Araktcheief (Alexis-Andréiévitch). Voir tome
4. Chichkof (Alexandre-Semenovitch), 1754-1840. Homme d'État; amiral et écrivain russe. Président de l'Académie des sciences de Saint-Pétersbourg depuis 1814, puis ministre de l'Instruction publique de 1824 à 1834, mourut membre du Conseil de l'Empire.
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larial de l'Empire. Plus la suite de l'Empereur était nombreuse, plus les intrigues étaient actives. Nos forces étaient divisées en deux armées, la première commandée par le général Barclay de Tolly1, la seconde par le Prince Bagration2. Elles pouvaient tout au plus s'évaluer à 250 mille hommes, tandis que Napoléon venait nous attaquer avec 400 000. Auprès de l'Empereur se trouvait alors un ancien officier prussien, le général Pfuel3. Il avait proposé un plan de campagne, qui donna lieu à une très vive opposition de la part du plus grand nombre de nos généraux. D'après lui,
1 . li.uicLAY de Tolly (Michel, Prince), 1 761-1818. D'une famille originaire d'Ecosse; commença sa carrière militaire par une entreprise des plus hardies : il pénétra (1809) en Suède en traversant sur la glace le golfe de Botnie. Ministre de la guerre en 1810, il dirigea, en 1812, les débuts de la campagne contre Napoléon, qu'il acheva sous les ordres de Koutousof. En 1815, commandant en chef après la bataille de Bautzen, bat Vandamme à Culm, contribue au gain de la bataille de Leipzig, prend part à la campagne de France et à la capitulation de Paris. En récompense de ses services, fut nommé feld-maréchal et fait prince.
2. Bagiution (Pierre, Prince), né en 1765 dans la Géorgie, sortait de la famille des Bagratides, qui régna longtemps sur ce pays. Entré au service de la Russie, servit sous les ordres de Souvarof, en Pologne (1794) et en Italie (1799); fut disgracié par Paul Ior. Rappelé par Alexandre 1er (1805), commanda un corps de l'armée envoyé au secours de l'Autriche, fit une belle retraite sur la Moravie, se distingua aux batailles d'Austerlitz, d'Eylau et de Friedland; commanda en chef la 2e armée de l'Ouest, en 1812, et fut blessé mortellement à la Moskowa.
3. Pfuel (Ernest de), 1780-1866. Général et homme d'Étal prussien. Jusqu'en 1806 au service de sa patrie; de 1806 à 1812 à celui de l'Autriche; entre, en 1812, dans l'armée russe, commande un corps de Cosaques et publie le récit de cette campagne en 1815. Fait la campagne de France sous Blucher. Après la prise de Paris, nommé
l'armée du général Barclay devait se retirer sur la Duna et y occuper un camp retranché à Dryna, pendant que le Prince Bagration agirait oflensivement sur le flanc et le derrière de l'armée française. Ce plan ne put être exécuté qu'en partie. On reconnut que pour obtenir les succès que M. de Pfuel en espérait, il aurait fallu des forces beaucoup plus considérables et des ordres avaient déjà été donnés au Prince Bagration de se réunir au général Barclay. Les événements de la guerre empêchèrent cette jonction qui ne put s'opérer que fort tard presque sous les murs de Smolensk.
Napoléon avait quitté Paris pour se rendre à Dresde, où il eut une enlrevue avec ses nouveaux alliés, les souverains de Prusse et d'Autriche. Voulant toujours se donner l'apparence d'intentions pacifiques, il envoya le Comte de Narbonne1 à Vilna, muni de lettres. J'avais beaucoup connu M. de Narbonne à Paris et j'eus avec lui quelques entretiens confidentiels qui me prouvèrent que cette mission ne pouvait avoir aucun résultat. L'Empereur le reçut avec bienveillance, mais évita de se prononcer. En retour de cette mission, il dépêcha le général Balachof auprès de Napoléon, pour lui porter sa réponse. Dans l'intervalle, Napoléon était arrivé à
commandant militaire de cette ville. Après la guerre commandant à Magdebourg, puis a Neufchâtel et enfin en 1847, gouverneur de Berlin. En 1848, pendant un mois, président du conseil et ministre de la guerre. Passa ses dernières années dans la retraite et a laissé sur son époque des souvenirs intéressants.
