‹ Lettres et opuscules inédits (volume 2)Chapitre 95 sur 100 · II. LVIII · texte numérisé non relu

II. LVIII

On croira peut-être qu'elle avait fait la guerre, et que, semblable aux Penthésilée, aux Camille , aux Gildippe, elle s'était illustrée par de beaux faits d'armes. Hélas ! point du tout. Gela signifie tout simplement qu'elle avait

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elle-même pourtant refusé plus d'un parti qui s'était présenté pour sa fille.

Ici, M. Grouvelle nous avertit très-sagement « qu'il faut «être très -circonspect sur Famendement du texte d (p. xiii) ; mais il oublie mal à propos d'ajouter un mot sur la correction des terres.

Nous apprenons ailleurs une chose dont on ne se serait jamais douté : c'est que a le maréchal d'Humières « voulut, un jour, prendre d'insulte un petit château. » M. Grouvelle ne s'explique pas davantage; mais, sans nous donner la peine de feuilleter l'histoire du temps , nous supposons que le maréchal donna un soufflet au petit château.

Quelquefois M. Grouvelle enfile des régimesy et il oublie le verbe ; ainsi, par exemple, il nous dit que « madame de (( Sévigné avait... de la physionomie... des traits expres- « sifs... une taille aisée... une riche chevelure... une santé a brillante... une rare fraîcheur... un teint éclatant... auct tant de musique qu'on en savait alors, enfin une danse « brillante pour le temps (1). » (Notice, 1. 1, p. xlv.)

De sorte qu'il se trouve, en fin de compte, que madame de Sévigné avait de la musique et de la danse. Que cette dame était riche î

Mais, si nous en croyons M. Grouvelle, madame de Sévigné AVAIT bien quelque chose de plus merveilleux ! Elle avait une stature plus grande que petite, (Ibid.) Une seule faute de cette nature suffit pour caractériser un écrivain. Elle suppose Tabsence totale de ce sentiment intérieur, de ce tact métaphysique sans lequel on ne sait jamais ce qu'on dit. Cette particule comparative plus pouvant servir à comparer entre elles des qualités différentes, l'éditeur a

(I) Admirez cette saperbe répétition: une tante brillante et une danse brillatite.

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cru qu'dle pouvait servir auaii à oamparer les différents degrés d'une même qualité dans le même «iyet; et que, comme on dit, par exemple, // est plus satoësU que riehe^ on pouvait dire de même. Il est pbts sawmt qu^ignarasU; ce qui 8'a{^>elle, dans la langue que M. Grouvelle ignore si parfaitement, une bêtise.

S'il eût dit : a Elle avait une stature plulftt grande que petite, D il n*eùt été que plat; et, pour lui, ce serait un gain considérable.

U arrive quelquefois à M. Grouvelle de prendre totalement congé de la langue française, et alors il devient un phénomène, un miracle de barbarie. C'est ainsi, par exemple, qu*il nous dit, en parlant de madame de Goulanges : a Au contrure de l'esprit de son nuuri, qui n'avait fait a que le déconsidérer, le sien était une dignité. » (Notice, p. Lxxxix.) £t ailleurs nous apprenons que « Tarchevé- « que d'Aix était le personnage le moins facile à se laisser a EN imposer, d (Notice, p. Lxxxi,note.) Sûrement le laquais de Diderot écrivait mieux.

Que M. Grouvelle soit barbare toutes les fois qu'il veut être ou fin, ou profond, ou éloquent, cela se conçoit. Malheur à Phomme qui ne sait pas ime langue, et qui s'avise de hausser le ton! mais qu'un éditeur intrépide de madame de Sévigné ne sache pas écrire une petite note explicative, une remarque, un avis aU lecteur de deux lignes, un misérable nota bene , sans laisser éch^per un barbarisme, c'est ce qui est véritablement inconcevable. Nous avons éclaté de rire en lisant, à la tête de cette scandaleuse édition, que « les notes ajoutées par ^éditeur se a reconnaîtront à la marque d'une ou plusieurs étoiles, i Les étoiles seront marquées y sans doute; ce qui les étonnera un peu, elles qui marquaient toujours. C'est cependant une chose un peu forte, qu'un écrivain qui se présente pour assaisonner les lettres de madame de Sévigné, ne

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sache pas dise en français que aes maies serotU marges d^tme étoile^ ou désignées j au distinguées par une ou par plusieurs étoiles, puisque étoile il y a; car nous n'exigeons point que M* Grouvelle s'élève jusqu'au mot astérisque.

