A madanie de (iaint-Béal
Saint-Pclersbourg, 23 (10) août 1806.
Je profite avec empressement, ma chère amie, de l'occasion de M. le chevalier Manfredi , qui part sur l^escadre russe et qui touchera en Sardaigne, pour te griffonner quelques Ûgnes. Tu le verras, tu lui parleras ; il m'a vu, il m'a parlé : c'est une éponge que tu exprimeras à ton mse.
Le défiance générale que j'ai pour tout ce qui se pense et se fait en Sardaigne, me fait encore défier (ou me défier) extrêmement de tes chères mines (1) , et rien ne me fait faire plus mauvaise mine, car je voudrais bien te voir une fois jeter l'ancre, ma bonne amie ; mais, hélas ! qui peut jeter Tancre? J'avance moi-même comme un colinmaillard, les bras tendus en avant, de peur de me cogner la tête, et toutefois sans répondre de rien. Certains côtés
(1) IC de SaiQt-Réal avait été oommé inspecteur général des mines. I. î
de ma ponfim «wt favoraUes;; d'Inlres Bele^oirtns. Que ne domerais-je pas pov te tw ime âenn-bearel je te dévoilerais de beaux mystères. Te ra^JeBes^ p» hasard la servante d'un certain curé de notre coimaîsaaBoe qpn dfeait sur le toinbeau <Ie son cher maître, trépassé de^ puis un mois ou deux : Monsieur le euré^ dUes-^moi «a moi seulement, un seul moi; je vous dirai comment les ^oses vont. Moi je dis à peu près de même : Ma chère NanCf dis-moi seulement un mot, un seul mai ; dis-moi jue tu m^entends, et je te dirai comment les^iioses vont.
Ah! comme elles iraient pourtonfrère ri, si>eflesal- '
laient mieux ! Voilà qui est bien clair, et tu ne peux pas te plaindre que je t-épargne les détails. Tant il y a que de ce côté, je ne puis être mieux traité que je ne le suis • mais 3 faut se mettre à ma place : outre que je ne suis pas chimiste, et que je n'ai même ni goût ni talent pour cette science^ il me serait absolmnent impossible de faire donner des leçons de ce genre à mon petit Rodolphe. Ce pays est un autre monde, sur lequel on ne peut raisonner quand on ne le connaît pas à fond. Ton neveu ai^ireodle rosse pour tâcher de se combiner avec la fortmie, oe que nul être de sa famille n'a su faire jusqu'à cette heure présente. Qmmt à Voxygène^ je suis son très-humble serviteur; mais j'espère qu'il continuera à se combiner dans la combustion sans que je m'en mêle, et sans qu'on sache ce que c'est que le feu mieux qu'on ne le saviût il y amiUe ans. Ah! madame la Chimie, alliez-vous, de ^oe, à ma* dame votre sœur la Minéralogie^ pour donner une ixnne oiaison à mon cher Alexis; et je vous célébrerai de tout sion cœur, et toute ma vie, et en fort bons termes. Mais si vous me ratez cette afiEaire, je vous traiterai de sauffbsuse.
Je suis fort content de ton ami Rodolphe; et, ce qui vaut beaucoup mieux, on en est fort -content icL Best
k MÀDAXB « ^INT-BÉÀL. Ut
d'ime sagesse extraordinaire^ et va son train sans que je m'en mêle. II me suit partout; et comme il est admis à Y Ermitage, son rang est fixé. Quoiqu'il ait crû d'un pouce et demi depuis son arrivée^ il n^a pas l'air d'avoir plus de quinze ans; et quand on lui en donnerait dix-sept^ ses manières ne seraient pas moins surprenantes^ car elles en eut ^Nmte. Comme il n'a jamais vécu avec des enfants^ tm diratt qiiMI ne Ta jasnais été. Il est extrêmement prudent, €tîl opine sur tout^ lorsque l'occasion s'en présente^ dtee manière adulte qui Vamuserait. Tu penses bien que jen'iiide fias mal à leMpe valoir. Hien de nouveau sur fl^fitmitte; parie-moi toujours^ toi^ du pays que tu ha* tntes^ et des espérmices 'qu'il peut te donner.
