‹ Lettres et papiers, 1760-1850, extraits de ses archives; (volume 2)Chapitre 31 sur 43 · Bassano (duc de), voir Maret · texte numérisé non relu

Bassano (duc de), voir Maret

2, PoNiATowsKi (le prince Joseph), général polonais et maréchal de France, né à Varsovie en 1763, mort près de Leipzig en 1813.

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communément depuis quelques jours, et c'est notamment l'opinion de Savary, que la guerre n'aura pas lieu cette année-ci. Cette supposition se fonde sur les dépêches du duc de Yicence qui doit avoir répondu sur sa tête et son honneur que l'intention de S. M. l'Empereur, notre auguste maître, n'était pas de faire la guerre à la France, si celle-ci ne la lui faisait pas. Parmi ceux qui plaident ici le plus fortement pour la paix, c'est surtout le roi de Naples qui se distingue par la fermeté et la sincérité avec lesquelles il a osé parler à l'Empereur. Le royaume de Pologne lui a été offert à plusieurs reprises, et il l'a constamment refusé, disant ({u'il ne demandait pas mieux que de rentrer dans la catégorie de simple prince français s'il ne convenait plus à l'Empereur qu'il fût roi de Naples, mais que, descendant une fois du trône, il ne monterait sur aucun autre, qu'il ferait son devoir à l'armée comme tout soldat, en combattant à côté de l'Empereur si la guerre devait avoir lieu, mais qu'il n'accepterait jamais la couronne de Pologne, parce qu'il était contraire à ses principes que le sang français fût versé pour le rétablissement de ce royaume. C'est là-dessus que l'Empereur doit l'avoir fait proposer au vice-roi d'Italie qui comme je l'ai déjà mandé aurait été moins ditficile.

Tout me porte à croire que l'on garde ici le plus profond silence vis-à-vis de la Prusse, et qu'on ne s'est point encore expliqué avec elle sur le parti qu'on désirerait qu'elle prît en cas.de rupture. Il est très probable

d'après cela qu'on ne le fera qu'au dernier moment ou pas du tout, et que, l'empereur Napoléon ne pouvant, dans aucun cas, faire grand fond sur elle, ni sur l'esprit de son armée qui est entièrement opposé à la France, préférera la traiter en ennemie. Quoique ce soil à la demande même du ministère français que le Roi ait fait marcher des troupes à Colberg et sur les côtés de la Prusse, afin de les mettre à couvert des entreprises de la flotte anglaise, l'Empereur en a été fort mécontent, croyant y voir des arrière-pensées contraires à ses vues et favorables aux nôtres. Il a dit : « La Prusse veut encore jouer au plus fin avec moi, mais elle n'y réussira pas. « Ce propos, que je crois sûr, viendrait à l'appui de l'opinion que j'ai avancée ci-dessus à l'égard de cette puissance.

Voilà, Monsieur, ce que j'ai à ajouter aujourd'hui aux notions que je vous ai mandées par notre dernier courrier. Le roi Joseph a voyagé à très petites journées; il n'arrive ici que demain. Son départ de Madrid, quel qu'en soit le motif, ne pourra qu'encourager les efforts des insurgés. De l'aveu même de plusieurs personnes du gouvernement, fort à portée de connaître l'étal des affaires d'Espagne, on a peu d'espoir de les amener de sitôt à un dénoûment conforme aux vœux de l'Empereur.

Paris, 4/16 juin 1811,

Toujours clans l'attente d'une réponse aux différents courriers que nous vous avons expédiés dans le courant des mois d'avril et de mai, l'Ambassadeur ne comptait vous en envoyer un nouveau que lorsqu'elle lui serait parvenue. Cependant, il doit trop importer chez nous de connaître l'effet qu'a produit ici l'arrivée du duc de Vicence; pour que nous puissions différer davantage de vous en rendre compte, et j'ai engagé M. le prince de Kourakin à saisir le prétexte du discoui's d'ouverture du Corps Législatif, qui présente un motif suffisant à un envoi de courrier.

