‹ Lettres et papiers, 1760-1850, extraits de ses archives; (volume 4)Chapitre 21 sur 69 · OzEROF, premier secrétaire à Berlin · texte numérisé non relu

OzEROF, premier secrétaire à Berlin

dans le but de la commission assez délicate dont Saglinski est chargé. Je n'ai pas eu le temps encore de causer avec Ozerof; tout cela n'est pas rassurant. Le Roi manque évidemment de tenue et de suite, et, par sa prédilection pour les piétistes, il froisse gratuitement l'opinion publique, sans aucun profit pour lui et son gouvernement. Sa conduite en Allemagne a été, en revanche, admirable ; et, pour la politique extérieure, je suis persuadé que nous aurons toujours à nous louer de lui et qu'il marchera dans la bonne voie.

Je n'ai rien de nouveau à vous apprendre aujourd'hui. Les deux expéditions que j'ai reçues, l'une de Vienne, par Dmitri, l'autre de Londres, par Ozerof, sont de la véritable moutardeaprès dîner. Elles ne roulent que sur les difficultés que faisait la Porte, à l'instigation de lord Ponsonby, d'accorder l'hérédité à Méhemet-Ali, et, vingt-quatre heures avant l'arrivée de Dmitri, j'avais reçu de Constantinople la nouvelle que l'hérédité avait été accordée par le Sultan. Ainsi toutes les agitations, toutes les jérémiades du prince de Metternich, toutes ces agitations à Vienne, étaient en pure perte. Mon cher Meyendorff, il y a dans tout cela beaucoup de petitesses, de pusillanimité, et, dans le fond, toujours un sentiment de jalousie contre nous-mêmes chez nos meilleurs amis et alliés. Combien de fois Metternich ne nousa-t-il pas prêché, conjuré de nous rapprocher de l'Angleterre! A présent que nous sommes bienavecelle, il craintque nos relations ne deviennent trop intimes. On ne sait plus que faire pour être agréable aux gens. Heureuse-

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ment que l'idée d'un acte final, auquel s'associerait la France, paraît avoir passé par tout le monde, et même Metternicb, qui y tenait le plus et voulait à toute force faire asseoir M. Guizot à la table ronde, y substitue aujourd'hui une déclaration que la Porte adresserait aux cinq puissances pour leur notifier que l'affaire d'Egypte est terminée et que les détroits restent fermés aux bâtiments de guerre de toutes les nations. Four ma part, j'approi ve fort cette manière d'en finir : elle est simple, convenable et nous évite toute négociation inutile et embarrassante avec la France. Mille amitiés.

La comtesse Charles de Nesselrode à son mari.

Paris, 5 février 1841.

Il m'a fallu suivre la discussion relative aux fortifications de Paris pour arriver à croire que les représentants d'une grande nation puissent jouer un rôle si misérable, et n'obéir qu'à des motifs personnels pour Irancber une aussi grave question, sans se soucier du pays qu'ils obéraient. Personne n'étail pour ce projet, pas même le ministère qui ne l'a accepté que pour no pas compromettre le Roi qui avait commencé les travaux et déjà dépensé onze millions. Au moment du changement de ministère, Salvandy avait engagé ces messieurs

à assembler un comilé mililaire chargé d'établir un autre projet de fortifications, qu'on aurait soumis à la Chambre. C'était éloigner Thiers elle faire rentrer dans l'ombre ; ces messieurs n'ont pas eu ce courage, dans la crainte que l'opposition ne se liguât contre eux. L'amendement du général Schneider a été revu par le maréchal Soult, avant que le général fût autorisé à le présenter. Ses discours t'ont prouvé qu'il ne voulait que des forts détachés et que par faiblesse il a fini par acquiescer à tous. Guizot a joué un rôle pénible dont personne n'a été dupe et qui l'a mis encore plus mal dans l'opinion. Après le discours deDufaure qui avait produit un grand effet sur la Chambre, Guizot s'est dit que le vote de l'amendement aboutirait à un remaniement de ministère, que le maréchal resterait et recomposerait le ministère avec Dufaure et Passy*. C'est alors, que pour conjurer ce péril, il a tenu le discours que tu as lu, je suppose, et dans lequel il a effrayé tout son parti en lui montrant le changement de ministère qui le menaçait, mis en avant la grandeur de la France et l'opinion qu'on aurait à l'étranger si la Chambre se détachait du désir du Roi. D'autre part, le roi et le duc d'Orléans ont travaillé dans le même sens et la loi a fini par être votée, sans conviction. Tout le monde a compris que la coali-