Nous avons vu précédemment M. Grouvelle se servir d'une table des matières pour mentir et pour calomnier. Il a fait un tour de force encore plus merveilleux en se servant d'un errata pour introduire un solécisme dans le texte, n avait lu^ dans une ancienne notice^ que Ménage^ allant voir madame de Sévigné en Bretagne avec madame de Lavardin, disait des di^uceurs à cette dernière et lui baisait les mains; sur quoi cette dame lui dit : a Je vois bien que vous hecobdez pour madame de Sévigné. » M. Grouvelle, après avoir copié cette anecdote ( probablement dans lelf6na^}ana)^s'Hnagine, en y songeant mieux, que le verbe recoeder est réfléchi; et ce digne éditeur écrit dans Verrata : a Lisez, vous vous recordez, d — Bravo!

Au reste, il arrive souvent qu'il y a dans le style quelque chose de plus sérieux que le style : un écrivain qui emploie certaines expressions n'en est pas quitte pour le ridicule. Après que l'homme de goût a ri, le philosophe examine et condamne. M. Grouvelle croirait-il peut-être n'être qu'absurde, lorsqu'en prêtant son langage à l'élégant Bussy , il nous le représente ( Notice , p. liv) prêtent dant, au sujet de sa cousine, qu'une conduite intacte ait caché (1) un cœur assez ihpub? ou, lorsqu'un raccommodement entre Louis XIV et madame de Montespan devient, sous la plume grossière de l'éditeur, un bapaxbiage (2)?

(I) Ait caché, pour cachait ou cachât; c'est un italianisme. Conduite intacte De vaut pas mieux. Intact sigoitie proprement ce qui n'a jamais été touché, et» par une métaphore trèsnaturelle et très-juste, ce qui n'a jamais été profané. Ainsi l'on dit un trésor intact, une vierge intacte, une vertu ^ une sagesse, une probité intactes, parce que les Doms de ces vertus sont

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Ces expressions, comme toutes les choses du monde, se trouvent où elles sont. Elles sentent les lieux que firéquente fauteur.

Nous sommes las, et malheureusement, sans doute, nos lecteurs le sont aussi ; mais nous pouvons les assurer que nous avons à peine eftleuré le sujet. Nous finissons, par la raison qu'il faut que tout finisse, comme dit quelque part madame de Se vigne.

Nous ne prétendons point, au reste, contester les véritables talents de M. Grouvelle. Il sait lire, par exemple, et nous publierons même avec empressement qu't/ est capable de lire toute sorte de choses; — mais il ne sait pas écrire.

Au moins, si une édition déshonorée par tant de défauts présentait quelque compensation, on pourrait, jusqu'à un certain point, pardonner à l'éditeur ; mais nous ne lui devons pas une seule ligne agréable ou utile, et Pouvrage entier, pour tout ce qui lui appartient, peut s'appeler, à juste titre, monstrum nulla virtute redemptum.

M. Grouvelle range sous quatre chefs les avantages de sa nouvelle édition : Additions, — Ordre chronologique , — Corrections et éclaircissements du texte, — Autres articles ajoutés. — Nous les examinerons successivement.

Additions. — Où sont -elles? a Quelques démarches « qu'on ait faites, nous dit-on, rien n*a pu faire ouvrir les

personnifiés. Mais la conduite n*étant qu*ane suite d*actions, noUe adioo ne peut être souillée par une autre : elle est ce qu'elle est, bonne oa nuuvaise, par la volonté seule de celui qui la produit. Il faut donc dire conduiU irréprochable. Tout cela, sans doute, est du tanscrit pour M. Grouvelle. Mais comme il y a encore en Russie et même en France un assez grand nombre d'hommes qui savent le français, nous soumettons ces remarques à leur jugement.

(I) Louvois et Marsillac, alors (depuis) duc de la Rochefoucaald, avalent ménagé au roi un rapatbiage avec madame de Montespan. (T. V, lettre 640, p. 244.)

N. fi. Cette note se reconnaît à la marque d*une étoile.

DES LETTRES DR HADÀMB DE S^TIGNi. 437

a portefeuilles où les lettres médites de madame de Sévi- « gné sont ensevelies. »

L'éditeur commence donc son chapitre des Additions par Taveu formel qu'il n'a pu faire aucune addition. C'est fort bien débuter.

Au bas de cette lettre éloquente, si précieuse par sa date , puisque madame de Sévigné l'écrivit huit ou dix jours avant sa mort, nous lisons cette note de Péditeur :

«... 11 est probable que cette lettre est la dernière que G madame de Sévigné ait pu écrire. Nous regardons « comme une bonne fortune de Pavoir becouvrés. d (T. VIII, p. 24i.)

