‹ Lettres et opuscules inéditsChapitre 114 sur 166 · A Hiailaaie 1» coiAteiM dé MàtKw^BL · texte numérisé non relu

A Hiailaaie 1» coiAteiM dé MàtKw^BL

Saint-Pétenbonrg, 19 avril (i** mai) I8I&

Voilà qui est fini^ Madame la comtesse; je ne vous laisserai plus aller à Paris, dès que vous souffrez de tels scandales^ je ne dis pas à votre barbes cela ne serait pas exact, mais au moins sous vos yeux. Je conçois la tristesse qui a dû vous percer et vous transpercer à cette funeste époque. La mienne est beaucoup moindre^ Madame; car je suis bien persuadé que l'arrivée de Bonaparte en France sera^ en définitive^ très-avantageuse à Tensemble des choses. Il y aura (peut-être même) de grands maux individuels et préliminaires; et Pimmense corruption que vous me peignez si vivement exige encore, suivant les apparences, quelques remèdes violents; mais à la fin tout s*a^ rangera, au grand étonnement de ces hommes d^ât

De qui le cerveau s'alambiqae A cberctier l*aD climatérique De l*étel*nelle flear de lis.

On s'alambiquait du temps de Malherbe tout conune à présent, et avec autant de raison. Les protestants avaient divisé le royaume en départements^ tout oomiM il Test

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aujourd'hui. Ils avafent des plaças de sûreté : la RoeheDa surtout^ d'où ils communiquaient en pleine liberté aveclai /rér05 d'Angleterre^ etc. Tout alla comme vous aaves» Madame. Assurément^ je ne veux pas comparer les épo^^ ques en tout : cependant tout finira de même, quoique nous ay<His le cardinal de Bayonne au lieu de Richelieu. Je suis aussi beaucoup plus indulgent à l'égard de la na^ tion et de Parmée ; aucune nation de l'univers n'a subi une épreuve de C(HTuption égale ni comparable à celle que la France a essuyée. Partez de la régence ; repose2<-vous sur renseignement plûlosophique d'un demi«siècle; arrivez à Faimable révolution de vingtnnnq ou trente ans ^ et de* mandez-vous, Madame la comtesse, ce que serait toute autre nation placée dans la même circonstance. Je m'étonne qu'il y ait une fibre saine dans tous ces cœurs fran* çais. On Ta jugée trop tât, d'ailleurs^ sous le rapport de la non-résistance. On se représente une nation conmie tmê personne, qui s'assied, qui se lève, qui se bat^ etc. Ce n'est pas cela^ Madame; il faut donner à vingt-cinq millions de vol(mtés le temps de se reconnaître, de se déci-* der, de s'unir, etc. Qui sait ce qu'elles feront? Quant à l'«r* mée, je vous ferai la question que j'adresse ici à beaucoup de monde : Croyez-vous, Madame, que, si un homme s*at« tachait jusqu'à la mort à une coureuse, on s'avisât de le traiter de volage? Il me semble, au contraire, qu'il n'y aurait qu'une voix pour dire : Voilà de la constance bien mai placée. C'est tout à fait la même chose. Madame : l'armée française est fidèle par essence. Elle ne sait ce que c'est que ces Bourbons qui nous sont si chers, et si juste* ment chers.

Je ne connais que lui» sa g^o're, aa puissance* Vivre sous Bonaparte pst ma seule espérance : Le reste est un vain sook^*

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Elle suit l'homme qui la fait vaincre. Ce sentiment est inné dans l'esprit du soldat : toutes les pages de lliisUMre en font foi. Au lieu de nous étonner de cette fidélité, il fendrait nous frapper la poitrine pour Tavoir créée &k grande partie. Ce sont nos basses adorations qui ont produit en partie le prestige qui environne le faux dieu. Ajoutez^ Madame la comtesse^ que le traité de Paris accoupla malheureusement dans la tête de tout soldat fi^mçais ridée de ses revers à celle des Bourbons^ conmie celle de ses triomphes à celle de Bonaparte. Le traité sera la justice même, tant qu'il vous plaira : ce n'est pas de qaoi il s'agit. Maintenant^ il s'agit de légitimer cette fausse fidélité; c'est mon libertin de tout à l'heure qu'il &ut marier à une honnête femme. — Dieu préserve qu'il diangeât de caractère ! Il suffit qu'il change de mœurs. — Je crois toujours^ Madame^ que tout ira bien à la fin; mais de savoir ce qui arrivera avant le retour du roi^ c'est ce qu'il n'est pas possible de prévoir. — Les Français pourraient fort bien dispenser les alliés d'un nouvel effort : c'est ce qu'ils feront^ s'ils ont le sens commun. Quant à moi^ Madame , il se pourrait fort bien que cette nouvdie secousse rendît ma situation encore plus dure. Je crains d*étre firappé de nouveau, mais non d'être défiguré, car la fortune ne peut plus frapper que sur une cicatrice.

Vous êtes attendue^ Madame, par toute ma famille, à bras ouverts. Je leur ai parlé de vous et de tout ce qui vous appartient, comme vous pouvez l'imaginer. Venez vite. Madame la comtesse; à quelque chose malheur est bon. Je vous croyais capable de tout, en fait de voyage. Mais l'excellent Corse est arrivé ; crac ! vous voilà à Chrestowsky. Mille amitiés des plus tendres à monsieur le comte, et mettez-moi^ je vous prie, aux genoux de cette grave Catache^ notre maîtresse à tous sur le participe pas-

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sif. Quant à madame sa mère, il me semble bien aussi que je Taime un peu.

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