1. Passy (Hippolyte-Philibert), homme politique et économiste français, né en 1793, mort en 1880. Ministre du commerce et des travaux publics (1836), des finances (1839); pair de France (1843), ministre des finances (1848-1849). Refusa de donner son adhésion au coup d'État du 2 décembre 1851 et rentra à partir de cette époque dans la vie privée.

tion n'était qu'un prétexte et n'en a pas moins voté la loi. Ce qui m'a impressionnée, c'est l'attitude deThiers, son impatience, son agitation, ses interpellations, la façon surtout dont il a traité le ministère, en l'obligeant à fournir des explications ; ce qui m'a non moins surprise, c'est de voir le vieux Soult lui donner satisfaction sans le rembarrer et Guizot plutôt le ménager. Salvandy m'a dit que le plan de ce dernier était de s'appuyer sur la gauche, afin de rendre tout changement impossible et que la crainte de revoir Thiers au pouvoir y ferait maintenir Guizot. Tous ces messieurs sont au plus mal ensemble. Soult ne peut oublier la manière dont son collègue s'est expliqué à la tribune sur son compte. C'est déplorable, c'est misérable et je t'assure que j'ai les nerfs agacés de ce spectacle.

Tu te rappelles que Soult a formellement promis que la loi serait ponctuellement exécutée. Eh bien, l'autre jour, j'ai eu un long entretien avec M. Duchâtel*; il a commencé par me dire que Thiers avait beaucoup perdu dans l'opinion et ne jouissait plus que d'un piètre crédit à la Chambre. Ce n'est pas mon avis, car c'est à lui qu'on attribue l'honneur de l'avoir emporté dans ces débats et la masse conclura qu'il a tenu les Puissances haut la main. Le ministre m'a dit ensuite que le Roi était très heureux de voir se réaliser son vœu le plus

I. DuciiATEL (Charles, comte Tanneguy), homme politique français, né en 4803, mort en 1867. Député de la Charente-Inférieure (1833); ministre du commerce (1834-1836); ministre des finances (1856- 1857), ministre de l'intérieur (1840-1848).

ardent, la construction de ces défenses, puis il a eu la naïveté d'ajouter que, depuis que Lyon était entouré de forts, il n'y avait pas eu d'émeute dans cette ville ; enfin, il m'a déclaré qu'on ne bâtirait que quinze bastions. Le gouvernement a donc menti à la tribune. Je crois que la gauche exigera l'entière exécution et suis persuadée que le Roi, au lieu de se raffermir, comme il le suppose, s'est affaibli en se créant de nouvelles difficultés. Cela coûtera le triple de ce qui a été prévu ; le ministre des finances est aux abois, quoiqu'on dise généralement que le pays est trop riche pour que la question d'argent présente le moindre danger.

Le duc d'Orléans ne trouve aucun homme supérieur à Thiers, aussi, sans aucun doute, s'empresserait-il d'en faire son premier ministre, s'il était appelé à monter sur le trône. Il a adressé d'amers reproches et fait au marquis de Mornay, le gendre de Soult, qui s'était prononcé contre la loi, une scène terrible au cours de laquelle il s'est emporté au point de lui dire qu'il se sentait Jacobin, qu'il était un sans-culotte et mettrait le bonnet rouge, si cela était nécessaire. Mornay s'est contenté de lui répondre qu'il ne pouvait partager ses sentiments. C'est ce monsieur qui a raconté cela dans un salon où j'étais à une personne qui est venue nous le redire.

