V t A mademoiselle Adèle de Malstre
Saint-Pétenbourg, s mai l W7.
Enfin^ ma très-chère Adèle, après un grand siècle sais que tu sais que ton portrait m'est arrivé. J'avais r^ à la perte de cette lettre où je t'exprimais tout le pbd! que m*avait fait cette jolie image. Hais dis-moi un pe petite vaurienne^ petite petite-fille d'Eve, que signifie oel grande crainte que le portrait ne me paraisse moi joli que toi? Est-ce que tu aurais de la vanité^ par*iiasar
À MÀDEMOISELLB ABÈLE DE MAISTRB. 131
on la prétention d^ètre jolie? Pas possible ! jamais une de- ■MMtselIe tt^a en de pareSles idées. Qum qui! en soît^ le jportrait a été trouvé fort joli par moi et par d^autres; permis à vous d'en être fâchée ou bien aise, à votre choix. Je loue infiniment ton goût pour la peinture, et j'approuve Ivt tout oe que tu me dis sur ce chapitre; mais comme k yie est toujours mêlée d^amertumes^ je suis un peu flkhé que tu n^aimes pas le paysage. Il faut se soumettre; Um oncle^ qui a tant de succès dans ce genre^ me tour- HHDte d*une autre manière, en refusant de mettre dans ses paysages des chèvres et des sapins, deux choses que f iime par-dessus tout. A cela près^ il est devenu ce qu'on qqpelle un grand peintre ; si tu étais ici^ mon cher cœur^ ta envierais bien son huile^ mais je te contrarierais sur ce point.
Je suis fort content de ton jeune ami ; il se porte à merveille et court le monde dans ce moment^ ce qui est fort bon à son âge. Dans la première lettre que tu m'écriras^ il bndra être un peu bavarde et serrer les lignes; car ces lignes que tu espaces outre mesure seraient une preuve que tu n'es pas ma fille, s^il n'y avait pas une foule de preuves du contraire. Il faudra donc serrer les lignes et me parler un peu de tout, car je ne sais rien de rien. Pour moi, je n'ai rien de nouveau à Rapprendre. Tout ce que tu aimes ici se porte bien, et quant à moi en particulier^ je dois te répéter ce que je t'ai dit si souvent : jamais climat ne m'a convenu davantage. Je ne me plains ni des éléments ni des aliments; l'air serait très-bien, si telle et telle bouche le respiraient avec moi. Si jamais tu t'habitues k f ne plus me voir, ne manque pas de m^en avertir. Pour ■ moi, j'ai beau m'exercer, je ne profite point; mais c'est ' que, dans le fond, je ne m'exerce pas, on m'exerce. J'em • brasse tendrement la trinité féminine, que j'aime toujours
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de tout mon cœur. Un^ deux^ trois^ quatre, cinq, six ans! Ah 1 mon Dieu^ c'est terrible ! Adieu^ mon Adèle.