A mademoiselle Constanee de Halstre
Tarin, 16 septembre I8I7.
Tiens^ follette^ voilà une lettre de Saint-Pétersboov , que je crois de ton oncle. J'ai reçu la tienne du 10, CostH nue toujours à m'envoyer tes admonitions tendres et floquentes : elles m'amusent infiniment^ pas davantage, mi chère enfant, mais c'est beaucoup. J'aime ton esprit, km même qu'il ne me persuade pas du tout. Je serais mi grand sot si, à mon âge, je ne me connaissais pas du tout; ou, pour mieux dire, si je ne me connaissais pas parfinlement. Or, l'unique chose qui me distingue d'un sot, c'est de savoir en quoi je suis sot. Je sais bien servir les hommes, mais je ne sais pas m'en servir : l'action me manque. La troisième personne de la trinité humaine qœ je n'ai pas tant mal déchiffiée, ce me semble, est blevée dans moi. Je voudrais vouloir ^ mais je finis toujours par penser, et je m'en tiens là. Tout ce que tu pourrais dm, ma bonne Constance , est parfaitement inutile ; tu ne me feras pas remuer ! Comment pourrais-je agir sans vouloirT C'est cependant l'état où je suis, car je suis fort é d'avoir une volonté déterminée ! Un certain mouv