Ton neveu , qui est là appuyé sur cette même table où fécrîs> 4e présente ses tendres respects. 11 déchif&e Pau- Ijuste langue illyrienne, et déjà il eët en état d'être mon dKignaan pour les petites affaires courantes. 11 fait volontiers toutes sortes d'afffaires aujourd'hui , excepté cependant l^écritore : iln^écrit guère que demain. Je viens de tm lire cette phrase, dont il «n'est 'pas content : il n'a pas ^ulunie répondpe.
Bonjour, mon cœur; loionjour à toi et à ton £gne •Alexis, qui, de sa vie, n'a Mt une meilleure oombinaiwn que celle qu'il a opérée avec toi. Je le remercie ^ tout instant du bonheur ^qu'il te donne, et je nedoi^e pas que la ne le payes comptant. Je ne sais pas finir avec toi. Âdîeu donc, ^Boem câier erifant ; je finis décidément.
n ■■ ma
112 maam 18M
Hillft et nnDe ^ràcesw Munsieiir le crante; ¥oas ne pan* liez me faire on pins grand pbiiar (çm celni de m'afipQrter une Lettre de madame ffiibcft. E est (farirjuiMuuidB ne recevoir <pie le S septembre une kttre At 10 ^nn; mais âifin. ce if est passoire Sutte^. et e esk bien id le cas AipiQvscbtf : Mieux oamt tard qms Jamiais^ ËBcare mt tm. âoyex lebieiDFenii: e est mL wdfcabie préseffil que mof
A présoit; Madame j> qoefaisafc^HtaDx «km» de la foIitËSse, je me taunie du côté d& Famitié^ à qui j'ai an peu pins de cbûses à dire. Je eouunoice d'abord parmos remercier de ¥otre excIamatkxLsitâadremstl et si hoiM>rablement inlaste : Ah! Bum ekar ami, e*€si trop. Oià, sans doute, ce serait trop, beancoup trop, si j'avais passé deux ans sans vous écrire; mais je n'ai point commis ce crime , j'ai seulement so^penAi toutes mes conreqiondances poidant qmdqnes mois, et sans doute fl ne Cuit pas tonte Totre jostice pour m'excns»; ensuite je me sois réreillé^et j^ai coomi^cé par toos. Madame. Mt den^re lettre est dn 13 (25) mai dernier, adressée tout sinqdemail à madame H. A., à GenèTe. Faites quelques redierdieSy peut-être vous la trouverez. Jamais je ne vous ai perdu de vue un seul instant. Vous qui écoutez toujours mes pensées, comment pourriez-vous ne pas les entendre? Une fois vous m'avez rendu justice pleinement contre toutes les apparences. On eut beau vous montrer le livre^ vous eûtes la ccmqstance de dire : iVon, ce n'estpasvrai. Endisant cela, vous me rendiez justice, et je vous en ai su un gré infini : vous avez
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6té juste à mon égard, et moi^ Madame^ je serai aussi |uste que je dois Têtre envers votre justice.