1. Narboxne-Lara (Louis, comte de). 1755-1815. Lieutenant géttéral, diplomate et ministre.
son quartier général. Ce fut au milieu d'un bal donné par le général Benningsen que l'Empereur apprit que l'armée française avait franchi le Niémen. Il fut résolu que nous quitterions immédiatement Vilna et dès le lendemain l'armée commença sa retraite. On n'avait plus le temps de rédiger un manifeste pour lequel j'avais eu soin de réunir des matériaux; il fallait cependant une publication quelconque. L'Empereur se décida pour un rescrit au Prince Soltykof l, président du Conseil, qui, pendant son absence, avait été placé à la tète des affaires à Pétersbourg. Je rédigeai à la hâte ce rescrit; il fut traduit en russe et rendu public. Notre retraite commencée se poursuivit jusqu'à Dryna. Quelques combats d'arrière-garde n'avaient pas toujours été désavantageux pour nous. En examinant ce camp fortifié, on ne fut pas longtemps à en reconnaître les défauts et l'impossibilité de s'y maintenir. Une grande décision y fut prise. Le général Barclay devait continuer sa retraite et l'Empereur se rendre à Moscou pour activer l'organisation de la milice qui avait été appelée de tous les coins de l'Empire et enflammer l'enthousiasme patriotique. Il partit accompagné seulement du
1. Soltïkof (Nicolas, prince), 1736-1816. Lieutenant général en 1767, général en chef en 1775, fut chargé par l'impératrice Catherine d'accompagner le grand-duc Paul (comte du Nord) dans son voyage en Europe, et plus tard de l'éducation de ses petits-fils, les grands-ducs Alexandre et Constantin. Devint ministre de la guerre et comte (1792) et fut promu feld-maréchal par Paul I". Nommé, en 1812, président du conseil de l'empire et du comité des ministres, reçut, en 1814, le titre de prince sérénissimo.
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Prince Volkonski1, son chef d'état-major, et de quelques aides de camp. Il m'ordonna de rester auprès du Maréchal Barclay et de me charger de la rédaction des bulletins de l'armée. Tout le reste de la nombreuse suite avait été renvoyé de Vilna à Pétersbourg. Je continuai à suivre l'armée ; j'assistai entre autres batailles à celle de Vitebsk où mon ami, le Comte Pahlen, se distingua par un combat d'arrière-garde. Quelques jours après, je reçus un courrier qui m'ordonna de venir rejoindre l'Empereur à Pétersbourg.
Au commencement de la campagne, l'état-major du Maréchal Barclay avait été singulièrement composé : le
î. Volkonski (Pierre Michailovitch, prince), général russe, né en 1776, mort en 1852. Entré au service à l'âge de quinze ans, il devint, en 1797, capitaine et aide de camp du czarevitch Alexandre, et, à l'avènement de ce prince (1801), fut nommé aide de camp général. A Austerlitz, il dégagea son souverain, cpii était serré de près par les Français, et, après l'entrevue de Tilsitt, il fut envoyé en France, où il consacra deux années à étudier l'organisation de l'état-major de notre armée. Ce fut d'après les observations qu'il avait recueillies qu'il organisa l'état-major général russe, dont il peuLêtre regardé comme le véritable créateur. Il établit, en outre, en 1810, une école de guides de la garde, qui devint en quelque sorte la pépinière de cet état-major. Le prince Volkonski prit une part importante aux opérations de 1812, et l'année d'après, il fut nommé chef d'état-major général de l'empereur. Il rendit d'éminents services lors de la bataille de Leipzig, ainsi que pendant la campagne de France, et plus tard, accompagna l'empereur Alexandre à tous les congrès qui se succédèrent jusqu'en 1823. Sous Nicolas, il devint ministre de la maison impériale, reçut le titre d'altesse sérénissime et le grade de feld-maréchal, et jusqu'à sa mort fit preuve d'une activité presque juvénile. C'est incontestablement l'un des hommes qui ont joué le plus grand rôle dans l'histoire politique de la Russie pendant la première moitié du xix" siècle.