Les fonds secrets seront votés à une forte majorité, afin de garder le ministère actuel. Pour le moment, Thiers, Mole et d'autres ne veulent pas du ministère. Pasquier, malgré son dévouement au Roi, est furieux

du vote des fortifications; on ne l'a jamais vu si irrité, dit-on. Malgré tout cela, le parti conservateur se raffermit; il est certain qu'en général on veut la tranquillité. Mon opinion est que l'Europe doit plutôt voir d'un œil satisfait les finances de ce pays embarrassées et les complications sans nombre dont il s'est gratifié. Cette alliance de la royauté avec Thiers et l'extrême gauche a encore affaibli le prestige royal. On dit que la gauche ne se gêne plus pour parler de l'avenir qu'elle entrevoit, une fois les fortifications en train ou achevées. Je ne comprends pas comment en France tout peut encore marcher aussi bien, je crois qu'il s'y trouve un bon fond d'administration qui soutient le pays.

J'ai entendu, hier, pour la seconde fois, la Somnambule ; Rubini y est ravissant. Ce qu'on donne dans la perfection, c'est Don Juan; Lablache s'y montre en tous points excellent. A mon avis, les chanteuses sont inférieures. La Grisi est paresseuse, elle ne travaille pas assez et de temps en temps fausse la note, mais c'est toujours une grande artiste. Je partage néanmoins l'opinion de ceux qui ont un penchant pour laPersiani ; elle laisse encore à désirer, mais elle a une méthode et une facilité admirables.

Le comte Charles de Nesselrode an baron de Meyendorff.

Saint-Pétersbourg, 15 février 1841.

Voici, mon cher baron, une lettre pour ma femme, que je vous prierai de garder jusqu'à son arrivée et de lui remettre en main à son passage. J'espère qu'elle ne tardera pas à paraître à Berlin ; elle voulait quitter Paris le 15 février. Elle vous donnera des notions intéressantes, ayant assisté en personne au délire des Chambres françaises. Je ne lui envie pas ce bonheur qui pour moi eût été un grand ennui. Plus j'avance en âge, plus les paroles inutiles me deviennent antipathiques, et rien ne prouve mieux qne les débats des Chambres françaises, que ce n'est pas par elles qu'on fait les bonnes affaires. Au lieu d'un gouvernement à bon marché, comme les prôneurs de la révolution de juillet le proclamaient, c'est le gouvernement le plus cher que la France ait jamais possédé. Voilà ce qui devrait un peu guérir nos bons Prussiens de leurs manies constitutionnelles. Hélas! cher baron, je vois par votre dernière lettre qu'elles se réveillent, au contraire, davantage. C'est triste et ne se passera pas, je le crains, sans orage ; s'il éclatait, tout dépendrait de l'esprit de l'armée. Dites-moi ce que vous en pensez ? Nous sommes pourtant condamnés à vivre dans des temps fort extraordinaires; à peine une tempête calmée, que d'autres

nuages s'élèvent sur l'horizon et voilà ce qu'on appelle la paix.

Depuis que le Sultan a accordé l'hérédité au pacha d'Egypte, je suis tranquille sur la question d'Orient. A Vienne, on s'est encore beaucoup agité et tourmenté gratuitement. Je ne comprends plus Metternich, il a perdu toute énergie; une telle pusillanimité jette un fâcheux reflet sur les derniers jours de sa vie politique.

L'idée d'un acte final, auquel la France devrait participer, tombera, je n'en doute pas, devant l'impossibilité d'en imaginer un qui puisse lui convenir. On commence aussi à le sentir à Vienne. Je ne me préoccupe pas beaucoup de cela et m'en remets à Palmerston du soin de ne pas trop accorder à la France. Il n'y a qu'à débattre cette question avec Bulow et Esterhazy ; ce qu'ils arrêteront d'un commun accord, nous l'adopterons. Brunnow a pris fort sagement le parti de se tenir un peu à l'écart de cette discussion qui, très probablement, n'aboutira à rien du tout.

Je n'ai pas eu le temps encore de m'entretenir avec Ozerof de la maison. Cela vient fort mal à propos. Nous sommes dans les comités des finances jusque par-dessus les oreilles, et il est question de rogner les budgets de tous les ministères afin de couvrir le déficit que la disette a causé. Comment, dans un pareil moment, demander de nouveaux fonds pour la bâtisse de Berlin. Ne m'en veuillez donc pas si j'examine avec un peu de sévérité les propositions que Ozerof m'apportera, et gardez-moi

le secret sur ce que je vous confie du triste état de nos finances.

