Woko.ntzof (Alexandre, comte). Voir tome, I
lui, et que je pourrai réserver cette protection pour une grande occasion.
Il est deux heures après minuit, je suis harassé de fatigue et tombe de sommeil : permettez-moi, mon cher père, d'aller me coucher.
Le comte Charles de Nesselrode à sori père.
Berlin, le 25 septembre 1802.
La course que j'ai faite à Potsdam pour voir les manœuvres m'a empêché, mon cher père, de répondre à votre lettre du 14 septembre et de vous tirer plus tôt de l'erreur dans laquelle vous êtes relativement aux changements qui, d'après votre dernière lettre, doivent avoir eu lieu parmi les envoyés de la cour de Vienne. M. de Saurau1 mériterait qu'on le rappelât pour la conduite ridicule qu'il a tenue pendant tout son séjour
1. Saurau (François, comte), homme d'Etat autrichien, 1760-1850. Nommé, en 1801, ambassadeur d'Autriche à Pétersbourg, il ne réussit pas à rallier la Russie à la politique autrichienne. En 1805, il tut nommé maréchal des Etats de l'Autriche; il les présida jusqu'en 1800, époque où il devint commissaire impérial en Styrie, Carinthic et Carniole. En 1810, il l'ut nommé gouverneur général de la province d'Autriche. En 1814, il tut chargé de l'organisation des provinces illyriennes évacuées par les Français. Gouverneur de la Lombardie en 1815, et plénipotentiaire auprès de l'armée autrichienne pendant la guerre de Naples, il lut nommé, en 1817, ambassadeur à Madrid et, en 1818, chef de toutes les chancelleries de l'empire.
en Russie et spécialement à l'occasion de la conclusion de la convention entre la France et la Russie et des indemnisations en Allemagne. En ce qui touche le comte Sladion; quand on sait qu'il a été placé ici par le comte Trautmannsdorff, et qu'on connaît les rapports qui existent entre lui et Cobentzcl', il est facile de concevoir que ce n'est pas dans ce moment qu'on lui olïrira une place de l'importance de celle de Paris. Ce n'est certainement pas de cette manière que nous devons craindre de le perdre, mais il se pourrait qu'il se lassât d'être l'organe de la conduite perfide de la cour de Vienne et qu'il renonçât de lui-même à un service, duquel il peut fort bien se passer, attendu qu'il jouit d'une fortune considérable. Au reste, je suis bien aise d'ajouter ici que dans tous les démêlés avec cette Cour, il a agi avec une loyauté et une fermeté de caractère qu'on rencontre rarement dans un agent autrichien.
J'ai tout lieu d'être content de la course que j'ai faite à Potsdam, les manœuvres étaient belles et le temps superbe. J'y ai rencontré le Duc de Weimar qui m'a dit vous avoir vu pendant son séjour à Francfort, et j'y ai fait ma cour à la Princesse héréditaire de Mecklembourg, qui m'a encore frappé par sa beauté; elle a pris un peu d'embonpoint, ce qui l'embellit beaucoup.
Adieu, mon cher père, je vous aime toujours bien tendrement.
Charles N.