Je ne suis pas étonné que vous n'ayez pu tirer ni pied ni aile de madame Prudence (combien j'ai ri de ce mot ! ) à Turin ^ même à côté d'elle; il n'y a pas moyen, je ne dis pas de la faire parler sur moi^ mais pas seulement de la faire convenir qu'elle a reçu une lettre de moi. Le contraste entre nous deux est ce qu'on peut imaginer de plus original. Moi je suis^ comme vous avez pu vous en apercevoir aisément^ le sénateur pococurante , et surtout je me gène fort peu pour dire ma pensée. Elle, au contraire, ii'afBrmera jamais avant midi que le soleil est levé, de peur de se compromettre. Elle sait ce qu'il faut faire ou ne pas faire le 10 octobre 1808, à dix heures du matin, pmir éviter un incoménient qui arriverait autrement dans la nuit du 15 au 16 mars 1810. « Mais, mon cher ami, fi tu ne fais attention à rien, tu crois que personne ne fL pense à mal. Moi, je sais, on m'a dit , f ai deviné , je ^prévois, je f avertis, etc. » — a Mais, ma chère enfant y • laisse-moi donc tranquille. Tu perds ta peine, je préfLVois que je ne prévoirai jamais ; c*est ton affaire. » Elle est mon supplément, et il arrive de là que lorsque je suis garçon comme à présent, je souffre ridiculement de me voir obligé à penser à mes affaires; j'aimerais mieux couper du bois. Au surplus. Madame, j'entends avec un extrême plaisir les louanges qu'on lui donne, et qui me sont revenues de plusieurs côtés sur la manière dont elle s'acquitte des devoirs de la maternité. Mes enfants doivent baiser ses pas ; car, pour moi , je n'ai point le talent de l'éducation. Elle en a un que je regarde comme le huitième don du Saint-Esprit : c'est celui d'une certaine persécution amoureuse au moyen de laquelle il lui est donné de tourmenter ses enfants du matin au soir pour faire, s'abstenir et apprendre, sans cesser d'en
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l^artlinuKiit à notre sese (put 3. afc tiMt firnt bioL tout le teste.
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nni^P'Mf^ biea qroriqnmaateeg» cf'ert fâscgEDéé? cette miiiftiit* Cne »mie efaofle lœ GfflHoIe : e^eafccptfÎBiknAeii IkKUie ^aloaté et tout le tdmt de a bi^ ^4lli4)fi aoraieiit été nmtiles par fe déint de im ^tranfi» qui a trw eaCut» id ofeii peni i (/éikt^Adi relWenieiit «K arts agréais AA (I6it amlMMfadear d'An^etene mt qnriqpw choK de fMmMMer L^édoeation d^ne jeau daaoHdfe coÉle db min^ ttmett; c'eUuatdiùëe dont fov n^aares fasdldée: 0» m$mfiê ainii de mallres, parce qv^o
A MADAME HUBER-ALLÉON. iiS
joinr. Je me suis donc passé de mes enfants pour leur pro^ pn avantage : cependant il faut bien que tout ceci finisse ; eelte sépEuration devient tout à fait contre nature. — Ah I mon Dieu j que f aurais besoin d'une de ces soirées que 1008 avez la bonté de regretter^ pour vous mettre au fait detoat^ ensuite vous entendriez le moindre geste; mais in^ a pas moyen I Allons donq^ prenons patience. En géaénd^ on vous a dit vrai : je suis bien ^ ou , si vous voulez, pOBit du tout mal. Je me rappelle qu'en quittant mon île imedeiiaf je vous écrivis, en tremblant de tous mes mem-
Fo 9oleando un mar crédule Senza vêle, sema sarte.
Depuis^ j'aurais pu ajouter (mais je n'y ai pas pensé) :
Preme V onda, U ciel ^ imbruna, Cresce il vento, e manca V arie*
Et maintenant^ Madame^ il ne tiendrait qu'à moi de cbanter avec la plus grande justesse^ quand même j'aurais h voix fausse :
Meco solo e l* innocenza Che mi porta a navfragar.
