‹ Lettres et opuscules inédits (volume 2)Chapitre 94 sur 100 · OBSERVATIONS CRITIQUES SUR UNE EDITION · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS CRITIQUES SUR UNE EDITION

c ves ; à juger d'une vie entière sur tel moment; à mettre ff sur le compte du caractère des traits qui ne sortent que « de l'imagination. Une personne vive et spirituelle ne 0 peint souvent dans ce qu'elle écrit que son impresaon a passagère^ tandis que le caractère se compose des habî- <r tudes de Tâme (1). »

Il serait trop long de rechercher dans ce livre toutes les preuves d'irréligion que M. Grouvelle s'est plu d*y accumuler. Il ne fait pas attention que le siècle a> changé^ et que les hommes médiocres qui répètent de nos jours les lazzis impies des coryphées de l'impiété dans le siècle dernier^ ressemblent au Paillasse de la foire, qui contrefait gauchement les tours de son maitre.

Mais M. Grouvelle ne s'aperçoit point de ce ridicule; pour faire d'abord sa profession de foi^ il conmience par louer beaucoup Voltaire et Rousseau : il nous dit que Voltaire a montré sur la mort de Madame Henriette d* Angleterre^ comme en tant d'autres choses (ceci est fin !)^ « sa a profonde instruction et son jugement supérieur. » (T. I> p. 84.)

Nous ne sommes point étonné que Voltaire paraisse à M. Grouvelle profondément instruit; mais les hommes qui le sont réellement savent à quoi s'en tenir, et l'éditeur ne l'est pas tout à fait assez pour contredire ce jugemenL

Quant à Rousseau, M. Grouvelle traduit Gicéron peur louer ce fou détestable. Il l'appelle le plus orateur des philosophes et le plus philosophe des orateurs (2).

Nous nous contenterons d'indiquer une note sur la procession d'Aix, qu'il serait trop pénible de transcrire. La procession, qui tenait à la simplicité antique, était sans

(1) Notice sur madame de Sévigné, t. !•', p. LXiii.

(2) Jurisperitnrum eloqueniissimus oratot'umqne jitrûperitisstmus. Mais Cicéron parlait de nilustre Seévola, et il ne fallait pas calquer ceU» phrase à la vitre pour louer un homme tel que Rousseau.

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doute devenue une inconvenance; mais la note est éminemment criminelle.

Un symptôme marquant de la peste irréligieuse, c'est la rage contre les conversions. Malheur à Thonmie sensé qu'un remords salutaire ramène aux véritables principes! C'est un crime impardonnable aux yeux du parti.

Ne Tavons-nous pas vu dernièrement contester la bonne foi de M. de la Harpe, quoique l'existence du soleil ne soit pas mieux démontrée? M. Grouvelle, fidèle à cette grande maxime de la secte, poursuit dans ses notes les nombreuses conversions indiquées dans les Lettres de madame de Sévigné, et ne fait grâce à aucune. Ainsi, mademoiselle Hamilton sut très à propos se convertir, lorsque la grande dévotion devint une mode et un bon calcul (T. I, p. 298, note). Si madame de Sévigné dit en se jouant que l'attrait de la duchesse d'Aumont, qui avait donné dans la grande dévotion, la portait à ensevelir les morts, M. Grouvelle nous avertit dans une note que, sHlfaut en croire Bussy, elle rendait d'autres services aux vivants (1 ).

Lorsque le cardinal de Retz quitta sa retraite de Commercy pour celle de Baint-Denis, on se hâta, suivant le penchant de la nature hmnaine, de tourner cette détermination en ridicule, et d'y voir le dessein de se rapprocher des dissipations du monde. Bussy, informé de ces bruits publics, écrivait à je ne sais qui : « On me mande que le car- « dinal de Retz achève de faire pénitence chez madame « de Bracciano, etc. » Mais sa cousine lui écrivait le 27 juin 1678 (t. IV, p. 562) : a Le cardinal passe sa vie à

(I) n y a, dans notre manière de Toir, très-peu de lâchetés comparables à celle de reprocher d'anciennes erre^ars à celui qui les reconnaît, qui s'en afflige, et qui a totalement changé de vie. Mais rexpression soldatesque de M. Grouvelle est particulièrement coupable en ce qu'elle affecte de confondre les temps, pour faire croire que la duchesse se livrait tout à la fois aa libertinage et aux œuvres de piété.

