‹ Lettres et papiers, 1760-1850, extraits de ses archives; (volume 3)Chapitre 31 sur 36 · Barrington (Samuel), amiral anglais · texte numérisé non relu

Barrington (Samuel), amiral anglais

était un homme bien différent dans l'emploi des moyens. Je doute, par exemple qu'il se fût jamais associé dans l'administration, surtout pour la direction de la marine, à l'astucieux M. Dundas1, aujourd'hui Lord Melville, et moins encore qu'il eût consenti à une expédition aussi grave, aussi importante que la dernière qu'on a entreprise contre Boulogne et dont le succès importait tant à la gloire des armes anglaises, en en confiant le commandement à sir Home Popham*, dont les revers de fortune précédents avaient déjà prouvé l'incapacité. Car, depuis le commencement de cette guerre, je ne pense pas que rien n'ait coûté plus cher à l'Angleterre que l'emploi du duc d'York et celui de sir Home Popham, la flétrissure des armes à la guerre étant à mon avis dans le sens moral encore un plus grand malheur que la perte des hommes.

Pour achever de vous peindre, mon cher fils, le caractère de M. Pitt père, je n'ajouterai plus qu'une seule anecdote : le ministre consentit, en 1761, à ce que la France envoyât M. de Bussi, premier commis au département des affaires étrangères (c'était sous le ministère de M. le duc deChoiseul), à Londres, pour traiter de la paix sous la médiation de l'Espagne, qui

1. Dundas (Henry, lord Melville), 1 741-1 811, homme d'État anglais. Solicitor général en 1775. Lord awent d'Ecosse en 1775. Ministre de l'intérieur en 1791, ministre de la guerre en 1794. Fut créé lord Melville et baron Duneira en 1802. Ministre de la marine en 1804. Fut accusé par l'opposition de malversations, traduit devant la Chambre des Lords et acquitté en 1806. Vécut depuis dans la retraite.

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