J'éprouve beaucoup de bontés dans le monde et à la cour, mais je me tiens chez moi autant que me le permettent ma position^ et la nécessité de promener raisonnablement mon. jeune compagnon. J'ai force bons livres et j'étudie de toutes mes forces; car enfin il faut bien apprendre quelque chose. Quant aux plaisirs suprêmes de l'amitié et de la confiance^ néant. On vous a parlé souvent de l'hospitalité de ce pays, et rien n'est plus vrai , dans un sens : partout l'on dîne et Ton soupe, mais l'étranger n'arrive jamais jusqu'au cœur. Jamais je ne me vois en grande
parure au milieu de toute la pompe asiatique^ sans songer à mes bas gris de Lausanne et à cette lanterne avec laquelle j^allais vous voir à Cour. Délicieux salon de Cour/ c'est cela qui me manque ici ! Après que j*ai bien fatigué mes chevaux le long de ces belles rues, si je pouvais trouver TAmitié en pantoufle et raisonner pantoufle avec elle^ il ne me manquersût rien. Quand vous avez la bonté de dire avec le digne ami^ a Quels souvenirs I quels regrets I » prêtez Toreille, vous entendrez Técho de la Nev^a qui répète : c( Quels souvenirs ! quels regrets ! » Je ne sais si vous avez entendu parler d^un fameux écho, qui ne peut être que dans le département du Mont-Blanc; lorsqu'on lui demande, comment te portes-tu? il répond : Très -bien! Le mien n'est pas si habile, il ne change rien à ce que vous dites, surtout à l'accent.
Vous m'avez enchanté, Madame, par tous les détails que vous me donnez sur votre excellente famille. Croissez et multipliez. Je leur donne de tout mon cœur ma bénédiction de loin; très-probablement je ne connaîtrai jamais toutes vos acquisitions. Tout peut changer sans doute à cette mobile époque; mais, suivant toute apparence, ce pays est le mien. Soumettons-nous à n^être plus maîtres que de notre cœur; conservons chèrement des afiections si précieuses I
Vous aurez appris sans doute que madame Prudence avait fait un voyage qui l'a beaucoup rapprochée de vous. Elle m'écrit de Ghambéry, où elle a dû passer quelque temps avec ses deux filles. Adèle est pénétrée des sublimes choses qu'elle a vues : j'espère qu'elle m'en fera une bonne narration.
Mon frère jouit, en effet, d'une existence assez heureuse; il est directeur du Musée, cabinet de physique, de machines et de caries, et de la bibliothèque, attaché à l'amirauté; tout cela réuni sous le nom Musée, avec deux
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miOe roubles d'appointements^ un logement^ son grade militaire^ et son ancienneté telle qu'il l'avait à notre service. 0 n'y avait nulle raison d'espérer tout cela. Que ne dois-je pas à la bonté du mattre ? Quant à mon petit secrétaire, le rn hn a donné la croix de Saint-Maurice^ avec dispense d'Age. Idy 9 a été admis à Y Ermitage, qui est ce qu'on poorraH appeler le sanctuaire de la cour; de manière que nous ne nous quittons point. Cette faveur est pour moi d\nie importance majeure ; mais il serait trop long de vous détailler tout cela par le menu. Je vous dis un peu de tout^ et quand vous aurez tout lu^ vous ne saurez à peu près rioDi de ce que j'avais à vous dire. Sur mon honneur , ce n'est pas faute de confiance.
Je ne saurais vous exprimer combien j'ai été touché de l'attention de mon excellent ami le comte Deodati, qui est venu tout exprès avec sa moitié d'Aix à Chambéry pour voirilame /^rançoi^^ et ses deux poulettes. Ce que vous me dites du dérangement de sa santé m'a fait une peine infinie. J'ai chargé ma femme de lui demander une adresse pour écrire de ce côté; demandez-la-lui aussi, je vous en prie. Je voudrais savoir aussi celle de madame Rillet- Huber, à qui vous m'obligeriez infiniment de vouloir bien faire passer mes tendres compliments.
Quant à votre cher François, que pourrais-je lui dire qui ne soit infiniment au-dessous de ce que je voudrais lui dire? Mon frère s'unit à moi pour lui adresser mille tendresses. Vous me disiez un jour qu'il avait quitté les sciences pour les dames, chose que j'avais infiniment approuvée dans une lettre que vous n'avez pas reçue; aujourd'hui, le voilà de nouveau aux genoux des sciences. C'est un libertinage effréné
Au reste. Madame, je ne puis jaser ni de ceci ni de cela.
