‹ Lettres et opuscules inéditsChapitre 91 sur 166 · AU COMTE RODOLPHE. 23S · texte numérisé non relu

AU COMTE RODOLPHE. 23S

famaiêtuce q^êejevoukdê, veilà qui devrait déseapénr, si je n'étais forcé d'ajcmter avec recomiftîssancey matt l0if^(Min f4H eu ee ^uHi me fàliait^ Cependant, vœ ÉoHf AÂea^ mon cher enfant; continuez à marcher éansies V9ies de ia justice et du couraçe. Pour vousaeul je <mé pane de vons^ je ne dis pas sans peine, mais sans pLainte. Je ne cesse de m'occuper <le vous : si vous quittez et mcMide^ je pars aussi, je ne veux plus baguenauder. Adieu eiMwre; venez acheter de l'avoine, noos divans te i^te.

Si. — A M* le carnte Rodolphe.

Saint-Pétersbourg, 5 (I7) JalHet ISIS.

Le S6 juin^ mon cher enfant , en partant de Polock^ |e vons écrivis une courte et triste épitre qui aurait dé èlre marquée n"" 9; mais je n'avais guère la tête aux numéros.. J'ai fait un très-heureux voyage, sans me coucher, et vivant je ne sais de quoi. En arrivant ici, j'ai trouvé la solitude affreuse dans une grande mai«^, et jamais je n'ai mieux senti le vœ soli ! Le jour même de mon départ de Polock, V... s'est fait congédier sur-le-champ et sans retour. Ce valet de chambre, du moins dans ce moment, m'a causé des embarras inouïs ; mais je les ai surmontés, n me parla devant deux étrangers d'un ton qui n'étatt pas tolérable ; j'étais de mauvaise humeur : je le chassai mrle-champ, après l'avoir libéralement récompensé. Voilà qui est fini. Je voudrais bien me passer d'un domestique de ce genre; mais il n'y a pas, je crois , moyen : mon ménage edi'établi. Venez donc quand vous voudrez, et sans inviUih tiOR. SWhrement mon départ subit i^eus aura étonné, et uêêê doute fâché. A présent, vous powez dMser 4a m9êéanp*0i

fl*êlre qn'étooné.

Je suis parti avec Tassurance que les dames ne viendront pas. Qui sait cependant encore ce qui arrivera ? Le diable^ qui se mêle sans relâche des affaires des honnêtes gens^ pourrait bien faire une des siennes^ et me les envoyer à Vienne après le départ de la légation russe. Quod Deus avertatl Depuis le 17 mai^ je n'ai rien reçu d'eUes; mais toutes mes lettres sont à Polock.

J'imagine que vous n'avez pas envie que je vous parle de la guerre. Je crois que le grand diable a manqué complètement son premier coup, et qu'il dispose aujourd'hui toutes ses pièces pour en frapper un second à sa manière. En ce temps-là^ malheur aux pères ! Cependant, mon cher ami, ou avec cela, ou sur cela! Dieu me préserve de vous donner des conseils lâches ! Je n'ai pas sur le cœur le poids que j'y sentais lorsque vous tiriez sur les Suédois : aujourd'hui, vous faites une guerre juste et presque sainte. Vous combattez pour tout ce qu'il y a de plus sacré parmi les hommes, on peut dire même pour la société civile. Allez donc , mon cher ami , et revenez ou emmenez-moi avec vous.

Hier, j'allai à GaminiOstroff, chez la grande maréchale. On apporta un paquet à la princesse Lubomirska, et elle y trouva quoi? la ci-jointe y que je vous avais envoyée, il y a un siècle, de Polock, sous l'adresse de votre général, et qui revient ici je ne sais comment. Je vous l'envoie uniquement pour mon honneur, et pour vous prouver que j'ai toujours fait mon devoir envers vous. Faites le vôtre aussi, quand vous pourrez, laconiquement, comme la dame de Sparte.

Dans ce moment (sept heures du soir), je pars pour

G , où je n'ai point encore été. Envoyez-moi toujours

toutes les lettres que vous voudrez; je me ferai un véritable plaisir de vous être utile.

Je suis mal dans cette grande maison^ faute de gens

AU COMTB RODOLPHE. 277

pour l'habiter; au pied de la lettre, il n'y a pas sûreté. Je m'échauffe la tête pour un homme de confiance^ et je ne sais pas trop si je réussirai. On vous dit mille choses tendres de chez le duc. Cette lettre dont vous me parlâtes une fois à Polock y arriva longtemps après votre départ^ sous mon couvert ; je Fexpédiai moi-même avec une lettre d'accompagnement^ et lorsque le duc N... prenait la plume pour vous écrire, j'entrai. Bonjour, mon très-cher enfant; je vous serre sur mon cœm*. Si je vous voyais, je vous dirais peut-être quelques mots de plus. Macte animo. — Et quel temps fut jamais plus fertile en miracles? — Adieu, adieu.

Page 1