‹ Lettres et opuscules inéditsChapitre 93 sur 166 · t Au comte Rodolphe · texte numérisé non relu

t Au comte Rodolphe

Saint-Pétenboarg, S2 Jaillet I81S.

Voilà, mon féal ami, une lettre que je vous recommande pour le chevalier Manfredi. Mon dernier numéro étant du 6, vous sentez que j'ai peu de nouvelles à vous donner; j'en ai une . cependant et même très-importante, puisque votre oncle a été fait général. Vous le savez au moment où j^écris; mais nous l'avons su avant vous: Sophie ne veut cependant pas le croire, parce que la signature de S. M. I. n^est point encore arrivée. Pour moi, j'y compte, et me voilà satisfait. Maintenant, il ne faut plus penser qu^à vous; msds..,maisje m' embarrasse fort peu de vous : ainsi je dors sur les deux oreilles.

Je n'ai jamais cru à vos bons pressentiments sur le plaisir de nous revoir. Non, certes, la partie n'est pas finie ; la paix ne me paraît pas possible. Comment imaginer que l'Autriche laisse échapper cette occasion de s^émanciper, et de dissoudre la ligue du Rhin? et comment imaginer que l'autre recule? La guerre éclatera donc encore; mes angoisses vont recommencer aussi : mais je ne veux point vous parler de toutes ces couardises paternelles. Je veux cependant vous dire encore que je me rappelle volontiers vos pensées pleines d'espérance sur le succès de cette campagne. Ma confiance moindi^e tient peut-être à Fâge. — Yous êtes une fusée qui monte, et moi je suis une baguette qui retombe. — Mais j'oubliais que je ne voulais rien vous dire, pas même que je vous aime de tout mon cœur.

fC.

ISlt

Saiot-Pctmbovrg, S3 Jainet (4 août) I8IS.

Œer^ mon cher Rodolphe^ est arrivé votre n* 5 du : t^ juillet; avec les portraits. Le travail du vôtre est admirable^ et la ressemblance assez frappante; je ne sais cependant si mon frère s'est parfaitement tiré de votre auguste nez: dans la âlhouette au crayon noir^ la ressemblance me parait encore plus frappante; mais^ sur ce points il y a beaucoup d'arbitraire. En général^ c'est un ouvrage superbe^ que j'ai tout de suite encadré et placé au-dessus de mon portrait, dessiné par Vogel^ que vous voyez à côté de la fenêtre. Là^ vous aurez soin de moi. Votre nouveau portrait n'est accompagné que d'une simple date^ mais le premier porte un vers d'Homère :

Kai TTOxé Ttç etiTYjaf Uoirpoc 8' ^y^ icoXXiv éueCvo^v (1).

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