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général Lavrof, chef d'état-major, le général Mouchin, quartier-maître général. C'étaient deux hommes d'une incapacité déplorable. Déjà à Yilna, le général Lavrof avait été remplacé par le Marquis Paulucci qui avait servi avec distinction; mais celui-ci ne conserva pas longtemps une place si importante. 11 s'était rendu insupportable par la violence de son caractère et sa présomption. Il l'ut bientôt mis de côté, mais plus tard, on le nomma Gouverneur de Riga; le général Iermolof1 devint chef d'état-major et le général Toll*, quartier-maître général. Une opération telle qu'une longue retraite n'était comprise, ni par le public, ni par l'armée, quoiqu'elle fût notre unique chance de salut.
L'Empereur, en quittant le général Barclay à Polotzk, lui avait dit : « Conservez mon armée, c'est la seule
1. Iermolof (Alekséï Petrovitch), général russe, 1777-1861. Comr manda en 1815 un corps d'armée sous Barclay de Tolly, demeura quelque temps en France après l'invasion. Commandant en chef au Caucase (1817-1827). Battit en 1826, les Persans sous Abbas Mieza. Fut remplacé en 1827 par Paskewitch et se retira à Moscou où il vécut dans la retraite.
2. Toll (Charles-Ferdinand, comte de), 1778-1842, général russe, entra en 1796 clans l'armée, fit avec distinction les campagnes contre les Français et contre les Turcs; fut en 1812 quartier-maître général de Koutouzof. Remplit en 1815 les mêmes fondions auprès de Barclay de Tolly; fut promu général-lieutenant sur le champ de bataille de Leipzig. Se prononça, en 1814, pour la marche sur Paris ; devint chef d'état-major de la première armée et en 1826 général d'infanterie. Chef d'état-major de Diebitch pendant la campagne de Turquie en 1829 et pendant celle de Pologne en 1851 et prit, à la mort de Diebitch, provisoirement le commandement de l'armée. Nommé, après l'insurrection de Pologne, membre du conseil de l'empire, devint, en 1855, directeur général des voies de communication par terre et par eau; mourut à ce poste.
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que je possède. » Pénétré de cette pensée, le brave général, avec une abnégation bien rare, brava toutes les rumeurs de la nation, toute l'animositédes généraux, et poursuivit avec une noble persévérance la tâche que la volonté de l'Empereur lui avait imposée. Le général Barclay était issu d'une famille écossaise établie depuis un siècle en Livonie. 11 n'était pas russe pur sang; de là, en grande partie, les clameurs qui s'élevèrent contre lui. Elles furent poussées au point que l'Empereur jugea nécessaire, pour ménager le sentiment national, de placer à la tête des armées un général portant un nom russe. Il nomma le Maréchal Koutousof1 chef des deux armées qui avaient enfin opéré leur jonction sous les murs de Smolensk.
J'étais resté à l'armée, ce fut près de Gzad que je reçus par courrier l'ordre de l'Empereur de venir le rejoindre à Pétersbourg. Je partis immédiatement et rencontrai en route le maréchal Koutousof qui m'arrêta pour m'interroger sur l'état-major de l'armée. Le Prince Koutousof avait parcouru une carrière brillante. Une victoire remportée sur le Grand Yizir, aux bords du Danube, avait amené la paix de Bucharest, qui, à l'époque où Napoléon envahissait la Russie avec quatre cent mille hommes, était un grand bienfait, en rendant disponible l'armée de Turquie. C'est à lui qu'on la dut principalement. La nouvelle nous en parvint à Vilna, avant le commencement des hostilités. Le Comte Rou-