A madanie la comtewe de la ClhaTanne
Saint-Pétenboarg, 10 noTembre 1806.
Ma très-chère tante^ toutes les lettres de ma iemme^ pendant qu'elle était à Chambéry, ne m'ont parlé que des amitiés dont vous Tavez comblée^ et des douceurs infinies dont elle a joui chez vous. Ma chère petite Adèle^ de son côté^ fait chorus^ et me conte dans ses lettres^ toutes pleines de tendresse et de reconnaissance, comme quoi elle n'était chez elle que chez vous. Je sais que vous lui avez accordé une hospitalité entière, c^est-à-dire à elle et à ses portefeuilles^ et qu'elle a trouvé dans votre maison une maman, des sœurs et des frères. Tout a changé pour moi, ma chère tante, excepté cette famille que rien ne peut changer. Souvent je pense que, si une bouffée de ce vent qui m'a tant promené s'avisait de me porter où vous êtes, je vous demanderais un petit coin chez vous, et que je ne voudrais plus en sortir : c'est là où toute ma patrie serait concentrée pour moi; les autres cœurs me sont étrangers; mais qu'importe, dès que je ne serai jamais étranger au vôtre et à ceux qui vous envbonnent? Vous n'avez sûrement pas oublié qu'à l'âge de quatre ou cinq ans je vous épousai formellement, que je vous appelais fort bien ma femme envers et contre tous, et que je voulais tuer les téméraires qui auraient osé concevoir des projets sérieux sur votre personne. Si depuis je vous cédai de bonne grâce à ce
(1) Taot« materoelle de M. de Maistre.