D'après ce que j'en ai pu apprendre, les explications dont S. M. l'Empereur, notre auguste maître, a chargé M. le duc de Vicence, auraient un peu rassuré l'empereur Napoléon sur le but de nos armements; mais il ne paraît cependant pas qu'il le soit encore entièrement, quelque positif qu'ait été le langage de M. deCaulaincourt. 11 ne se fie pas tout à fait à sa manière de voir, qu'il croit trop favorable à la Russie; et il y a dans sa façon d'être vis-à-vis de lui une nuance qui, à côté de l'accueil bienveillant qu'il lui fait, dénoterait un reste de froideur. Jusqu'à présent, il ne lui a point rendu encore les grandes et petites entrées, distinction "dont, à l'exception du prince de Bénévent, jouissent tous les grands dignitaires et grands officiers de la couronne. D'ailleurs, l'empereur Napoléon, de l'esprit du-

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quel le dépit que lui cause notre allilude actuelle ne s'effacera jamais, n'est pas content que nous ne nous soyons pas prononcés sur les objets par lesquels nous désirerions que le duc d'Oldenbourg fût indemnisé. 11 voit qu'il ne réussira pas à nous y déterminer, et que nous ne changerons pas le parti très sage que nous avons pris, de laisser à celui qui a troublé la bonne harmonie qui existait entre les deux cours le choix des moyens les plus propres à la rétablir. Il sent qu'il ne parviendra pas à remettre les choses sur le pied où elles étaient avant la réunion de l'Oldenbourg, sans faire des sacrifices réels, et quoique je sois fort éloigné d'espérer que jamais il en étende la mesure au point où il les faudrait pour amener un état de paix stable, il ne serait pourtant pas impossible que dans ce momentci, il ne fût disposé à nous accorder des concessions qui contribueraient, du moins d'une manière quelcon([ue, à détruire dans l'opinion publique et le tort qu'il nous a fait, et les bruits de guerre qui en sont la conséquence. Cette position incertaine, dans laquelle il se trouve à notre égard, le gène par rapport à l'Espagne qui, plus que jamais réclame ses soins et ses moyens, et si dans les dispositions du moment, il y a effectivement une nuance plus pacifique, elle doit être attribuée aux revers essuyés par le maréchal Soult, et à la situation générale de la Péninsule, que tous les rapports dernièrement reçus s'accordent à représenter comme très fâcheuse pour la France. Les réponses que l'on envoie aujourd'hui au général Lauriston, et

sur lesfjuellesje n'ai encore aucune notion, indiqueront le mieux, et l'effet des affaires d'Espagne sur nos rapports avec ce gouvernement, et celui qu'auront produit les nouvelles tranquillisantes apportées par le duc de Vicence. On veut cependant m'assurer qu'il se serait déjà fait sentir dans quelques mesures ordonnées au déparlement de la guerre, que depuis l'arrivée de M. de Gaulaincourt, les préparatifs contre nous étaient poussés avec moins d'activité, et que même la destination de plusieurs corps dirigés sur l'Allemagne avait été changée. On ajoute que les troupes rassemblées à Lyon se composant de régiments venus d'Italie, auraient reçu ordre de marcher en Espagne. Je ne saurais cependant encore garantir ce fait, qui renfermerait la meilleure et la seule preuve réelle, que l'empereur Napoléon ne veut pas la guerre en ce moment et ne vous suppose plus l'intention de la lui faire. 11 est encore une circonstance, qui sans être à beaucoup près aussi probante, viendrait à l'appui de cette opinion; c'est que le duc de Bassano a dit au chevalier de Bray*, avec lequel il est lié, que tout ce que le duc de Yicence avait apporté, et tout ce que le général Lauriston mandait, annonçait que la bonne intelligence entre les deux cours ne serait pas troublée, et que rien ne s'opposait plus à ce qu'il retournât à son poste. Pendant le séjour qu'il a fait ici, le Ministre des relations extérieures l'a beaucoup vu et questionné sur nous. Il m'a assuré avoir

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