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« Saint-Denis, très-conforméraent à la retraite qu'il s-est a imposée... Il a vu très-peu de monde (à Paris), et il est, a il y a plus de deux mois, à Saint-Denis... Vous savez K qu'il s'est acquitté de onze cent mille écus : il n^a reçu t cet exemple de personne, et personne ne le suivra. En- K fin, il faut se fier à lui de soutenir sa gageure. Il est bien t plus régulier qu'en Lorraine, et il est toujours très-digne f d'être honoré. »

Sur cela, M. Grouvelle nous dit finement : Madame de Sct'lgné, amie du cardinal, ne dit pas fout; et il nous cite ce fragment de Bussy, dont il se garde bien de donner la date. Mais à qui faut-il croire, de Bussy qui rapporte un jugement précipité de la malice humaine, ou de Bussy répondant à sa cousine : « Je suis bien aise que vous « m'ayez éclairci de la conduite du cardinal de Retz, qui, a de loin, me paraissait changée; car j'aime à l'estimer, « et cela me fait croire qu*il soutiendra jusqu au bout la « beauté do sa retraite. » (IbicI,, p. 363.) Depuis quand peut- on citer des on dit et des on me mande, contre des faits notoires qui se sont passés à la face de toute la "rance? Le héros du bréviaire (1) a-t-il en effet achevé sa oénilc7icc auprès de la duchesse de Bracciano? M. Grouvelle, qui le dit, doit le prouver. A-t-il au contraire soutenu sa gageure jusqu à la fiu^ toujours très-régulier et très-digne d'être honoré? M. Grouvelle a menti, c'est le mot; et tous les on dit possibles ne changent rien à la chose.

On peut bien penser que la célèbre duchesse de la Vallière , d'aimable et pieuse mémoire , n'échappe point à l'œil jaune de M. Grouvelle. Tant de grâces, tant de bouté, tant de vertu naturelle, et enfin tant de véritable piété.

(1) On sait que madame de Sévi»né appelait Turenne le héros de la guiTir^ et le cardinal de Relz le héros du bréviaire. (T. Ul, p. 137.)

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« gueil^ les chagrins^ les malheurs^ les grandeors^ todt a sert, tout est mis en œuvre par ce grand ouvrier etc. (1 ) . »

Nous terminerons les citatiois de ce genre 7>arime note où se montrent tout à la fois l'esprit corrompu et Vesprit de travers qui ont présidé à cette malheureuse édition. Madame de ^évigné dit à sa fille :

et Mais écoutez un miracle : la maréchale de la Ferté a est tellement convertie, qu'on ne saurait Tôtre pins sin- « cèrement... Ninon en est étonnée, ébranlée; le Sainfc-Es- « prit souffle où il veut, etc. (2). »

^L'éditeur, en rappelant la mauvaise conduite tenue jadis par cette môme femme, nous dît dans une note : « Il faut a avouer que madame de Sévigné n'était pas juste de met- « tre à côté d'une telle femme, digne sœur de la fameuse « comtesse d'Olonne , Ninon, qui, non-seulement n'avait «jamais trompé ni déshonoré un mari, mais qui même a resta toujours fidèle à l'amant qu'elle aimait , etc. »

Où donc M. Grouvelle a-t-il pris que madame de Sévigné ait mis la maréchale de la Ferté à côté de Ninon? Si elle les avait comparées dans des temps où elles marchaient Tune et l'autre dans la môme route, on aurait peut-être blâmé le parallèle suivant, la manière dont il aurait été exprimé Mais ici où est la comparaison? Madame de Sévigné cita la conversion sincère d'une femme coupable: elle dît: Cest un miracle. Elle ajoute : ISinon (dont la vie était certainement aussi infiniment coupable) en est étonnée, ébranlée. Qu'y a-t-il de plus simple et de plus raisonnable ? Il faut que la plume lourde et indécente de M. Grouvelle nous rappelle la comtesse d'Olonne, et nous fasse entendre qu'il met fort au-dessus d'une femme entièrement revenue de ses erreurs une courtisane incorrigible. Nous ne croi-

Ci) T. vil, p. 486.

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rions pas quil fût possible d'être à la fois phis injaste, plus indécent et plus absurde, si nous ne lisions ce qu'il s'est permis d'écrire sur Timmortel Bossuet.

Parmi les grands hommes du grand siècle^ il n'en est pas que le siècle suivant ait plus tâché de déprécier. Vrii enim fulgore sut (1). On n'ose pas tout à fait dire qu'il ne savait pas le français, ou qu'il fût un mauvais évêque ; mais on s'en coiisole par des insinuations malignes qui tendent à blesser ce grand caractère. Les philosophes du dix-huitième siècle se sont évertués sur ce chapitre. M. Grouvelle vient après eux , ne pouvant leur ressembler que par la méchanceté.

Écoutoifê d'abord M. Grouvelle sur le livre de V Exposition de la Foi : a Dès les premiers temps, dit-il, de la a révolution opérée par Luther, on conçut le plan de ramea ner les protestants au catholicisme en dressant de cer- « taines formules où les points de dissidence étaient palet liés par des explications adroites, ou éludés dans des a énoncés généraux. » (Tom. II, p. 24, note.)

