A H* le Ticomte de Bonald
Tnrio » 15 DOf embre 1817.
Monsieur le vicomte ,
CS^ qu^on appelle un homme parfaitement âe^ajopoen^^, » fct moi lorsque je ne vous trouvai point à faris , au d'août dernier. Conune on croit toujours ce qu'on !, je m'étais persuadé que je vous rencontrerais en- Mn; mais il était écrit que je n'aurais pas le plaisir de litre personnellement Thomme du monde dont j'esle plus la personne et les écrits. Pour me consoler, it que la chose était possible^ ma bonne fortune me mte deux de vos ouvrages : votre fils et vos pensées, MÎMilies plus intéressantes encore, parce que le second oufitfe était présenté par le premier. Il m'eût été bien igriable. Monsieur le vicomte, de pouvoir jouir à mon fliie'de la société de M. l'abbé de Bonald; mais il m'est mfvé ce qui arrive à tous les étrangers : le tourbillon m*u saisi , et ne m'a abandonné que lorsque , tout étourdi •i tout haletant^ je suis monté dans ma voiture pour me midre à Turin. La cour, la ville, les Tuileries, les Variélés» le Musée, les Montagnes, les ministres, les marchands, lËi choses et les hommes sç sont si fort disputé ma pau*
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vre personne^ qu'il me semble aujourd'hui n'avoir fait et n'avoir rien vu, et que je ne suis pas même sûr d'avoir été à Paris. Je crois néanmoins^ en y peuMBl mûrement^ que réellement j'y ai été^ et que j'ai pu mène y faire quelques observations. J'ai bien senti^ par exemple, ce que je ne sais quoi qui fait de Paris la capitale de l'Europe. Il est certain qu'il y a dans cette ville quelque chose qui n'est pas dans les autres; il n'en est pas, je crois^ où rétranger soit plus à son aise^ plus chez lui^ â je puis m'exprimer ainsi; sans doute je n'ai pu y séjouma assez pour... Mms je ne veux pas faire un essai sur Paris. Je cours à vos pensées^ dont j'ai été enchanté : elles sont tour à tour jolies^ belles, fines, consolantes, profondeii pointues, etc., etc., etc. Il en est aussi qui sont des thèêUf des sujets de discours; mais, en choisissant celles qui qn partiennent plus particulièrement à la classe des maximes ou qui s'en approchent, on en ferait encore un excelkat volume qui vous mettrait à côté des plus excellents ptih siers français. Après vous avoir exprimé ainsi mon jugement avec une parfaite franchise, je ne sais comment fure pour vous exprimer aussi le plaisir que m'a fait éprouver une coïncidence d'idées telle que peut-être il n'en a jip mais existé : j'ai peur qu'il n'y ait de l'impertinence à fidie cette observation. Mais, bon Dieu! je ne sais qu*y faire. La chose est ainsi; et si j'avais l'inexprimable plaisir de vous voir au milieu de tous mes papiers, je vous amme^ rais vous-même, Monsieur le vicomte, en vous montnnt dans mes griffonnages ce que les théologiens appellent loca parallela. Dites-moi, je vous prie, si vous n'avez point senti que je vous sautais au cou après avoir lu ce que voos dites en deux ou trois endroits de ce détestable GondiUaCj l'idole fatale de la France, et l'instituteur de votre jeuneoe. Vous faites aussi bonne justice de monsieur son frère, el même de Buffon. Mais Buffon me rappelle une anecdote