A H. LB MARQUIS HENRI DR COSTA
ïnt on aura imprimé à huit cents lieues de moi le grec le latin! Le bourreau de libraire a mis encore mon nom^ Qtre ma défense la plus expresse. Les Considérations r la France m'ayant mis à la mode de ce pays^ mon nom ut aider au débit; la bonne foi^ la parole d'honneur^ signifient rien, -^P Honneur est un vieux saint que 'H ne chôme plus. — Mes portefeuilles recèlent dans ce >ment des ouvrages considérables, — ce qu'on appelle s ouvrages; mais qu'est-ce que cela vaut? et comment urronlrils paraître ? c'est ce que j'ignore : la chose dé- Qd en grande partie du sort qui m'attend. D vous souvient^ mon cher ami , de ma devise si philopbique^ /nimici§ juvantibus. Pour cette fois^ je vous voue, je crains que les aquilons ne remportent; la baice aujourd'hui penche tout à fait du côté de Bissy, mais ut-étre qu'il en sera tout autrement. ......
lieu mille fois, cher et excellent ami; ma femme et 3s enfants vous disent mille tendresses. — Voilà une tre pour cette aimable Clémentine, que je chérirai toute lyie. Pauvre mère! ah ! que de chaginns ! je les partage tout mon cœur : dites-le>lui, je vous en prie. Ce coup ; bien perçant après tant d'autres. — Henri, je vous nercie encore de votre livre, et je vous serre dans mes
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125, .«A madame de SweieMn.
SaiDt-Pétersboorgy 4 (I6 août) I8I6. i,^
Voilà deux lettres^ excellente Sophie, qui m'ont été »h^ mises par le consul d'Angleterre de la part de lord Wal-| j^ pôle. A ces deux lettres étaient jointes un certain iim sur les prophéties que vous aviez bien voulu demandv poui^moi^ comme il vous en souvient probablement^ et deux pamphlets assez volumineux comme tels. Ce sort des poèmes de lord Byron sur les batailles de Talavmet de Traialgar. Ceci^ Madame^ vous appartient particoli^lpi rement^ ainsi qu'un numéro de je ne sais quel papier |Nh blic, où Ton dit des vérités assez dures à ce poéteJorJ; mais comment faire? Vous courez le monde^ et daxfit jour vous éloigne de nous : il n'y a pas moyen de ^(^i^ faire parvenir cela. ^^
Quant aux livres sur les prophéties, je n'ai pu encoie ^ qu'y jeter un coup d'œil très-rapide, et j'ai pu voirseut |^ ment: 1° qu'il adopte le système des millénaires, que J8 ^ n'explique point à une personne aussi instruite que vous; ^ 2** qu'il adopte un autre système, purement anglais, fit j^ que vous avez admiré déjà dans le livre de M. Buchaïul )^ sur les missions asiatiques, savoir, que le pur christii' ^ nisme a été déshonoré par deux apostasies : celle de tt- j(j| homet en Orient, et celle du pape en Occident. The fi ^g^ duration of popery heing of 1290 years^ and that ofiMr ,j^^^ hometan power about 1240. Or, comme (d'après Pauteart ^ ces deux apostasies ont commencé ensemble ou à peu pris if^ vers le sixième siècle, vous voyez. Madame, que le com- ^^j mencement du règne de mille ans ne saurait être foH u^^ éloigné. ut
L'auteur de ce dernier livre est M. James Hastley Frerei
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mais on voit^ par son livre^ que cette opinion est à la mode à Londres parmi les grands théologiens. Là-dessus^ Madame^ il faut dire comme le cordonnier de Paris : Voilà cependant tëtat oiije serai dimanche ! — Nous avons tous aotre dimanche , mais celui de ces messieurs est ter^ rîble.
Depuis votre départ^ Madame^ nous avons eu deux fois de vos nouvelles par madame la princesse Alexis Gollitzin; Dous savons que vous étiez en bonne santé^ et c'est beaucoup. Lorsque vous serez assise dans quelque bonne ville, vous nous donnerez d^autres détails. Si madame la prmcesse ne brûlait pas impitoyablement toutes ses lettres^ je la prierais d'en poser une sur un fauteuil vide^ dans toutes nos réunions; car^ après vous, il n'y a rien de plus vous que votre pensée. Cependant^ ce serait encore viande €reuse. Votre absence^ Madame, laisse un grand vide dans notre société. Il m^en coûtera bien moins de disparaître à mon tour, en songeant que vous n'y êtes plus. Ce grand moment^ au reste, n'est point fixé. Voilà Fempereur qui part pour trois ou quatre mois ; pendant ce temps, je ne pourrais donner mes lettres de récréance, quand même elles seraient sur ma table. Je suis bien loin d'ailleurs d'être encore d'accord avec certaines personnes sur certains articles, de sorte que, quoique le principe soit dé" erétéy la rédaction ne Pest pas: le croiriez-vous. Madame, je ne me tiens point encore sûr de ce qui arrivera, tant je connais mon étoile, qui m'a constamment fait atteindre ce que je ne désirais pas, en m'écartant de ce que je demandais; mais je dois dire, à sa décharge, qu'elle a toujours agi pour mon bien. En 1803, par exemple, je puis vous assurer sur mon honneur que je n'avais pas la moindre envie de vous connaître (ceci est grossier); et cependant Vétoile avait résolu alors de me faire présent d'une amitié faite pour donner à la fois orgueil et bonheur. Conservez-
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Ift-moi bieo^ bonne et respectable amie : savoir tout ce qu'elle vaut^ n'est-ce pas un peu la mériter?