M. Grouvelle ignore tout, et surtout l'histoire. Nous lui donnons le défi solennel de produire une seule de ces formules palliatives. Le caractère constant, indélébile de l'Église catholique est une inflexibilité qui a résisté constamment à tous les efforts et à toutes les séductions possibles. Dès qu'on jette des doutes sur quelque point de sa croyance, elle invente un nouveau mot qui termine la question, et n'en revient plus. Ainsi, dans le quatrième siècle, elle prononça le mot de consubstantieL Ainsi, dans le seizième, elle prononça celui de transsubstantiation , et ces mots subsisteront jusqu'à la fin du monde.

(1) Boileau a partagé cet boDneur : les philosophes du dix-huilième siècle avaient toute sorte de raisons de détester particulièrement Tapôlre de la foi et Fa poire chi goût.

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a Bossuet, dit M. Grouvelle, était sorti des principes « (de l'Église catholique), mais il le savait bien, et, en boD « négociateur, il s'était arrangé pour être désavoué. • (Ibid.)

Bossuet négociuteur! Bossuet è' arrangeant pour éire désavoué! Mais par qui donc a-t-il été désavoué ? Le livre de V Exposition n'a jamais excité une seule réclamatioD dans TÉglise : elle Ta traduit dans toutes ses langues (elle qui les parle toutes), et jamais elle n'a cessé de le montrer aux protestants comme une formule de f<H sur tous les points contestés.

Mais qu'attendre , ou plutôt que n'attendre pas d'un homme qui s'oublie au point de critiquer un livre fameux, nous ne disons pas sans l'avoir /u, mais sans l'avoir re. gardé?

c( Les protestants n'y virent (dans ce livre) qu'un artia fiée. Leurs soupçons furent fondés, lorsque, loin d apc< prouver cette exposition, les docteurs de Louvain et de et Paris la condamnèrent, et que le pape lui refusa son apa probation. » (Ibid.)

Or, il se trouve qu'une partie notable de ce livre est occupée par ces approbations données par tous les évoques, par tous les docteurs possibles, et couronnées enfin par celle du pape, donnée dans la forme la plus solennelle. Non, une telle enVonterie passe l'imagination.

Le livre des Variations est jugé avec la même bonne foi et la mt*me science. «Les variations d'Églises, dit M. Grou- « velle, dont les docteurs n'ont point la prétention d'être a infaillibles, et qui ont posé pour principe la liberté d'exaa miner et celle d'interpréter, prouvent peu contre ces « mêmes Églises. » (Tom. Vil, p. 436.)

Ces variations, au contraire, prouvent tout contre ceux qui veulent prouver que tout se prouve par l'Écriture. Mais nous ne voulons point disserter; revenons à Bossuet.

4i8 OBSEBYATIONS CBITIQUES SU A VftE BDITTOff

Condom), ne pouvant, disait-il, garder une épcme avec laquelle il ne vivait pas. Cette modération n'a pas le bonheur d'obtenir l'approbation de M. Grouvelle; il pense que Bossuet^ prévoyant qu'il aurait un jour un autre é?èché^ ne faisait pas un grand sacrifice. «Dix ans après, a dit-il^ Bossuet obtint Tévéché de Meaux. » (T. I^ p. 308, lettre ii9«.)

Jusque-là, c'est pure bêtise. En i670, le Dauphin avait sept à huit ans; à quatorze ans il était majeur^ à dix-huit réducation était finie. Dix ans de la vie de Bossuet sont un assez beau présent fait à un prince.

Mais ce que M. Grouvelle ajoute passe Hmagination : a On pourrait dire de cette modération, dit-il, ce qu'on a a dit dans une autre circonstance :

a Quand Jésus-Christ mourut le vendredi, il savait bien a qu'il ressusciterait le dimanche. »

Cette platitude sacrilège est digne d'un athée sans goût, ou d'un laquais sans religion. Les Français qui n'en font pas justice sont bien corrompus ou bien patients.

La rage de cet homme contre la religion et la sainteté est telle, qu'il en est absolument aveuglé; il perd quelquefois la tète, et se réfute lui-même sans s'en apercevoir. Sainte Françoise de Chantai étant aïeule de madame de Sévigné, M. Grouvelle a saisi cette heureuse occasion de dénigrer madame de Chantai, dans la très-mauvaise notice sur madame de Sévigné qu'il a mise à la tête de sa nouvelle édition (p. xliv). Il serait difficile d'accumuler en seize lignes plus de déraison et d'ignorance; mais il faudrait faire un livre sur chaque ligne, si nous voulions tout relever. Il nous suffira d'indiquer une bévue trop originale pour être passée sous silence. «La bienheureuse (1) Chana tal, nous dit-il, en avait sans doute assez du rôle de mère

(I) Pourquoi bienheureuse? Elle eaitainte, H faut être exact sortes titrei.

