NOTICE BIOGRAPHIQUE
savoir à S. li.Vpi*il ne la suivait pas en Sardaigne, de crainte d'être à charge dans ces tristes circonstances ; mais qu'il mettait sa personne conmie toujours aux pieds du roi, prêt, au premier appel, à se rendre partout où il pourrait lui consacrer sa vie et ses services.
Après la brillante campagne de Souwaroff, le roi de Sardaigne, rappelé dans ses États par la Russie et l'Angletipie, s'embarqua à Gaj^ari sur la foi de ces deux puissances, et nMnt sur le continent Le comte de Maistre quitta alors Venise ; maii^ en arrivant à Turin, il n'y trouva pas le roi. Le grand marédial, ptjfnco, manifestes multipliés, rMilissait solennellement l'autorité du roi, énonçant même les ordres précis de Tempereur son maître sur ce point; mais rAutriche s*y opposa avec tant d'ardeur et d*obstinar tion, qu*elle fit plier ses deux grands alliés, et qu'elle arrêta le ia| à Florence. C'est de là que le comte de Maistre reçut sa nominatioa au poste de régent de la chancellerie royale en Sardaigne (premioe place de la magistrature dans l'Ile). Qsiie nomination, en faisant cesser ses tortures physiques, lui prépaurait des peines d'an autre genre. Pendant les malheureuses années de la guerre, l'administration de la justice s'était affaiblie dans Pile de Sardaigne ; les ven* geances s'étaient multipliées, les impôts rentraient difficilement, et il régnait dans la haute classe une répugnance extrême à payer ses dettes. Le comie de Maistre eut à lutter contre de grandes difficultés, qu'il ne fut pas toujours à même de vaincre ; malgré cela, son départ fut accompagné des regrets publics d'un pays où sa mémoire fut encore longtemps en vénération.
Étant en Sardaigne, le comte de Maistre eut connaissance par les journaux du décret de 1802 sur les émigrés, qui enjoignait à tous les individus natife des pays réunis à la France de rentier dans un délai déterminé, et, en attendant, de se présenter an résident français le plus rapproché de leur domicile, pour y faire la déclaration prescrite et prêter serment de fidélité à la république. M. de Maistre adressa alors à M. Alquier, ambassadeur de la république française à Napks, un mémoire dans lequel il exposait
• qu'il n'était pas né Français, qu'il ne voulait pas l'être, et que, « n'ayant jamais mis le pied dans les pays conquis par la France, « il n'avait pu le devenir ; que puisque, aux termes du décret du
• 6 floréal, c'était dans ses mains qu'il devait prêter le serment « requis, c'était aussi à lui qu'il croyait dffroir déclarer qu'il ne « voulait pas le prêter ; qu'ayant suivi constamment le roi son.