Je griffonne maintenant^ et même j'ai fort avancé le se^ cond livre de cet ouvrage^ dont le premier vous a été lu; il me semble que cela vient 9 mais un départ rompra tout
J^ai fait l'effort d'aller à la fête de PeterhoflF, pour b faire voir aux dames, qui en ont été frq[)pées. Elles ootété traitées supérieurement par les deux grandes datm A logiSf ce qui a été fort remarqué. Celait ^ à ce qu'il vil paru, un équilibre arrangé d'avance par une habile mail. La fête a fini bien tristement. Un coup de vent furieux 1 fait chavirer plusieurs barques qui revenaient à Sainte Pétersbourg chargées de monde. On varie sur l'étenduedn mal, comme vous le s^tez bien ; mais il est grand. Lapo* lice dit pa$ cinquante ^ et le public dit quatre cents. Je ne crois ni la police ni le public; mais en passant au voiSffh c'est encore un terrible événement,
La fille cadette de la princesse Lubomirska est mortel t y a deux jours, après vingt-huit heures de convulsioQS ^ produites par la dentition : la maman est enceinte, etk grand-papa fort malade : le bon empereur fait mervdllei I dans cette maison, Bcm Dieu, le vilain monde ! Je ne sotf pas étonné qu'on ait envie du règne de mille ans.
Toute ma famille. Madame, du moins la partie coiffîe, vous envoie mille tendresses; Rodolphe vous fait saprO' fonde révérence, — Et moi. Madame, que vous diraif donc à la fin d'une lettre? Que f ai l'honneur d'être, e\i^ •«iMafoinon!
À m. DK R... 431
1S6. — A M. «• WL..., à Mmi&h
SUB LES jésUITBS.
Saint-PétenlMMirg, leptcnibre |8I«.
Vous me parlez dans presque toutes vos lettres des Jesuites^ mon cher ami, et toujours assez ridiculement; je ▼eux, une fois pour toutes, vous dire ma pensée sur ce point.
Sans doute j*aime les Jésuites, que j'ai toujours regardés comme une des plus puissantes institutions religieuses, un des plus admirables instruments d instruction et de civilisation qui ait existé dans l'univers. Parlez à un ennemi des Jésuites, au premier que vous trouverez sous votre main; demandez-lui s'il a fréquenté ces messieurs, s'il avait parmi eux des amis, des directeurs, des conseillers, etc.; il vous répondra : Aon, et peut-être. Dieu m'en préserve / Et si vous lui citez leurs amis, il ne manquera pas de vous dire qu'ils sont amis, et qu'il ne faut pas les croire parce qu'ils sont suspects; en sorte que les Jésuites ne sont véritablement connus que par ceux qui ne les con* naissent pas. C'est un magnifique théorème qui mérite d'être encadré,
U n'y a rien de û niais, mon très-spirituel ami , que ce que vous dites après tant d'autres, que, puisque les Jésw^ tes étaient détruits, il ne fallait pas les rétablir; c'est-à* dire, par la même raison, que, puisque le roi était tombé de son trône f il ne fallait pas fy replacer. Par quelle rai^ son, par quelle loi, par quelle convenance, une excellente chose, une fois abattue, ne doitr-elle plus être relevée? Vous me direz : Cest une question de savoir si la chose est excellente. Fort bien, mon cher ami ; c'est ce que les jaco«*
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bins disaient de la royauté; et dès qu'il sera (Nrouvéqi» les Jésuites ne valent rien^ il sera prouvé aussi quH ne fallait pas les rétablir. Nous attendrons d(Hic la démonslRtion.
Je vous donnerai une règle sûre et facile pour jugeries honunes ainsi que les corps. Cette règle est in&ilUUe. Di côté des jésuites^ je vous nonunerai tout ce que le monde a produit de plus excellent dans l'ordre de la sainteté, de la science et delà politique. — Et quels sont leurs enn^ mis? Tous les ennemis de Dieu, tous les ennemis de ftr glise^ tous les ennemis de l'État. — Vous me direz : Estce qu'il n'y a pas de fort honnêtes gens parmi leurs enn^ mis? Hélas! oui^ mon cher ami; mais ces honnêtes geos se trouvent sur ce point en trèsnnauvaise compagnie, ce qui n'arrive pas aux amis de cette sodété. Gep^idant, malgré la très-juste affection que je leur porte^ si j'étss ministre^ je n'irais point trop vite. J'aurais toujours devant les yeux deux axiomes. Le premier est de Qcéroo : N'entreprends jamais dans l'État plus que tu ne peux persuader. L'autre est de moi^ indigne : Quand tu bcîgnes un fou, ne f embarrasse pas de ses cris. H faut prêter Po* reille à ces deux maximes^ et les balancer l'une par Fantre. Je crois bien que G... se plaint ! J'ignore cette nuh nière dont vous me parlez, mais je gagerais qu*il s'agit de quelque fabrique de boutons ou de lacets^ supprimée peutêtre pour y substituer d'inutiles moines f ! Tel est le siècle! un corps enseignant^ prêchant^ catéchisant^ civilisant, instituant^ etc.^ ne vaut pas pour lui une échoppe de quincaillerie; il donnerait la régénération d'une âme humaine pour une aune de taffetas. Qu'un souverain vienne à jeter quelques gouttes d'eau rose sur cette boue^ elle ne manque pas de crier : Vous me salissez! Il faut la laisser dire et verser double dose^ à moins qu'il n'y ait un très-grand danger.