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c de llËglise et de quelques centaines de visitandines; car c elle se dispensa complétan^t des devoirs d'aïeule. On a ne v<Ht pas qu'elle ait pris aucun souci de Porpheline^ a enfont de son fils. »

Nous prendrons la liberté d'observer à l'illustre éditeur que madame de Chantai aywai fondé son ordre et fait ses vœux en 1610^ comme il le dit lui-même (i), elle était bien dispensée de veiller à Téducation de sa petite-fille, qui naquit en 16^^ comme il le dit lui-même à la page précédente.

Cette apologie nous paraît plausible. Au reste, ceux qui voudront prendre La peine de lire l'histoire de madame de Chantai verront que la manière dont elle se conduisit à regard de ses enfants, en quittant le monde, forme précisément un des beaux traits de ce grand caractère, digne de la vénération de tous les hommes qui ne ressemblent pas à M. Grouvelle.

Qu'un polisson, lorsque Louis XIV s'éloigna un instant de madame de Montespan pour mademoiselle de Fontanges, ait fait entrer le nom du père la Chaise dans une mauvaise plaisanterie, cela se conçoit; qu'un autre poli^ son^ prenant la balle au bond, ait ajouté un mauvais calembour, passe encore; c'est un de ces badinages répréhensibies qu'on se permettra toujours en société : mais qu'un troisième vienne enregistrer cette pasquinade, conune un éclaircissement historique, au bas d'une lettre de madame de Sévigné, et qu'il écrive dans la table des matières , «La Chaise, confesseur de Louis XIV; sa facia LiTÉ,» c'est une infamie. Le père de la Chaise ne fut pas certainement un des caractères les moins remarquables de

(1) La baronne de Chantai, en 1810, lous la direction de saint François Je Sales, commençait à fonder l'institut des religieuses de la Visitation. iKoUce sur madame de Sévigoé, p. XLiY.) On a déjà ici un écbanUllon du style de M. Grouvelie.

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répoque fameuse où il vécut. Chargé de la tâche la plus difficile^ il pouvait être considéré comme un homme cens* tamment en état d'accusation, et privé, par le devoir le plus sacré, du pouvoir de se défendre. Il n'a pu praadre aucune mesure envers la postérité; mus précisément par cette raison, c'est à elle à lui rendre justice. C'est dans les Mémoires de SaintrSimon qu'il faut apprendre à connaître cet homme véritablement sage. Le portrait n'est pas suspect, puisqu'il est dessiné par un ennemi mortel d^ Jésuites. On y verra le père de la Chaise à la cour sans être de la cour, étranger à toutes les intrigues, ami de tout le monde, mais surtout des malheureux, et n'employant jamais Pascendant de son ministère sacré que pour amortir les élans d'une volonté terrible. Vous êtes trop bon, pèr$ de la ChaisCy lui disait quelquefois Louis XTV. Non, Sire, répondaitl'homme apostolique : c'est vous qui êtes trop dur.

11 a plu à Louis XIY de raconter cette anecdote à toute sa cour; mais elle en suppose mille autres non moins honorables pour le confesseur. Ce sont là de ces traits dont il aurait dû enrichir son édition; mais, pour cela, il faudrait du goût et de la morale, et M. Grouvelle en manque totalement. Une seule chose lui plaît : c'est le mal. Nous avons surmonté un incroyable dégoût pour lire toutes ses notes. La meilleure est celle qui est parfaitement inutile. Si nous voulions traiter le chapitre de Tindécence, il serait encore plus riche que celui de l'irréligion. Mais, en vérité, il serait pénible et même dangereux de transcrire M. Grouvelle. Il suffît de dire que, grâce au travail de M. Grouvelle, les lettres de madame de Sévigné sont devenues un mauvais livre. La mère en défendra la lecture à sa fille. Depuis le commentaire sur les Pensées de Pascal, par où nous avons commencé, il n'y a pas d'exemple d'une telle profanation.

Après avoir considéré M. Grouvelle comme moraliste.

