‹ Lettres et opuscules inéditsChapitre 112 sur 166 · RÉFLEXIONS SUR LE MOMENT · texte numérisé non relu

RÉFLEXIONS SUR LE MOMENT

ce qui a moins de quarante ans en France^ c'est-à-dire toute Parmée et la moitié de la nation^ ne connsdssent les Bourbons que comme les Héraclides ou les Ptolémées. Depuis 1789^ nulle instruction morale et religieuse^ nulle noblesse^ nul sacerdoce^ nulle grandeur morale d^cune esflëce : la guerre^ et rien que la guerre. Depuis quinze ans }es Français sont élevés* dans la crain^ei V amour de Bonaparte; il n'y a pas un soldat françaîT qui ne puisse dire:

Je ne connais qae lai, sa gloire, sa paissance. Vivre soos ce grand homme est ma seule espérance : Le reste est on vain songe»

Dans lés collèges^ dans les académies, au théâtre^ à l'église comme au corps de garde^ il n'a entendu parler que de Bonaparte. Chez lui, il a vu les ambassadeurs étrangers et tous les signes de la fraternité souveraine; hors de chez lui, il a vu ]|s ministres de son maître reconnus^ «ffaressés, fêtés, et presque adorés; il a vu en même temps le nom du roi de France soigneusement étouffé, et les moindres hommages rendus à sa légitimité, comme les moindres doutes manifestés sur celle de Bonaparte, mis au nombre des crimes dignes de la défaveur solennelle du souverain. Ajoutons la grande considération attestée par toute l'histoire et par la nature de l'homme, que jamais une armée ne se détache du capitaine qui Ta fait vaincre; et ron verra que l'attachement de l'armée française n'a rien que de naturel et d'excusable. C'est la fidélité proprement dite : l'objet est faux, mais le sentiment est bon. Ce sentiment se serait rectifié par le temps ; mais puisque Bonaparte a reparu, il faut que l'armée disparaisse, il faut dissoudre cette fidélité infidèle. Les vertus et la sagesse dn roi ne seront pas inutiles; elles agiront sourdemmt^ mais

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