SUR L'ÉTAT DU CHRISTIANISME BU EUROPE
de l'exprimer. Le pape adressa daac au singulier prélat un autre bref^ dont il ne tint pas plus de compte que du précédent^ et il fut encore soutenu dans sa rébellioa.
Voilà donc un évéque catholique soutenu contre le souverain pontife : c'est comme si Ton déclarait des officiers libres de toute subordination envers leur génénd; c'est l'anéantissement radical de l'Église.
Les ministres russes, au reste, ont trouvé un moyen commode d'échapper au reproche d'intolérance. Ils soutiennent que ces brefs n'existent pas^ quoiqu^b âoient connus de toute l'Europe.
Telle est^ en raccourci y la tolérance russe à l'égard de la religion catholique; et il en résulte à Pévidence que si quelque prince^ pour éteindre la religion catholique dans ses États sans répandre le sang^ demandait à l'homme à la fois le plus habile et le plus envenimé le plan d'une persécution mortelle, mais sourde et indirecte, il serut impossible, de lui indiquer, dans ce genre, rien de plus parfait que le plan invariablement suivi dans le pays de la tolérance.
On ne saurait trop l'observer, il y a dans l'allure indépendante du catholicisme quelque chose qui choque le maître. Tout ce qui ne plie pas lui déplaît, et il a raison chez lui et temporellement ; car il n'y a pas le moindre doute que si Ion pouvait dire en Russie, non pas seulement non, mais seulement si, à l'empereur, il ne pourrait plus gouverner, et Fempire finirait; mais on peut même obser\ er en passant qu'il y a dans ce gouvernement, qui nous fait pâlir, un très-grand nombre de compensations igporées des étrangers, et qui le réconcilient avec l'homme. Mais il ne s'ensuit pas du tout que le même principe puisse être transporté dans la religion, qui se règle par d'autres lois. Lorsque ce puissant prince aura découvert que la vérité n'a 'point d'empereur, il aura fait un pas immense