Nous demandons à tout homme qui entend le français : ce mot recouvrée ne fait-il pas naître l'idée d'une lettre inédite, découverte et publiée pour la première fois? L'éditeur comptait sans doute (et en vérité il n'avait pas tort) sur ces lecteurs inattentifs qui ouvrent un livre par désœuvrement pour le fermer bientôt par lassitude, et qui oublient en un clin d'œii ce qu'ils n'ont lu que pour tuer le temps : mais il en est d'autres qui se rappellent fort bien, en lisant ce mot recouvrée dans le huitième volume, ce qu'ils ont lu dans le premier (p. iv de l'Avertissement) : « Cette lettre précieuse, moins encore parce qu'elle était a PRESQUE inconnue que par le moment même où elle fut a écrite. » Ce mot de presque est excellent. Il en est de même de cette lettre charmante adressée au président de Moulceau, et que plusieurs personnes ont prise pour une découverte. Ce n'était cependant que l'original d'une lettre déjà imprimée, et connue de tout le monde. Il est même remarquable que cet original est le seul que l'éditeur ait pu se procurer. « Ces originaux, dit-il, étant rares, nous « en avons longtemps recherché sans en pouvoir trouver a un seul, d (Avis à la tête du tome I".) A la fin, il a trouvé

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celui dont nous parlons. Nous ne devons donc absohiment rien au nouvel éditeur.

Ordre chronologique. — H y avait cinq recueils des letr très de madame de Sé\'igné (Avert., p. viu) : !• les lettres de la mère à la fille ; 2° le choix de lettres diverses; 3" les lettres au président de Moulceau ; 4' celles à H. de Pon»ponne; 5° celles à Bussy-Rabutin.

n est permis à tout le monde d'acheter des recueils et de les lire ; on les a imprimés dans cette intention, à ce qu'il nous semble. Aujourd'hui, M. Grouvelle s'empare de ces différentes collections^ et les fait imprimer ens^nble dans l'ordre chronologique. Il faut lentendre exalter ce nouvel arrangement, qui n'est au fond qu'une simple manipulation typographique, à la portée du dernier manœuvre littéraire.

a Toutes les lettres, dit M. Grouvelle, sont id distribuées c< suivant Tordre des temps, en sorte que celles de la mère a à la fille font place, au milieu d'elles, aux lettre à ses « amis , ou aux réponses mêmes de ceux-ci (1). »

Ce grand avantage paraîtra un défaut à plusieurs personnes de goût. Le pêle-mêle dans ce genre n'est agréé que dans les recueils de lettres à différentes personnes. Mais dès qu'il y a une correspondance particulière qui a fourni plusieurs lettres remarquables, surtout par la (pia-

(I) On serait tenté de croire (fue M. Groarell* a oorert les lettra de la mère à la fille avec des ciseaux, poor en insérer d^aotres es wdUem é'eUm. Il semble aussi que madame de Sévigné écrivait à ses amis et à Um réponses : du moins cVst ce que signifie celte phrase : let lettres à ses awût ou aux réponses , etc. Mais la plirase qui suit est sans prix : En aorle qme telles de ces demâères (les lettres des amis ou aux amis), om iùu ^éin rassemblées^ se trouvent maintenant éparses. Et cela pour dire que ces leUres, au lieu d'être rassemblées mal à propos, se trouvent maintenant distribuées parmi celles de la raère à la fille, soivaat Tordre des dates. — Cestle mee plus-uUrà de Tineptie grammaticale.

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lité des personnes et par une confiance plus intime^ le mélange déplatt. On serait très-fâché, par exemple, que les lettres de Cicéron à Atticus eussent reçu au milieu d^ elles d'autres lettres écrites à une foule de personnages moins importants, et moins intimement liés avec ce grand h(mune. Dans le recueil des lettres de Popeet à Pope, on trouvera de même que les lettres à Swift, à Arbuthnot, à Craig, etc., sont réunies. Le bon sens dicte cet arrangement. Ainsi, le nouvel ordre que M. Grouvelle fait sonner si haut ne signifie rien, et sera même regardé conome un défaut par un grand nombre de lecteurs.

Correction et éclaircissements du texte. (Avert., p. xii.) — L'idée que madame deSévigné s'est vue sur le point d'être corrigée par M. Grouvelle nous a donné la chair de poule, n a sérieusement mis en question a s'il ne conviena drait point de corriger im assez grand nombre de pasa sages de ces lettres, soit de ces phrases irrégulièrea ment construites, soit d'autres fautes contre la langue. a Mais, dit-il, la réflexion nous a fait voir plus d'un danger « à cette entreprise, d (P. xiii.)

Il y avait réellement plus d'un danger à cette entreprise; mais jamais M. Grouvelle n'aura le courage do dire, ni même d'apercevoir, la meilleure de toutes les raisons qui devaient l'en détourner. Que dire d'un barbare qui a été tenté de toucher au texte de madame de Sévigné, et qui, dans rarticle même où il nous fait confidence ae cette tentation épouvantable, écrit cette phrase de carrefour : a On citerait aisément plusieurs tours de phrase qui a lui doivent d'être reçus? » (P. xix.)