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il est temps de le considérer comme écrivain. A cet égard^ il s'est hâté de dire son secret, car le titre môme n'est pas exempt de fautes (1); et, dès la première ligne de VAvis qui commence la première page, on s'aperçoit qu'il ne sait pas le français. Que veut dire, par exemple, cette ligne qui commence VAvis : « Les manuscrits des personnes céa lèbres intéressent toujours le public?» Le sens qui se présente le plus naturellement, c'est que les manuscrits qui ont appartenu aux personnes célèbres (par exemple, un manuscrit de Gicéron ou d'Ovide qui aurait appartenu à madame de Sévigné) intéressent toujours le public. Si, au contraire, Péditeur a voulu parler, comme il est clair, des écrits originaux ou autographes des personnes célèbres, alors la seconde phrase est curieuse: a...c^ leur il écriture même, dit M. Grouvelle, est l'objet d'une curio- « site bien entendue (2). » Il en résulte que non-seulement l'écriture des personnes célèbres intéresse toujours le publiCy mais que récriture même des personnes célèbres est l'objet d'une curiosité bien entendue, ce qui appartient évidemment à feu M. de la Palisse (3). Cette phrase est trèsremarquable, en ce que l'éditeur nous y donne de prinçault la mesure de son talent. On y voit d'abord le double défaut qui ne l'abandonne jamais lorsqu'il écrit. Tantôt il n'a que des pensées avortées, et l'expression, comme il est naturel, est aussi obscure que l'idée ; tantôt il a bien une pensée, bonne ou mauvaise, mais il ne sait pas l'exprimer.

(1) Édition augmentée de lettres, fragments, notices sur madame de Sévigné et ses amis, etc., etc. Que veut-il dire? Les lettres et ks fragments sont-ils aussi sur madame de Sévigné et ses amis? Dans ce cas, où sont ces lettres sur madame de Sévigné? Dans le cas contraire, de quelles lettres s*agit-il? et qui a jamais imaginé d'écrire dans un intitulé : hiouvelle édition augmentée de lettres?

(2) H voulait dire, ou il devait dire, bien naturelle,

(3) Un quart d*heure avant sa mortf Il était encore en vie.

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En d^utres termes^ tantôt il né sait pas ce qa'ilveol dire, et tantôt il ne sait pas dire ce qu'il reut dire.

A propos d'un fac-similé qui représente quelques ligues tracées par madame de Sévîgné^ Péditeur nous dit, à la fti de ce même avis : « R ne nous reste qu'à certifier la fidéd lité de limitation; elle est au phis haut pcNUt que l'ut oc puisse atteindre^ et Ton sait qu'en ce genre 9 livAe a réellement avec la nature. » M. Grourelle ayant lu sovvent que^ dans rîmitation d'une figure humaîiie^ d'un siseau, d\me plante, etc., fart rivaHseawe lanaiwrey tnmsporte bravement cette expression au fm-^ahmite^ et il appelle nature un morceau de papier iNurbouSlé d'cBere. Cette expression est belle, beaucoup moins cependant que celle qui suit : Les procédés hngs et êif/UuUueux ée ceùi sorte de gravure, etc.

n est réellement très-^iffieultnemx decompiendhe cobk ment il peut se trouver un Francis qui écri^ ausri nul.

Dans un Avertissement qui suit cet Avis^ ne«s lisons que a Téditeur, dès longtemps lecteur aasidn de MadanM m de Sévigné, se propose de donner an pnblic précâsémcnt or ce qu'il a toujours désiré d^y trouver. » Nom ne anroos ce qu'il a toujours désiré db trouver dans ces kttres; quant à nous, nous déclarons y avoir toujours tEOvré es que nous désirions, une élégance, une gràce^ un naturel dont rien n'approche. Les conunentateurs de Gicéron, depuis Manuce jusqu'à d'Olivet, n'ont jamais imaginé êe dp»ner au public ce qu'ils avaient toujours désiré de trouver dans les lettres de ce grand homme. Us se sont contentés d'expliquer au public ce qu'ils y avaiait trouvé. C'est sans doute aussi ce que voulait dire l'éditeur; mais il ne lui arrive pas une fois de dire ce qu'il veut dire, et d'ailleurs fl aurait mal dit. On n'a que faire du travail de M. GronveHe pour comprendre et goûter les lettres de madame de Sévigné : « La lecture de ces lettres, dit-il, était son plaisir

