‹ Lettres et opuscules inéditsChapitre 130 sur 166 · A U. le mar^ulH Henri de Costa · texte numérisé non relu

A U. le mar^ulH Henri de Costa

Saint-Pétersboarg, 3 (16) Juillet I8I(W

Vous avez cacheté votre dernière lettre, mon cher et digne ami, avant de pouvoir me dire votre avis sur mon dernier ouvrage que vous teniez; et moi, je suis obUgé de cacheter celle-ci sans avoir pu, malgré mes plus grands efforts, aller au delà de votre premier volume : heureuse^ ment, il me suffit pour juger parfaitement de l'ouvrage. Juste mesure, simplicité élégante, libei^té honnête, choix heureux et sage disposition des matériaux, c'est ce que j'admirerais dans votre œuvre, quand même elle serait partie d'une main indifférente. Vous avez fait un vrai pré" sent à vos compatriotes, qui disent, comme tous leurs contemporains : Les longs ouvrages nous font peur. ...

Enfin, mon cher ami, je vous rends grâces de tout mon cœur, et je sais ce que je vous dois, au pied de la lettre* Vous aurez dû plaire infiniment à mon docte cousin le comte Napion, que j'ai vu jadis fort courroucé de l'insolente proposition qu'on ne pouvait faire lire une histoire de Piémont, Je ne doute pas qu'après avoir lu vos deux derniers volumes, je n'aie de nouveaux éloges à vous adresser. J'ai pâmé de rire de ce que vous me dites des magncUs. Quant à Son Altesse Sérénissime monsieur le

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public, je suis bien aise qu'il en use bien avec vons^ et qu'il vous donne des preuves de son approbation. D est impossible, au reste, que cet ouvrage ne plaise pas. J*^ particulièrement remarqué^ distingué et approuvé Fait ^i avec lequel vous avez su, sans la moindre affectation, en* cadrer çà et là les meilleurs noms du pays. Au reste,! ||, n'y a que justice. Vous m'avez rappelé^ par le contraste, les platitudes du bon Grillet.

Je n'ai pas trouvé dans Tépttre dédicatoire votre pfffection et votre élégance ordinaires. Je remarque aon que vous permettez, çà et là^ au marquis Ck)sta l'usage de l'adjectif accolé au pronom, de cette manière : eeUu résultant, au lieu de celles qui résultent; ce qui est eoB- k traire an dogme français. Je ne dis pas que ce sœttootà ^ tait une hérésie^ mais c'est un schisme. Je vous dis oed uniquement pour vous donner^ par mes critiques, Qtt pleine confiance à mes éloges; et conune je ne doute pL d'une seconde édition , je me réserve de vous envoyer ont liste de mes animadversions, si j'en trouve le sujet efl avançant.

A votre tour, mon digne anû, je vous sonmie de m'cavoyer une dissertation hypercritique sur les Délais dek^ justice divine. Je ne me rappelle pas d'avoir jamais riei travaillé avec autant de soin : j'ai écrit trois fois ce beat traité de ma propre main; il a été lu ligne par ligne sir k le grec par un habile helléniste^ qui ne m'a fait qu'ime ^ observation dont vous pouvez juger sans savoir la langue. n s'agit de savoir si la mère carthaginoise, obligée de ?oir brûler son fils, était exposée à perdre tout à la fois ete9 fils et le prix de ce fils» ou bien à perdre et son fils et r honneur, et supposant seulement que le même mot grec TtfA^ (timé) signiiSe prix et honneur. Vous êtes en état de dire votre avis.

Je n'ai point encore vu mon ouvrage; Dieu sait oooh

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