‹ Lettres et opuscules inéditsChapitre 23 sur 166 · A M* le comte d'Ayaraj^ à VLîga · texte numérisé non relu

A M* le comte d'Ayaraj^ à VLîga

Saint-Pélersboarg.

Oui, sans doute, Monsieur le comte, Salomon a raison: les blessures faites par un ami valent mieux que les caresses d'un flatteur. Cependant, il vaudrait mieux que l'ami ne blessât pas. J^espère qne ne vous ai pas blessé. Comment pourrais-je vous avoh* déplu en ser\'ant, ou même en tâchant de servh» votre maître? Maintenant, tout est

▲ M. LB COMTE D'aYARAT. 61

dit Jacta est aléa! Nous verrons l'effet. Je crois ^ comme j'ail^onneurde le dire à S. M. dans la lettre ci-jointe^ que^ dans rétat actuel^ la pièce est absolument irréprochable sur le fond des choses. Il n'y a que Particle des biens nationaux qui me fait trembler, plus peut-être que si vous n'en aviez pas parlé du tout. Sur ce point , il n'y a qu'un cri : de manière qu'il faut que vous ayez raison contre tout le monde, ce qui est un peu fort. Cependant, je vous avoue qu'il s'élève dans mon cœur certains mouvements qui me font balancer, malgré la détermination absolue de la raison. Je me dis comme Montaigne : Que sais-je? FI arrive des événements si extraordinaires ! On comptera si peu les voix, si jamais le roi est rétabli I et, dans ce cas, ce serait pour lui un si grand bonheur de n'avoir rien promis ! etc. Bientôt je me reproche de prendre des désirs pour des raisons : puis j'en reviens à l'instinct royal, comme je vous disais Tautre jour. Je m'examine moi-même : je me juge, je me réfute, je me défends. Je ne sais si je suis superstitieux ou raisonnable, politique ou romancier. Qiie saisje? Encore une fois, jacta est aléa !

La manière dont vous répondez à mon billet particulier augmenterait l'estime que j'ai pour vous, si elle pouvait augmenter. Certainement, Monsieur le comte, il y a bien peu d'honunes qui vous rendent justice autant que moi. Le mot de fidélité est bientôt prononcé; mais une fidélité telle que la vôtre, un dévouement aussi parfait, aussi désintéressé, aussi énergique, ne sont pas des choses communes. Il est fort aisé, comme vous savez, de vous entendre blâmer. Mille fois j'ai rompu des lances pour vous ; mais comme la calomnie a souvent un noyau qui demande attention, le zèle de votre maison, qui me dévore, ni^avait pour ainsi dire extorqué ces lignes. Si jamais j'ai le trèsgrand plaisir devons revoir, je veux suivre le texte, car il est important, et jamais on n'écrit tout.

0S una 1806

Ckmseirez-moi Toire amhié^ Mcmsieiir fe ocmile, et so^ bien penoadé que je mets la ?Mre an rang de ce que je possède de plus prédeos. Je toos souhaite force et sandé autant qoH TOUS en faut pour répondre à TOtre infatigabb acthité, et je souhaite que ce zèle amqae reçoÎTe enfin la couronne dn soccès. Je sais qoH ^Kx^epterait celle da martyre^ sH le fallait. An fond^ votre situation est hiea nn martyre : la persécntion voos lime au lien de tous assommer; c^est tonte la différence, et je ne sais en Térité si elle est en faveur des limés ou des assommés. .

Agréez, Mon^ur le comte, etc.

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