‹ Lettres et opuscules inéditsChapitre 54 sur 166 · JL M. te tmaÊÈm thé^émwm Célvwkiii, à · texte numérisé non relu

JL M. te tmaÊÈm thé^émwm Célvwkiii, à

8aliit-M«E8boiirg» ao (18) Jun imfL

QueQe maavaiâe nouvelle tous m'avez fait donner. Monsieur le comte ! Voilà donc ma paovre amie, madame Hnber, partie pour Pautre monde! On peut dire qu'à son Ige elle avait fini son bail avec la nature; mais les amis sont coomie les parents : le jour de leur mort, on ne les trouve jamais vieux. Depuis longtemps, je ne lui écrivais jamais sans me dire tristement : R^ievrort-elle cette lettre? Elle^ de son côté, ne m^écrivait jamais sans me <fire impitoyabiemeut : Ifon cher ami y e^ est probablement la derrière. J avais fini par lui dire que, si elle me répétait encore cette cruelle phnise, je ne lui écrirais plus. Qui sait si elle a reçu la lettre où je disais cela? C'est celle que vous eûtes la bonté d'acheminer vous-même. Monsieur le comte; mandei-moi, je vous prie, si cette lettre est arrivée avant sa mort : je veux tout savoir. Est-ce le fils genevois ou le fils romain qui vous a fiût part de ce funeste événement? l^xoA ne sauriez crcrire à quel point cette pauvre femme m'est présente ; je la vois sans cesse avec sa grande figure droite^ son léger apprêt genevois, sa raison calme, sa finesse naturelle, et son badinage grave. Elle était ardente amie, quoique froide sur tout le reste. Je ne passerai pas de meilleures soirées que celles que j'ai passées chez elle, les pieds sur les chenets, le coude sur la table, pensant tout haut, excitant sa pensée et rasant mille sujets à tîred'aUe, au milieu d'une famille bien digne d*elle. EQé est

A M. LE GOMTB THÉOBORE GOLOWKIK. i3$

partie, et jamais j6 ne la remplacerai. Quand on a passé ie milieu de la vie, ces pertes sont irréparables (et Je Pai pa^ depuis longtemps, très-probablement). Séparé sans retour de tout ce qui m'est cher, j'apprends la mort de mes vieux amis; un jour les jeunes apprendront la mienne. Dans le vrai, je suis mort en 1798; les funérailles seules :ont tetardées. Ces idées lugubres ne contrastent pas du tout avec les événements publics, qui ne sont pas, comme vous voyez, couleur de rose. Quelques étrangers ingrats sont peut-être tristement Russes; moi, je suis russement triste!

Bonjour, Monsieur le comte, je no, sais plus tenir la plume; permettez-moi de finir sans compliment, en me recommandant à votre bonne souvenance.

P. S. Je me flatte que vous avez reçu la lettre où je vous remerciais des nouvelles que vous m^aviez données de cette pauvre veuve, dont le mari n'est pas mort.

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