Mais enfin, pour cette fois, le démon de Torgueil ne Ta pas emporté. Et quoique M. Grouvelle ne se doute nullement de sa ridicule médiocrité, il a fait, sur cet article au moins, comme si elle lui était parfaitement connue : il n'a rien corrigé. Il est donc inutile de parler de la correction

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du texte (1). Restent les éclaircissements; mais nous pouvons assurer qu'ils sont aussi nuls que les corrections- L'éditeur a beau nous dire que plusieurs traits de ces lettres a portent sur des faits sous-entendus ; que^ sans la cooa naissance de tel (2) événement^ le lecteur ne saurait enten- « dre qu'à moitié ce qu'on en dit... ; qu'à l'aide d^un grand a nombre de mémoires, de lettres, et d'autres recueils plus « communs ou plus rares (3), l'éditeur est parvenu à lever « la plupart de ces voiles, etc. ; » toute cette charlatanerie n'en imposera à personne. On ne peut même contempler sans un mouvement d'indignation l'incroyable hardiesse de l'éditeur, qui ose dire, en parlant de ses notes : a Elles a remplissent les lacunes, servent de transitions, complèa tent les indications, et font entendre les demi-mots. a Plus d'illusions ni de saillies perdues! » (P. xvi.)

La plupai-t de ces mots n'ont point de sens; mais les der nîers supposent un front qui ne rougit jamais. S'il y a dans les huit volumes de ces immortelles lettres une seule allusion, une seule saillie qui lui doive d'être sentie, nous consentons à lire tous les jours ses notes. Les cheveux nous dressent sur la tête; n'importe, le mot est lâché.

(1) Il avoue cependant un peu plus haut qu'il a fait des retrâDchements. On n*a pas craint , dit-il, de retrancher ce qui a paru sans intérêt, ou ré' pété en d*autres endroits (p. iv).

Nous n*âvons ni le loisir ni la volonté de comparer scrapuleosemeat cette édition aux anciennes, pour vérifier ces retranchements ; mais ilnoos parait bien diracile que tout ce qui a paru sans intérêt k M. GroureUe ne soit pas excellent.

(2) M. Grouvelle a quelques mots favoris dont il abose de la manière la plus ridicule. Tel ou tellement sont du nombre. On le voit ici à Tégard de tel. Voici un exemple curieux de tandis qoe : L'archevêque et le evadjutettr de Paris étaient parents du marquis de Sévigné, tandis que sa femme était la nièce du grand prieur du Temple, (A vert., p. XLV.) On est tenté de dire : Qu* arriva- t-il après?

(3) A quoi se rapportent ces deux plus? où est Tobjet de comparaison? L'éditeur n'a pas uoe idée nette.

44fi OBSntYATIOlTS C1ITIQUB8 SUB UlfS ÉMTIOH

préder madame de Sévigné, cette mçikpptAe oonscieDce tpfil n'est jamais possible d'étouffer enUèrement aura pris la liberté d'avertir M. Grouvelle qu'il devait cédar la plvone ànn confikleiit capable de la nianier d'une manière nn pei plus française. Malheureusement il n'était plus tempSi puisque l'occasion et l'envie de parler avat^t déjà arradié à réditeur^ sur la personne et le tdent de madanoe de 8évigné^ une foule de traits dont la réunion forme sans contredit ce qu'on peut imaginer de plus mal peDaé et de pi» mal écrit.

Les notices sur les amis de madame de Sévîgné n'apprennent rien à ceux qui connaissent le siècle de Louis XIV. Quelques-unes nous ont déplu par Taffeetalm qui s'y montre de dire sur ces personnages intéressorts tout le mal qu'on en peut dire, même eelui dont on peut douter. Du reste, toutes ces notices sont écrites en firançais, et par conséquent elles ne sont point de H. Grovvelle, qui n'a jamais écrit deux lignes dans cette langue. L'auteur (quel qu'il soit) de ces notices a laissé édi^iper une circonstance intéressante de la vie de madame d^ la Fayette; mais M. Grouvelle y a suppléé en très-bon style : « Cette dame, nous dit-il, s'était assez tard avitée d'apa prendre la langue latine, d (Notice sur madame de Sévigné, p. XLV.) Si jamais M. Grouvelle assez tard s'avise d'apprendre le français, il rira bien de ses belles tournures.

L'éloge de madame de Sévigné par madame la présidente Brisson est un morceau assez mauvais, quoiqu'il ait remporté le prix de l'Académie de Marseille en i7T7. Au lieu de cette fadeur académique, nous aurions lu avec plaisv une lettre du duc de Villars que nous avons vue jadis à la tête d'une édition de Hollande, d'ailleurs assez fautive. Cette lettre, que nous n'avons pu retrouver, et dont nous n'avons plus qu'un souvenir vague , a laissé dans notre esprit ridée de quelque chose d'intéressant.

