soutenu.

C'est lui qui dit un jour à la cour, en montrant l'empereur qui passait : Voilà mon pape y à moi! Les témoins de cette admirable profession de foi existent encore à Saint- Pétersbourg. Cet étrange évêque s'avisa un jour de falsifier, dans une de ses lettres pastorales, un texte du concile de Trente, et un autre texte tiré d'une lettre de Pie TI. Pour cette double faute (on veut bien se contenter de ce mot), le pape aujourd'hui régnant, le plus doux, le plus raisonnable, le plus modéré des hommes, ne put cependant se dispenser de lui adresser un bref, où il le blâmait assez sévèrement et lui ordonnait de se rétracter. Mais l'évêque de MohilofT, qui se sentait soutenu, se moqua du bref et ne se rétracta nullement.

Pour comblejde perfection, ce prélat est devenu membre de la Société biblique. Il arriva même, à cet égard, un événement extrêmement comique (autant, du moins, que ces choses peuvent être comiques) : c'est que, le jour du corps de Dieu 1817, Tarchevêque se faisant attendre pour la célébration de l'office solennel du matin, l'église étant pleine, et personne ne sachant à quoi attribuer un retard aussi extraordinaire, car il était plus de midi et demi, il se trouva que le prélat assistait à une séance de la Société biblique.

Un évêque catholique, membre de la Société biblique, est quelque chose de si monstrueux, qu'il est impossible

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