A M* de Mjmmmmj, ameiem eosselller mm parioMftt
Saint-PétenbooEg, 1807.
N'ayant point Eusèbe sous la main , je ne puis vérifier le texte cité par M. de Launay; mais la chose est parfaitement égale, n faudrait n'avoir aucune connaissance de l'antiquité pour ignorer son génie allégorique. Pourquoi donc donner une existence réelle à des personnages imaginaires qu'elle a créés pour voiler à sa manière des vérités morales religieuses et astronomiques? N'ayant pas le temps de donner une forme régulière à ce mémoire sur les deux inscriptions qui m'ont été transmises par M. de Launay, il voudra bien permettre que je le cite lui-même en ajoutant mes réflexions.
Mon père est Chronos,le plus jeune des dieux. Ghronos (Xpovoç) est le Temps ou Saturne, le plus vieux tout à la fois et le ^\xxs jeune des dieux : le plus vieux, par rapport à tout ce que nous voyons; et le plus jeune, par rapporta un ordre supérieur. En passant sur plusieurs idées intermédiaires, je rappellerai seulement les traditions indiennes de la plus haute antiquité, suivant lesquelles l'époque où nous vivons s'appelle caliyug, c'est-à-dire V époque du temps; car il est bien remarquable que le mot de cali en langue sanscrite est synonyme de chronos; et voilà comment Saturne est le plus jeune des dieux : rien n^empêche qu'on ne soit très-vieux, et cependant le cadet de la famille.
Je suis le roi Osiris. C'est-à-dire le Soleil, conmie Baochus et Hercule : il n'y a plus de doute sur ce point. J'ai porté mes armes par toute la terre. Sans doute, tout comme Apollon, après le déluge, perça de ses traits le serpent Pithon , né de la fange de la grande inondation.
À M. BE LÀUNÀT. 165
EUen de si clair pour ceux qui ont vu une rizière du Pié- DQcmt après l'inondation et la récolte.
/c suis le fils aine de Chronos. — Et le père de Pimmense famille des almanachs.
Je suis le reîeton d'une belle et noble race. Passons sur cette généalogie, qui nous mènerait trop loin : en fait de ix)blesse, il faut être réservé pour ne choquer personne.
Je suis le parent du jour. Oh! pour cela il n^y a pas la moindre difficulté. — Il n*y a point de lieu où je n'aie M. — D'accord, surtout entre les tropiques.
Seconde inscription.
Je suis Isis. — Qui ne connsdt Isis aux nombreuses mamelles? — C'est la nature, qui est tout et qui nourrit tout; c'est elle dont la fameuse inscription égyptienne disait, autant qu'il m'en souvient : c< Je suis tout ce qui est, tout ce gui a été, et tout ce qui sera; nul mortel ne peut soule^ ver le voile qui me couvre, etc. » C'est Tlsan ou Tlsis des Indiens. — J*ai été instruite par Toûe (Thot ou Thaut); c'est le Buddha du Bengale, le Foë des Chinois, l'Hermès des Grecs, le Mercure des Latins; c'est le fils de Maja (même aux Indes), le génie de la planète de ce nom et du 4* jour de la semaine de Bénarès à Athènes; c^est le postillon de Jupiter et le bedeau des enfers; c'est Tinventeur de l'écriture; c'est lui qui joua un jour aux échecs %vec la Lune, et qui lui gagna la 72® partie de chaque our (Plut., De Iside et Osir,). En un mot, il n'y a pas de factotum de cette force, et je ne doute pas qu'il n'ait ap- )ris bien des choses à la reine Isis.
Je suis la fille aînée de Chronos, Je n'ai rien à dire coure cette filiation; et M. de Saint-Martin, si on voulait l'enendre, en dirait de belles sur cet article.
Je suis la femme du roi Osiris. — Ce mariage est connu
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de toute antiquité^ et il a cela de particulier que la femme n'est jamais infidèle^ et qu'eUe conçoit tous les ans*
Fere tument terrœ^ et genitalia senUna poscutU : Tumpateromnipotensfecundis imbribus ather Cot^ugis in gremium lœiœ descendu, ete,
TuiG., GéorgH Ut. n, tfi.
Fidèle amante du Soleil, De fleurs, de perles couronnée, La Nature sùti da sommeil.
Comme une époose fortanéè Dont Tamour h&te le réveU.
Vers Tastre bienfaisant da monde Elle étend ses bras amoureux :
Il brille, et l'éclat de ses feux La rend plus belle et plus féconde.
Bermis.
On ne saurait mieux dire en latin et en français ; et voilà le tempérament amoureux de la reine Isis bien mis à découvert.
Ces deux inscriptions n* étaient sûrement pas en langue hiéroglyphique. Si Eusèbe ne le dit pas, qu^en savonsnous? Il est très-probable, au reste, que si elles ont réellement existé, elles étaient en caractères hiéroglyphiques, puisque les Égyptiens ne nous en ont pas laissé d'autres sur leurs monuments. — Ni en çujffite. — Je ne connais point de langue cuffite, mais seulement un caractère cuffi^^ que pour la langue arabe. Ce caractère tire sans doute son nom de la ville de Guffa, et c'est comme qui dirait \es^ trangelo pour le syriaque. — Osiris et ïsis y parlent [en personne). — Précisément comme les héros de Tantiquité parlent en personne Sur nos théâtres. — Ces deux personnages (Isis et Osiris) sont fort antérieurs à Moise, — Antérieurs même à Adam, qui ne fut créé que le sixième jour, lorsque Isis et Osiris étaient déjà en train pour le recevoir.
Je crois, au reste, très-peu à toutes ces colonnes et à
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toutes ces inscriptions, du moins à leur antiquité. On a paru^ dans ce siècle, accorder quelque foi à ces monuments pour contredire Moïse. Si un apologiste de la religion citait, en faveifir des traditions hébraïques^ des colonnes de brique antédiluvienne^ portant des inscriptions hiéroglyphiques traduites^ on ne sait quand ^ par un Grec nommé Agaihodémon (bon génie), ensevelies pendant des siècles dans le fond d'un temple égyptien^ et traduites enfin, dans le troisième siècle de notre ère^ par un prêtre égyptien et courtisan, dont l'ouvrage encore ne nous est connu que par un diacre du huitième^ on pâmerait de rire. Mais contre Moïse on écoute ces sornettes. Chaque siècle a ses ridicules, qu'il faut laisser passer. Les chicaneurs tombent Pun après Pautre^ cooune les feuilles d'autonme, et Moïse reste.