DS» LKTTBES DE MADAMX m SiVlOIlÉ. 4S3

« de choix; il eût vonhi qu'il n'y oMnqnflt atcim assAtoon- «nement: il s'est étudié à U perfectionner, » (Ibid*y Averi.y p, i.) Nous ne saYons pas bien ê'il eût «ottto jMffeciiwmer Fasêaiêmnement ou le plaisir du ehoix ; e'est un secret que nous ne voulons point pénétrer. S*H a voulu ùsêaiiomner son plaisir^ il est bien le mattre; son grand tort est d'avoir rêvé qu^il pouvait amaiê&nner celui des antres* L'amour-fropre n'a jamais été ni plus aprettgle ni plus ridicule. C'est bien à tort^ au restée que M. Grouvelle nous dit^ en parlant de ces lettres^ que « leur (1) lecture « sera à jamais recherchée par tous les esprits^ si raffinés a ou si peu cultivés qu'ils soient, o (Ib») L'éditeur possède un talent merveilleux pou* réunit constamment un barbarisme à une pensée Causse* 11 est Irèa^fam que te» es^ts^ si peu cultivés qu'ils soient, recherchent les lettres de madame de Sévigné. Au contraire, les esprits qui ne sont pa^ trè»4^ffinés n'y comprennent rien, ou les goûtent pei' M* Gronvdle est le premier homnoe sans goût et sans t lent, le premier écrivain détestable que nous ayons vu i passionner pour ces lettres. — Qui sait, d'ailleurs, si ca, enthousiasme est de bonne foi?

Si M« Grouvelle aivait découvert des tettres inédite de madame de Sévigné, il aurait certainement rendu un grand service à la littérature française : il aurait suffi, dans ce cas, de donner une nouvelle édition de toute la collectîon, en retranchant les notes et tout ce qui appartient au nouvd éditeiur; mais, dans ce genre, nous ne lui devons fi^(2).

M. Grciuvelle nous apprend que les femmes écrivent auto Noos M dirons rien de të Imr: UentM 0000 tetrooi Qte H. G^oqvdle est brouillé irrévocablement avec le pronon posBessiC

(2) Kous comptODS pour rieo cme lettre peu intéressante, et qoi loi a été efivoyée tr^ tard p<Mrf «ffe ffiisvf à sa pliMt

AU OBSBBVATIOIfS CBITIQCES SUE UlfB ÉDITION

trement que les hommes. C'est une vérité du premier oi^ dre^ mais qui acquiert encore un mérite nouveau par le développement dont il l'assaisonne. M. Grouvelle a découvert que cette différence dure pendant toute la vie de l'homme et de la fenmie; de manière qu'une jeune femme écrit autrement qu'un bachelier, et un vieillard autrement qu'une vieille femme. Il semble que le génie ne saurait aller plus loin : point du tout. Cette découverte éblouissante se trouve encore singuhèrement relevée par l'expression dont il se sert pour l'annoncer au monde : c L'âge a même, dit-il^ n'efface point l'empreinte des sexes. • (Avert.,t. I, p.vii.)

Nous félicitons bien sincèrement M. Grouvelle sur cette observation lumineuse^ qui suppose des connaissances physiologiques très-avancées.

Le goût de M. Grouvelle pour les sujets nouveaux l'a jeté dans la question de savoir si les femmes doivent écrire. C'est par là qu'il commence la notice dont il a surchargé cette malheureuse édition.

((Il n'est point de gloire^ dit-il, plus contestée que celle a des femmes. » (Notice, 1. 1, p. vu.)

Avec la permission de l'éditeur, c'est tout le contraire; il n'y a pas de gloire moins contestée, car les hommes étant les distributeurs de la gloù-e, et les honunes ayant beaucoup de penchant pour les femmes, à ce que nous entendons dire de tous côtés, ils s'empressent de leur rendre toute la justice qui leur est due. Depuis Artémise jusqu'à la femme du gouverneur de Longwich , depuis Judith jusqu'à Jeanne d'Arc, depuis Sapho jusqu'à Olimpia Corelli , depuis Aspasie jusqu'à Ninon de Lenclos, il n'y a pas une femme qui n'ait été célébrée autant pour le moins qu'elle l'a mérité. Personne ne pense à contester la gloire des femmes, mais on dispute très-justement sur l'espèce

4t6 OBSBBVATIONS CBITIQUBS SUB UNB ÉDITION

c cet esprit 9 si exquis et si actif qu^tl soit, dont la natwre aTafaTorisé. »

Cette expression^ la plus belle, la plus aimable tnaitié du genre humain, est devenue si fade par la répétition^ qfaenons ne la rencontrons jamais sans nous rappeler ce que Rousseau a dit sur la rose sans épines. Au reste, nous avons vu plus haut des esprits si raffinés ou si peu cultivés qu'ils soient; ici nous avons tm esprit si exguis et si actif qifil soit : c'est une tournure dont la nature^ fi riche et si ttbéraie qu'elle soit, n'a favorisé que M. Grouvelle.

