Otrante (duc d'). Voir Fouché
2. JfTNOT (Andoche), duc d'Abrantés, général, l'un des plus intrépides lieutenants de Napoléon, né à Bussy-le-Grand (Côte-d'Or) en 1771, mort par suicide le 29 juillet 1813.
Paris. 6/18 juin 1810.
Par un courrier, arrivé il y a quelques jours do Vienne, le comte Metternich a reçu les réponses de notre cour aux nouvelles représentations que M. de Saint- Julien a faites pour obtenir le payement des 13 millions de florins dus à l'Autriche. Les sentiments d'amitié et de confiance qu'il m'a témoignés de tout temps l'ont porté à m'en instruire et à m'exprimer la satisfaction infinie avec laquelle il a vu dans ces réponses des dispositions différentes de celles qui ont caractérisé notre premier refus de reconnaître cette dette. Je lui ai répondu qu'il avait d'autant plus raison d'apprécier cette marque de déférence que S. M. l'Empereur donnait à sa cour, qu'elle renfermait une stipulation assez onéreuse à remplir pour lui dans ce moment, et qu'il ne saurait mieux répondre aux intentions qui l'avaient dictée à notre auguste souverain qu'en se prêtant pour le payement de cette somme à des arrangements et à des délais qui le rendraient moins pénible à effectuer. « Ce n'est pas, m'a répliqué M. de Metternich, à l'objet même de ces 15 millions que j'attache tant de valeur. Je n'ai été sensible au refus de les payer que parce qu'il m'annonçait des dispositions peu propres à rétablir entre les deux cours des relations d'amitié et de confiance, que je regarde comme la base de tout système conservateur et pacifique en Europe. Il ne me sera pas impossible, je pense, d'amener ma cour à consentir aux
facilités que vous pourriez réclamer; et, en m'y employant de tous mes moyens, j'espère donner à l'empereur Alexandre une preuve des sentiments qui n'ont cessé de m'animer pour son auguste personne ».
Pans, 6/18 juin 1810.
Le départ de ce courrier étant retardé jusqu'à ce jour, j'en profite encore pour vous remercier de tout ce que vous me dites à l'égard de mon soi-disant procès. Puisque vous voulez que je n'en aie pas, je le veux bien «lussi, pourvu que de votre côté, monsieur, vous soyez assez bon pour nous faire obtenir l'ukase qui nous mette en possession du terrain en litige, et que bien sûrement nous n'avons pas jusqu'à présent.
Ce que je vous envoie aujourd'hui n'offre pas autant d'intérêt et de détails que mes expéditions précédentes. On m'avait fait espérer de nouveaux ouvrages sur l'agriculture anglaise, mais on n'a pas tenu parole. Mes déboursés à cet égard montent au delà de 12000 francs. Je vous prierai donc, si c'est possible, de pousser vos remises jusqu'à 20000 francs. Mais ce que je vous demanderai avec plus d'instances encore, c'est de vouloir bien me tenir au courant de tout ce que vous déciderez, par rapport aux finances, auxquelles je prends le plus vif intérêt. J'en ferai parler
ARCHIVES DU COMTE Cil. DE JiESSELRODE.
dans les gazelles, de la même manière dont on y a rendu comple de l'édil du mois de février.
Le dépari du Présidenl* me dérange beaucoup; c'est chez lui (jue notre jurisconsulte* puisait les renseignements que je vous ai transmis pour la commission des lois. Je prévois que ma correspondance s'en ressentira et réclame, dès à présent, toute votre indulgence à cet
égard.
Veuillez agréer l'hommage du dévouement sans borne que je vous porte.
Paris 15/25 juin 1810.
Nous expédions ce courrier avec tant de précipilalion que j'ai à peine le temps de vous exprimer le sentiment de bonheur avec lequel j'ai appris les brillants succès de nos armées de Turquie. 11 s'en faut de beaucoup qu'ils aient produit cette sensation sur tout le monde. Ici, ils ne plaisent pas du tout; l'Autriche les voit avec jalousie, et l'empereur Napoléon craint que nous n'allions trop loin. De là l'explosion qui a eu lieu vis-à-vis du prince Alexis Kourakin. Pour le moment, ce n'est que du bruit; l'orage n'éclatera pas tant que durera la guerre d'Espagne et, comme elle nous donne toutes les facilités de terminer celle de Turquie d'une manière