DES LBTTBBS DE MADAME DB SÉYIOIT^. 443

Parmi ce recueil d'éloges^ que M. Grouvelle intitule Choix d'éloges, il en a placé un de sa façon. (On voit bien que c'est lui qui a choisi.) Cet éloge est en vers, et il nous a paru, en général, moins barbare que la prose de M. Grouvelle. Quoique ce phénomène ne soit pas rare, il n'est pas aisé d^expliquer comment il est possible d'écrire plus purement, ou moins ridiculement, en vers qu'en prose. Au reste, la manière de M. Grouvelle se retrouve toujours; il appelle le talent de madame de Sévigné un talent qui du cœur s'échappe innocemment. Ce vers égale ce que nous connaissons de plus innocent. Un peu plus bas, que amaa dame de Sévigné écrit sans effort , comme on parle, ou a plutôt comme on aime.» Écrire comme on aime ! Ah! pour celle-là, nous ne la savions pas. Mais qu'importe à M- Grouvelle? il écrirait de même : comme on danse. Dès qu'une fois on s'est mis bravement au-dessus de l'obligation de penser, tous les mots sont bons.

Voici un modèle d'expression heureuse dont tous nos lecteurs nous sauront gré. Il s'agit de dire tout simplement qu'en écrivant ses charmantes lettres, madame de Sévigné ne songeait pas plus aux hommes qui devaient vivre après elle qu'à ceux qui l'avaient précédée. Voici comment l'éditeur exprime cette idée :

En semant SES flean éphémères Sur chaque ligne qu'elle écrite Elle n'a pas plus dans Vesprit La postérité que SES pères.

(Ibid., p. cxiT).

Éphémère vous-même , monsieur Grouvelle ! il fallait ^VQ immortelles. Il valait mieux dire encore des fleurs; mais cet homme est possédé du pronom possessif, nous en attestons la postérité et ses pèbes.

Quelquefois M. Grouvelle gâte une pensée heureuse par une expression à sa manière :

AH OBSEBVATIONS CRITIQUBS SUA UNB iDITIOH

Elle ignorait {heureux destin.') Que le feuillet volant échappé de ea Mosfi,

En suivant de Grignan la route.

De rimmortaltté prenait le grand chetnin.

La pensée est assez bonne; msAs feuillet pour feuille gâte tout; heureux destin, d^aiileurs^ ne vaut rien^ ni comme pensée, ni comme rime.

Nous terminerons par un trait inimitable. H. GrouveDe veut dire que ces lettres, qui étaient le trésor de madame de Grignan, sont devenues celui de tous les gens de goûL Il ne fallait pas être un aigle pour atteindre à cette idée; mais Pexpre3sion dont il Ta revêtue place le poète dans le ciel :

seule, du trésor de saJUU Ellejit un trésor public.

Que ce M. Grouvelle est divertissant, et conmie poète, et comme prosateur, et comme philosophe, et comme aritique, etc. ! Nous dirions de tout notre cœur : Dieu le conserve ! n'était qu'il excite un peu trop souvent le dégoût et rindignation.

Cet éloge, que Téditeur intitule Portrait de Sévigné, est adressé à une Thémire en Tair, à qui le poète débile les fadeurs ordinaires. 11 lui dit, par exemple :

Je vous l'ai dît cent fois ^ la grâce épistolaire Est un talent de femme...

M. Grouvelle peut le répéter autant de fois qu'il le jugera convenable; mais rien n'est plus faux. Le talent d'écrire supérieurement est un talent d'homrne, comme tous les talents supérieurs. 11 est vrai seulement que, dans le genre agréable, il s'est trouvé dans le monde une femme que son talent inimitable et des circonstances uniques ont placée au premier rang.

DES LETTBES DB VADAVB DB SBYIGNB. 446

Plus d'une Sévigné brille enear dans Paris, à ce que dit M. Grouvelle. Amen ! Mais il nous semble qu'une ville qui a produit tout fraîchement Théroigne de Méricourt doit se reposer quelque temps avant d'enfanter à la fois plus dune Sévigné.

Avant de quitter M. Grouvelle, il nous reste à examiner la manière dont il a caractérisé le talent et la personne de madame de Sévigné.

L'ordre qu'il a adopté dans cette nouvelle édition doit relever singulièrement, à ce qu'il croit ou à ce qu^il dit, le style de Sévigné. a Son trait distinctif, dit-il (1), est. si je a ne me trompe, le rare accord d'un goût très-cultivé, a avec une imagination très-riche et un naturel très-origia nal. 1) (Avert., p. x.)

Ce qui signifie, en termes clairs, que le trait distinctif de madame de Sévigné, c'est qu^elle ne ressemble pas à d'autres ; et le trait distinctif de cette définition, c'est qu'elle peut servir à tous les cas , comme une formule d'algèbre. M. Grouvelle est trop modeste en disant si je ne me trompe : avec la précaution de ne rien dire, il est impossible de se tromper.