<r Ils n'hésitent pas (ces mêmes ennemis de la gloire des « lemmes}.,, de renvoyer durement au fuseau celles qui, c bien ou mal, s'émancipent à manier la plume oa la a lyre. »

L'éditeur, qui se dispense volontiers de penser, nous en donne ici un exemple remarquable : il serait difficile dTmaginer quelque chose d'aussi ridicule que ces mots, bien ou mal; car c'est très-bien fait, de l'avis de tout le monde, de renvoyer au fuseau la femme qui écrit mal : la dispute ne saurait avoir lieu que pour celle qui est capable de bien écrire. Mais ces mots bien ou mal étant souvent répétés ensemble, M. Grouvelle les écrit ensemble mécaniquement, sans s'embarrasser du sens; c'est ainsi qu'ayant lu dans le Temple du goût,

D'une main légère il prenait (I) Le compoê, la phtme H la lyn;

ces deux derniers mots se sont liés l'un à l'autre dans sa tête, et il écrit la plume ou la lyre, quoiqu'il n'y ait pas un homme dans l'univers qui ait songé à défendre la lyre aux femmes. L'éditeur peut aller aux enquêtes cbei tous

(1) Voltaire n*a pas dh :

Sa main légère maDiait, etc.

428 OBSEBYATIORS GBITIQUBS SUB UHB lÊDITlOtf

résultera-t-il? Que les femmes doivent poursuivre la gloire d'auteur? Point du tout. Où est la conséquence? a C'est, a nous dit-on y parce que les lumières et les talents des a femmes sont des biens qui ne périssent point avec elle^et a deviennent pour ses enfants l'héritage le plus assuré. > (Ibid,) Ah! pour cela, Monsieur l'éditeur, nous vous en demandons bien pardon, mais rien n'est plus faux : il n^ a pas d'héritage moins assuré que celui des talents. Aussi réditeur se hâte de nous donner une autre raison, a Tona tes les femmes, dit-il, dussent-elles ( ce qui n'est pas) a porter les noms d'épouses et de mères (i), la société ena tière est intéressée au développement complet de tous aies êtres qui la composent, d Passons sur le style: M. Grouvelle voulait-il dire, par hasard, que tout agent libre doit faire tout ce qu'il peut faire ? Un moraliste pur, tel que lui, ne saurait avoir cette pensée; il entend donc seulement dire que la société est intéressée à ce que chaque homme et chaque femme développent leurs facultés , suivant Vordre et conformément à l'utilité commune. Mais voilà que la question recommence ; car Ton demande précisément s'il est dans l'ordre que les femmes appliquent leurs facultés aux arts et aux sciences ? On ne croirait pas qu'il fut possible de raisonner plus mal ; cependant M. Grouvelle, toujours prêt à se surpasser, va vous dire quelque chose de plus mauvais, a Si jusqu'à présent

propre. Sur cela nous n^avons rien à dire; et nous convenons de même qoe, lorsiiu'une lille pleine de verlus apporte encore un surcrott de dot en taleoU el en lumières, l'époux ne doit être reçu dans aucun Irihunal à seplaindrt de cel augment. — Toutes les fois (|ue nous sommes de Tavis de M. Groovi'IIp, nous nous faisons un devoir de le déclarer, atio qu*oo DeDOUsaocoiC point (le parliaiité.

(I; M Grouvelle avoue ici que toutes les femmes ne sont pas desUnées à élre t'|)ou>es et mères, et que c'est aux femmes célibataires surtout qu'appartient le domaine des i^ciences et des lettres. Mais que devient pour Hlo la rai^on de \ héritage as» uré? L'éditeur veut-il admettre les oollatéFaox à recueillir l'héritage?

439 OBSBavATioiTS cmriQOBt hb wb èdixwb

Dès la troisième page de bob AjmeikêaBBià, M. finaveUe vous dit^ à propos des lettre inédites de imdamft de Sévigné : < Quelques démarches qu'on eût fiaiieSy rien B'a a pu iSûre ouvrir les portefeuilles où ces tx^ésofsj^afttiMM/ a être ensevelis. Nous ne souMiies pas mèoie en éUi de a dooaer au public^ avec la certîteide de son eiisteiiee, Fesa poir d'eu jouir un jour. •

n faudrait compulser tous les eahi^sd'uoe école de vilage pour trouver quelque chose de pareil.

Ailleurs il nous dit a qu'ua asseï grand nombre des <c lettres de madanoede Sévigné paraîtront nouvelles (1), ai a ce qu'elles n'ont jamais été jointes à aucun de ses rea cueils. d (Avert.^ p. m.) Ainsi les recueils qu'on a faits des lettres de madame de Sévigné s'appellent, dans le langage de Téditeur, les recueils de madame de Sémgmé; c'est une expression toute nouvelle qu'il répète plus bas^ à la fin d un passage charmant :

(( Attentif à réunir ici (2) tout ce qui touche madame de a Sévigné, l'éditeur a pensé que^ sss enfants (3) tenant « d'elle leurs talents, ce qui nous reste de leur plume était a un supplément presque nécessaire à sa coUedîon (4). •

En premier lieu, nous n'avons jamais ou! dire que madame de Grignaii ni son frère aient laissé une plmwu, et qu'il en resie des morceaux. Au demeurant, si les enfants de madame de Sévigné ont laissé tomber de leurs plumes

1,1 Nous pouvons assurer Téditeur qu'une lettre imprimée dans an livre nepaiattra nouvelle à personne, parce qu'on l'a réimprimée dans on autie livre.

