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BfoDsear,
Quand cm écrit comnie yoos, il fiamt s'attendre à qudqoes lettres indiscrètes. Je ne sais si ceBed voos por^tn tdle; mais j'aime mieux coonrle hasard de Yoosen écriie une de ce genre, que de me refuser le jdaisir de tous remercier de la mention honorable que vous avez hïea Toohi faire de moi dans votre eiLcelloit livre de la Législation primitive (t. I, Disc, prélim., p. 423). C'est un peu tard^ sans doute^ mais c^est aussitôt que je l'ai pu ; car votre livre ne m'était point parvenu, et, du reste, je me doutais peu que celui que vous avez la bonté d'appeler célèbre ftt seulement connu à Paris. Je l'avais parfaitement oublié; mais vous me l'avez rappelé, et sur votre parole je suis capable de le relire. J'ai fait connaissance avec vous, Moctsieur, dans les journaux ; rien n'empêche même que je ne vous cite la phrase qui conmiença ad invaghirmi de votre personne et de votre manière. C'est un charmant coup de sangle donné en passant à Montesquieu [comme fa dit plaisamment dans U Esprit des lais fauteur des Lettres persanes) . Je n'ai rien lu de plus exquis; et, certainemoit, cette phrase ne peut être oubliée que par un sot. J'ai la depuis votre Divorce et votre Législation^ qui m'cMdt donné la plus haute idée de vos talents et de votre caractère. Je m'arrête. Monsieur, ne voulant point vous enfumer d'un encens inconnu, ni me permettre de jaser dans une pie-
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mière lettre. Que ne puis-je, Monsieur, voua omisulter sur une entreprise considérable dont quelques parcelles seulement, arrachées de la masse par les circonstances^ vous sont parvenues sous le titre de Considérations sur la France/ Que j^aimerais vous entendre sur de singuliers chapitres! Malheureusement je ne dois, suivant les apparences, jamais vous connaître. Agréez au moins que je ne vous laisse point ignorer l'impression que vos écrits ont faite sur moi. Si vous avez la bonté de trouver le plus léger plaisir à écrire mon nom dans vos tablettes^ parmi ceux des personnes qui vous honorent le plus^ je serais de moa côté^ extrêmement flatté^ si vous me donnez un jour la permission de croire que j'ai ^u vous intéresser. Je suis, avec la plus haute considération, Monsieur,
Votre très-humble et très-obéissant serviteur.
Le comte de Maistbe,
Envoyé extraordinaire , ministre plénipotentiaire de S. H. le roi de Sardaigne, près S. M. l*emperear de tontes les Russies.
80« — t An comte Rodolphe.
PoIoclc,7jain I8I2.
Non, non, je n'ai rien reçu de Wibia. Je vous avais écrit trës-expressément, mon cher enfant, de m'écrire ici, sous l'adresse du R. P. Angiolini, si vous doutiez encore de mon arrivée : jugez combien j'ai été fâché de ne rien trouver de vous en arrivant! Le 29 seulement, votre lettre du 16 avril, d'Oruga, m'est arrivée par Pétersbourg, et celle d'Opsa, du 22 mai, arrive aujourd'hui : entre ces deux époques du 46 avril et du 22 mai, je vois que vous m'avez écrit deux fois : ce sont ces deux lettres que je n'ai point I. 18
TeçtiM en^re; je les regrette beaucoup. Itf. 'Kidiftlbrff^ pôHemr de votre billet et de cette réponse^ m^ fait v«xfr l'eau à la bouche en me disant qu'il était Tenu tM^ter id de l'avoine; il me semblé (pie vous avez bien péta de iSttdit auprès de votre chef si vous ne pouvez pas voikMIb commander aussi pour acheter quelque diose, ne fM^ qu'un manche de fouet. Pourquoi ne me diteskvous pak au moins que vous êtes fâché de n'être pas à la f^aoe éb cet officier? Vous l'avez oublié ;'dites-le-moi par une anflt occasion. Vous dites que vous devenez mélancolique; je vous assure qu'il ne tient qu'à moi de Tétre : je ne me rappelle aucune époque de ma vie où j'ai été plus seul, plus isolée plus séparé de tout être vivant et de tout réconfort. Je passe des journées entières dans mon fauteuili et je le quitte pour me mettre au lit. Les jésuites ont fait pour moi l'impossible^ il n'y a pas de politesse imaginable qu'ils ne m'aient faite; sans eux^ je n'aurais pu demeurer ici. Ils m'ont meublé complètement, leur bibliothèque et leur société me sont d'un grand secours ; mais je n'abuse pas de la seconde; ce ne sont pas des perdeurs de temps. Je suis charmé que votre latin vous ait servi si à propos à Oruga, et je ne doute pas que le R. P. n'ait écrit dans ses annales : Aujourd'hui fat confessé en latin un chevaliergarde.
Toujours point de nouvelles de votre mère : je n'y con çois rien, ou pour mieux dire je conçois bien que les 4ames ne sachent guère conunent il faut se retourner éis certaines occasions. J'ai bien compassion de ces pauvres femmes lorsqu'elles lisent les bulletins français; je ne leor écris que deux mots : Un tel jour y on se portait àien. Je ne m'accoutume point à cette vie. J'ai vu l'instant de la réunion, mais ce n'était qu'un écbdr qui a rendu la nuit pitt épaisse. Je me console en pensant à l'étoile de ma ftmdie^ qui la mène sans lui p^mîelfire jamm de s'en mêler. J$