Nous ne voulons point, au reste, lui demander ce qu'il entend par ua naturel très-original; nous l'embarrasserions trop. Écoutons plutôt ce qu'il va nous dire encore sur ce même sujet :

« Mais c'est parce que madame de Sévigné ne ressem- « ble point à d'autres, qu'on s'accoutume à elle. De ce a que son langage et sa physionomie lui sont tellement (2) a propres, il en résulte qu'on finit par s'en étonner

(I) Le trait distinctif da style, ou bien le trait distinclif de madame de Sévigné?

* 2) Nous avons averti plus haut sur ce mot. C'est un de ceux que l'éditeur n'entend point du tout.

446 OBSBAYATIONS CBITIQUB8 SUA HHX AdIXION

< moins qu'on ne éûH, par sentir moins œ singulier WÊé-

a nie (p. xi). »

Dieu nous préserve de comprendre uaseul m^oi à tooi œla ! Au reste, M. Grouvelle est Uen heureux quand oo ne le comprend pas.

Après de si grands efforts de génie pour caractériser le talent de madame de Sévigné, il est tout simple que l'éditeur s'écrie : a Vous la voyez^ vous la signaJea (1); wmâ ne la confondrez avec aucune autre (p. x). »

Depuis Guillaume Vadé jusqu'à Pierre Garn^UCy il ne nous est jamais arrivé de confondre un écrivain avec un autre. D'ailleurs^ ce n'est point un mérite de ne ressembler à personne. Ce trait appartient à M. Grouvelle comme à Bossuet. Sur notre parole d'honneur^ nous ne les otmfondrons ni l'un ni l'autre avec aucun auire.

Cependant M. Grouvelle^ quoiqu'il soît un lecteur as-^ sidu et un admirateur éclairé de madame de Sévîgné, craint cependant que la lecture de ces lettres fameoses se soit capable de fatiguer certains lecteurs, a Les uns (ditrilj a sentiront avec peine leur àme au-dessous de cette âme a FÉCONDE (2). Voilà ïes premiers mécontents, tt «n est a d'autres ensuite auxquels la diversité dans les nuaiices a du sentiment ne sufhè pas^ et qui la veulent dans les a sentiments eux-mêmes (p. xi et xii), seconde classe de a mécontents. Mais ceux-ci forment^ sans comparaison^ le

(i; Ce mot, qui est an barbarisme pris dans œ sens, noas Tient des antres du Jacobinisme. C'est là où Ton signalait les aritiecnUm, oè Vtm mgnalaii les fanatiques^ où Ton signalait les agitaUun^ les malveiliatU», les honnêtes gens, et autres monstres semblables. M. Groavelle se signaU encore par ses heureuses expressions :

Servant odorem

Testa diu

(2^ Au lieu de tendre ou sensible. L& plume de M. Groaveilca leiv»|iiviléfie de rencontrer loua les mots possibles, excepté le bon.

DBS LETTBES DE X ADAMB DB «ÉYTdNÉ. 4CT

< plus grand nombre. Il font avouer que ces lecteurs fosl cr le grand nombre dans une socrari (1) où ifOffHUCLBa MBNT les affections naturelles sont émoussées (2), mais a où SUBTOUT (3) on manque de loisir pour savourer la a jouissance réfléchie qu^on trouverait dans leurs dévelopa pements (p. xi et xii). »

EKun seul coup M. Grouvelle pare à ces deux inconvénients^ et procure à madame de Sévigné la certitude de n'ennuyer personne. Maïs quel est donc ce moyen admirable? Eh, bon Dieu I nous l'avons déjà dit : c'est « Pina tercalation des lettres de madame de Sévigné à ses amis, a et des réponses mêmes de ceux-ci , au milieu de celles a de la mère à la fille (p. viii). » Il résulte de cet arrangement merveilleux, i® que le lecteur qui sent avec peine son âme trop au-dessous de celte âme féconde, se console un peu en lisant des lettres où cette âme se montre moins féconde, ou que des âmes stériles écrivent à cette âme féconde ; 2° que le kcteur en qui nonrseulement les affections naturelles sont émoussées^ mais qui surtout manque de loisir pour savourer la jouissance réfléchie de leurs développements, remédie à ce double malheur, en passant de la diversité des nuances du même sentiment à la diversité des sentiments eux-mêmes (4).

Et si Ton demande comment il peut se faire que des hommes qui manquent de loisir pour suivre le développement d'un seul sentiment se tirent d'affaire en ajoutant

(1) Quelle société? L'éditeur veut dire siècle apparemment : non-seulement il ne dit Jamais ce qu'il faut dire, mais pas seulement ce qu'il veut dire.

(2) Affections émoussées! Quel style I On êmousse une cause au propre et au ligure, mais non un efjet; or, toute affection est un effet. Ajfection émoussée est aussi absurde que plaie émousste.