«2, Cest-à-dire dans son Avertissement; il est impottibk de donna on au Ire sens au mot.

'3 Lea enfants de l'éditeur, sans doute; le sens n'est pas donteax. Dans ce cas, noua ne saurions trop féliciter ces enfants, s'ils Uennent lems talcnb de madamt! de Sé\igné quoique la maiùère nous soit inconnue). Certes, ili l'ont ecliappi' l.ellc!

(4 La cuihction de la plume.

DBS LBTTBBS DB MADAVB DE Wàri&lld. 431

quelques morceaux qui rappellent le talent de leur iUufitre mère^ c'est fort bien fait de les imprioier dans sa coi^ LBGTioif^ mais ce n'est point du tout par la très^maiivaise raison qu'en donne l'éditeur; autrement le SûphaétVÉ'^ cumoire deviendraient des suppléments presque néeêssaérei AUX tragédies de Crébillon.

Le pronom figure d'une manière non moins âégante dans le morceau suivant :

« Madame de Sévigné écrivit dans la jeunesse de la a langue, à Fépoque où bllb se fixait sous la plume des et maîtres. Gomme elle vivait également parmi les gens a de lettres et parmi les gens de cour^ il faut croire^ etc. » (Avert., p. xiii.)

Il ne tient qu'à nous d'entendre que madame de Sévigné se fixait sous la plume des maîtres, et que la langue française vivait également parmi les gens de lettres et parmi les gens de cour. S'il en est ainsi , la langue française a été bien mieux élevée que M. Grouvelle.

Les rabbins disent que chaque mot de l'Écriture contient une infinité de sens. M. Grouvelle s'approche de cette perfection, au moyen de l'usage merveilleux qu'il sait faire du pronom. En nous parlant, par exemple, des fameuses fêtes de Vei-sailles, il nous dit que « madame de « Sévigné était faite pour orner ce grand théâtre de ses « propres charmes. » (P. lvi.)

Cela veut dire que madame de Sévigné apporta dans ces fêtes sea propres charmes, et point du tout ceux des antres femmes, — ou bien qu'avec ses propres charmes elle orna ce grand théâtre, — ou bien qu'elle orna ce grand théâtre de .ses propres charmes, c^est-à-dire des charmes qui convenaient à ce théâtre (apparemment parce qu'elle était associée de Lulli et de Quinault) , etc. On n'en finirait pas, si Ton voulait dire tout ce que cela veut dire.

432 OBSBBTATIONS CBITIQUB8 SUB UNB ÉDITION

Et quant à ce que nous dit encore Téditeur, que a l'éléa gante magnificence de ces fêtes les avait bendu dignes a de ce pinceau^ etc. d (p. lxvi) , nous observerons seulement que le solécisme de rendu pour rendues n'est pardonné aux enfants que jusqu'à l'âge de douze ans. Or, comme nous savons^ à n'en pas douter^ que M. Grouvelle existait en 1793^ il n'y a plus de miséricorde : le solédsme doit être rangé dans sa eolUcHon.

n faut finir sur le pronom. Encore une citation cepen* dant ; elle est trop curieuse pour être passée sous silence:

a Madame de Grignan avait à peine vingt ans, et un évéa nement qui devait troubler son bonheur semblait trop a tardif à celte mère désintéressée. » (P. lviii.)

Vous croyez peut-être, honorable lecteur, qu'il s'agit ici du bonheur de madame de Grignan ? Eh bien ! comme disait le sultan Schah-Abbas^ c* est précisément ce qui vous trompe : il s'agit du bonheur de madame de Sévigné. Voub ne voulez pas le croire : lisez, s'il vous plaît.

Il faudrait sans cesse répéter à M. Grouvelle, si son âge et ses facultés lui permettaient de profiter de Tavis ; D*un mot mis à sa place apprenez la puissance ! C'est la chose la plus indispensable quand on se mêle d'écrire, et celle dont il a le moins d'idée. Tantôt c'est « l'infortuné « Fouquet qui se voit précipité du faîte des grandeurs « dans une prison perpétuelle, » (Avert., p. uv.)

Autant vaudrait nous dire qu'un malfaiteur s'est vu précipité dans une galère perpétuelle.

Tantôt c'est madame de Sévigné qui, «elle-même a pourtant, avait repoussé plus d'une occasion, d [Ihid.,

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