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n est roinuil; il y a quatre h^iies que j'écris : c'est mie soirée que ftf pissée défioeusemaat avec vous; mais il n'y a si bonne compagnie <pii ne se quitte. Adieu, mille fois, ditee el respectable amie. Souvenez-Yous toujours que ni le temps^ ni Tespaoe, ni antre diose au monde, ne peut étràodre ni affiublirles sentiments que vous m'avez inspirés pour la vie*
Sainl-Pétasboiifa, 8 octobre 1806.
Au moment où je me croyais tout à fait méprisé et regardé par-dessus T^fiaule, v(îlà une j<die lettre de ma seconde C»nme, qui m^assure qu^ n'en est rien, et qu'elle me préfère à tous les messieurs possibles. J'ai bien compris tes ennuis, ma chère eofont ; cependant il est possible de prendre patience toutes les fois qu'on peutmarquer dans l'almanach la fin prédse du crève-cœur. Ceux qui sont amers, insuppcHiaUes, ce sont ceux dont on ne voit pas la fin : je ne sais si tu n'en connais pas de ce genre. Ma vie s'écoule tristement. Jer^ardeles minutes quitcxnbent l'une après l'autre dans l'éternité, je les cavaptBy je les assemble, j'en fais des beures et des jours sans éprouver jamais qu'amertume. A mon âge, toutes les illusions sont finies : il ne reste que la famille^ et c'est ce qui me manque. Je me traîne dans le monde; il le faut surtout pour ton frère, mais j'y sécherais d'ennui si je ne m'amusais continuellement avec l'idée charmante de m'en aller à telle heure précise. Je t'assure que je suis devenu un chrétien parfait pour le monde et ses pompes : ce n'est plus pour moi qu'une lanterne magique. Au moins si j'y voyais
f f ▲ MÀDSIIOISELLS ADÈLE DE MAISTRE. 419
passer ma dière Adèle^ — et la voici j la voilà ! mais point du tout!
Je suis on ne peut plus content de tes lettres; ton oncle^ le comte Xavier de Maistre^ ne l'est pas moins; il t'est in&iiment attaché, et ne parle jamais de toi sans un grand intérêt; il s'ennuie tout comme moi^ et à peu près pm^les mêmes raisons. Le bonheur est comme Voiseau vert qui se laisse approcher^ et puis qui fait un petit saut : je croirai cependant le tenir si vous arrivez. J^avais fait un jugement tànèraire sur le compte de ton oncle^ qui m'a très-gracieusement donné ton portrait. Il faut voir avec quel honneur je Fai traité. C'est la mode ici^ surtout pour les personnes qui ne portent point de boite, de monter les portraits dans certains portefeuilles faits exprès, où on leur ménage une petite niche intérieure sur un fond de satin. Ils sont fort bien placés, je f assure. Voilà donc ton portrait dans mon portefeuille, et le portefeuille dans la poche du frac qui est sur le cœur : ainsi , ma chère Adèle, ton image te baise.
Je n'ai pas quitté un instant le mont Genis sur la fin du mois dernier, pour accompagner votre voiture et veiller à tous les accidents; mais j'ai eu peu de peine, vu la beauté des chemins. Vous voilà, j^espère, bien à votre aise dans votre ancienne demeure. Enfin, après des siècles d'attente, j'ai reçu de madame la comtesse de M. une lettre dont l'écriture fait pitié : je crains bien que cette digne fenome ne soit irrémissiblement malade ; ce serait grand doDomage. Elle m'a mandé qu'en arrivant à Venise, elle avait trouvé sa mère morte depuis quinze jouDS, et sa mai* son pillée. Quelle charmante époque pour tout le monde! armons-nous de patience pour ce que nous devons voir encore.
Adieu, ma très-chère Adèle. Il y a une chose que je déteste dans ton caractère^ c'est que les lignes sont trop es-
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pacées, ce qui rend tes lettres trop courtes. Adieu donc, Adèle.