<Z Kon-seulement ceite tournure n*est pas élégante, mais surtout c'est un barbarisme bien conditionné.

(4) M. Grouvelle ne se doute certainement pas qu'il y ait la moindre différence à dire les sentiments mêmes ou les sentiments eux-mêmes.

U8 OBSBRTÂTIOIfS CAITIQUIS SUE UNE ÉDITION

encore à ce travail celui d^étudier les sentiments inter^h lés, quoique p/u5 calmes (p. xi), nous répondrons ayec révérence : ipsb dixit. C'est le sort de M. Grouvelle : un tel homme ne parle point en l'air^ et quand il dit une ânerie^ il a ses raisons. #

Nous trouvons cependant l'éditeur encore plus profond lorsqu'il apprécie le caractère moral de madame de Sévigné. Nous avons vu^ plus haut^ qu'il n'a pas tenu à lui d'en faire un esprit fort. Maintenant il va mettre en qu^tion si elle fut honnête femme. 11 faut avouer que M. Grouvelle n'est pas sujet à l'enthousiasme des commentateurs. On se rappelle l'expression élégante employée par l'éditeur en parlant du cœur de madame de Sévigné (1) ; il revient encore sur ce sujet pour se faire la question suivante :

a Dans ses lettres écrites avec tant d'abandon et^ comme « elle dit elle-même, d'impétuosité, ne laisse-t-eUe rien « échapper de l'histoire de son cœur? Voilà, ajoute-t-il, a ce que demande le lecteur sentimental, tandis que le a scrutateur malin de la vertu des femmes voudra savoir a à quel point la sienne (2) eut à combattre, et si la naa ture n'eu avait pas tout l'honneur. » (Notice, p. lui.)

Jamais un lecteur sentimental ne fera une question aussi sotte. Au lieu de demander si madame de Sévigné c( ne laisse rien échapper, dans ses lettres, de l'histoire de a son cœur, d il lira ces lettres, et il dira ensuite oui ou non; et quant aux a scrutateurs malins, » il ne s'en trouvera certainement aucun assez extravagant pour avoir la prétention de savoir à quel point la vertu d'une femme eut à combattre , ni même si elle eut à combattre; car

(1) Suppl., p. 436.

(2) C'est-à-dire, la wrlu du scrutateur. Ici, il D*y a pas d'amphibologie comme ailleurs; ia phrase est parraitement claire. On voudra hien observer que nous ne laissons pas échapper une seule occasion de louer M. Groavelle.

DES LETTRES PE MABÂMB DB SBVIGNi. 449

c^est ce que nul homme ne peut savoir. C'est après ces profondes discussions que M. Grouvelle nous dit finement : c( Mais laissons quelque chose à deviner au lecteur d (p. lui). Et que voulez-vous donc que nous devinions, lorsque vous déclarez vous-même qu^il n'y a rien à deviner; lorsque vous nous dites, dans cette même page, que la médisance même (1) n'a pu prêtée la moindre faiblesse à madame deSévigné; lorsque vous répétez (p. lxi) qu'elle n'avait reçu aucune teinte des travers de son temps ni de sa société; qu'au milieu des intrigues politiques de tant d'hommes et de femmes illustres , vous ne lui voyez pas la moindre lueur de coquetterie?

Si les actions, les discours et les écrits des honmies ne suffisent plus pour les juger, il n'y a pas de raison qui nous empêche de prendre sainte Thérèse pour une courtisane, Fénelon pour un Tartufe, et M. Grouvelle hémb pour un grand écrivain.

Si quelque chose pouvait étonner de la part de l'éditeur, ce serait de le voir terminer son ridicule Avertisse^ ment par cette inconcevable phrase :

a On sentira que les peines qu'il a prises (l'éditeur), ou a plutôt le plaisir qu'il a trouvé à prendre ces peines, a n'est pas le moindre des panégyriques consacrés à cet a aimable génie, o

Si un homme du premier ordre, si la Harpe, par exemple, avait donné cette édition, nous sommes persuadé, quoiqu'il ne connût pas mal ses forces, qu'il n'aurait jamais osé présenter son travail comme un des panégyriques les plus distingués consacrés à madame de Sévigné. Voltaire, qui avait bien aussi une certaine idée de lui-même. ne s'est rien permis de semblable dans son édition de Cor-

(1) CTest la calomnie qui prête des faiblesses : la médisance ne fait que les poblier. Même est Texcès de l*ab8urdilé.

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neîHe. Une seule considération pourrait excuser M. Groovelle : c'est qu'il ne s'est nuUemoat compris loî-iiième. Il y a^ en effet, dans le trait que nous venons de citer^ qu^ que chose de niais qui semble demander grftce pour Ia présomption; mais nous ne savons trop oonunent il arrive que M. Grouvelle a Tart d'exciter au môme degré la pitié et Pindignation. C'est un privilège extraordinaiie de cet aimable génie.

Durant le long et fastidieux examen que nous avons foît de ce misérable travail^ nous avons été continuellemeot obsédé par le même sentiment: c'est le chagrin que cette idée^ conçue par une aussi mauvaise téte^ ne soit pas tombée dans celle d'un homme d'esprit, ami des mœurs et des bons principes, tels que la France en possède encore un grand nombre. Peu de livres serûent plus dignes que les Lettres de madame de Sévigné d'un conunentaire suivie et peu de commentaires seraient plus utiles à la jeunesse et plus sûrs de plaire à tous les ordres de lecteurs. Les Lettres de madame de Sévigné sont le véritable Siècle de Louis XIV. Le livre qui porte ce nom nous présente, comme beaucoup d'autres , les événements de ce siècle. Madame de Sévigné nous peint mieux que personne le siècle même. Ce que d'autres nous racontent, elle nous le fait voh* : nous assistons à tous les grands faits de cette époque mémorable; nous vivons à la cour de Louis XIY et dans la société choisie de ce temps. D est impossible de lire une de ses lettres sans trouver un nom sacré; rien n^égale le charme de cette lecture. Tous ces grands hommes sont en mouvement; on les admire dans les autres livres, dans ces lettres on les fréquente.

Mais ce sentiment délicieux se tourne en indignation contre ce plat et coupable éditeur qui. a osé y apporter son abjecte médiocrité, et toute la corruption d'un cœur gangrené jusqu'à la dernière fibre.

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Nons sommes loin de blâmer la modestie des andens éditeurs, qui ne se sont permis que des notes de pure nomenclature; mais enfin, si Ton veut parler et raisonner, il n^y a pas de champ plus beau. Et que dire d^un homme à qui les plus grands noms de la terre et les événements les plus mémorables et les plus intéressants n'ont pu inspirer une seule ligne qui ne soit pas un crime ou une absurdité? Non-seulement il ne sait pas adnûrer, mais il calomnie, il outrage; il falsifie les objets, il dénature les plus belles choses. Y a-t-il, par exemple, un événement particulier plus intéressant que la profession de la duchesse de la Valliëre? £st-il possible d^magmer un plus grand sacrifice fait à la religion, aux mœurs, à l'opinion publique, etc ?

Quel spectacle que cette église des Carmélites, remplie de tout ce que la capitale avait de plus illustre ! ces lumières de la France, non plus, comme dit Bossuet, obscurcies et couvertes de leur douleur comme d'un rivage^ mais brillantes de toute leur clarté ! ces princes guerriers, ces pontifes ! Thumble victime aux pieds de la reine de France, recevant le voile des mains de son auguste rivale ! Louis XIV dans toute sa gloire , d'autant plus présent qu'il n'y était pas! et Bossuet en chaire, parlant de notre malheureuse nature ut nunquam humana vox (1) !

Rien n'empêchait l'éditeur de faire, à propos de cette femme célèbre et de cet événement remarquable, ce qu'il aurait dû faire toute sa vie ; mais, puisqu'il voulait absolument parler, voyons ce qu'il a dit.

(I) Madame de Sévîgné, qui n^avait point assisté à la cérémonie, écrit (t. III, p, 18 que le sermon de ce grand homme ne fut point aussi divin qu'on Vespérait. Ce qui signifie que la première personne qui lui en parla était une tête légère; ou qu'on fut moins surpris parce qu'on attendait un miracle, comme l'expression môme le fait sentir. Quoi qu'il en soit, sans parler ici du sermon entier, qui fait naitre de grandes réflexions, le morceau que nous avons en vue est d'une telle supériorité, que jamais homme inassisté n'a pu s'élever à ces idées ni à ce ton.

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« n y avait plus de trois ans que la duchesse de la Ta}a lière ne recevait à la cour que des affronts de sa rivale a etdds duretés du roi. Elle n^y était restée» disait-elle, « qi'e par esprit de pénitence ; elle ajoutait : a Quand la « vie des Carmélites me paraîtra trop dure, je me souvien- « drai de ce que ces gens-là m'ont fait soufTrir d (montrant a le roi et madame de Montespan). d (T. m^ p. 18, note.)

Voulez-vous connaître un grand caractère? racontez-loi une grande action. A Tinstant il s'enflanmie^ et la porte aux nues. L'effet contraire dévoilera le vilain. Citez-lui ce qu^on a vu de plus sublime dans Tunivers^ depuis le sacrifice d* Abraham jusqu'au combat des Thermopyles, et depuis le dévouement de Décius jusqu'à Vimmolatiom de Louis XYI; son premier mouvement sera de rabaisser. Ri( de plus naturel : Tun exalte ce qui lui appartienl^ Tat j*e déprime ce qui lui est étranger.

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