Le pauvre Cancrine est excessivement tourmenté depuis son retour. J'ai entamé avec lui et Turkull l'affaire de la Prusse, mais elle ne marche pas parce que ces messieurs sont absorbés par mille autres affaires. Une première conférence avec eux m'a prouvé que nous nous entendrons plus facilement que je ne l'avais pensé.

C'est vous, cher baron, qui, le premier, nous avez donné la nouvelle de la soumission de Méhémet-Ali et de la restitution de la flotte turque. Les nouvelles de Constantinople sont en retard. Voilà donc une affaire finie et bien finie. J'espère que nous n'en n'entendrons plus parler.

Toutes mes amitiés.

La comtesse Charles de Nesselrode à son mari.

Paris, 13 février 1841,

A la Chambre des Pairs, on tient des conciliabules, en vue de rédiger un amendement, mais quoique tous se prononcent contre les fortifications, à commencer par Pasquier, il y aura majorité pour la loi. Le Roi et le duc d'Orléans agissent de tout leur pouvoir et les Français, tout en méprisant Sa Majesté, ne savent pas résister à

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ses belles phrases, surtout lorsqu'elles sont accompagnées de promesses de places ou d'argent.

Le National est traduit devant la Chambre des Pairs; il sera condamné à quarante mille francs d'amende et cinq ans de prison.

Je crois la guerre tôt ou tard inévitable ; Louis-Philippe la désire, quoi qu'il en dise, et, par les armements qu'il fait, il y sera dans tous les cas entraîné ; c'est d'ailleurs le rêve de son fils. Il est certain qu'au moment de la déclaration de guerre ils deviendront populaires. Il me semble aussi qu'ils s'appuient de nouveau sur la Révolution ; ils ont même changé de langage et tiennent d'inconcevables propos lorsqu'ils parlent des fortifications. La grande fermentation qui règne sourdement durera peut-être encore un certain temps, parce qu'au fond toutes les classes désirent le calme; mais, je le répète, cela finira par une explosion. On s'étonne de voir les choses aller encore et l'administration poursuivre sa marche régulière.

Pahlen paraît désirer se retirer et en parle sérieusement; je crois, entre nous, qu'il craint que les affaires ne prennent bientôt une tournure sérieuse et qu'il doute de ses moyens. Il est certain qu'il n'en manquerait pas s'il avait plus de confiance en lui.

J'ai vu hier deux personnes très au courant de ce qui se passe; elles prétendent qu'à la chambre des Pairs on est très monté contre les fortifications, que quelquesuns, non des moins influents, se mettent à la tête de l'opposition et que Pasquier lui-même descendra de son

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fauteuil pour parler contre la loi, si cela est nécessaire. Le grand référendaire, d'autres Pairs, parmi les plus prépondérants, réunissent chez eux leurs collègues pour les entraîner à voter l'amendement qui sera celui de Schneider, revu et corrigé. Le Roi pour décider ces messieurs à voter la loi leur dit que faire opposition à un projet pareil, c'est voter contre la dynastie.

Baranle a été très piqué de ce que tu ne lui aies pas fait part de la note qui a fait tant d'effet ici ; il dit qu'elle n'a pas eu de suite et que le Maître est toujours mal disposé ; il paraît découragé. Il écrit que les ressources gouvernementales clochent et que les finances sont dans un triste état.

Tous les partis ici veulent notre alliance et malgré l'amabilité du Parlement anglais ne se laissent pas séduire par lui.

J'irai à la chambre des Pairs pour le procès du NationaL On dit que les débats en seront très intéressants, surtout si le gérant parle, mais je pense qu'il n'en aura pas le courage. Je suis invitée à entendre chez Mme Récamier la lecture d'un chapitre des Mémoires qui ne seront publiés qu'après la mort de M. de Chateaubriand, et je te prie de croire que c'est une grande faveur.

La même au même.

Paris, 18 février 1841.

L'abbé Lacordaire a prêché hier, à Notre-Dame; Michel Chreptowilch y était, mais trop loin de la chaire pour pouvoir tout suivre. Ce qu'il a pu saisir du sermon l'a suffisamment édifié : c'est du républicanisme pur ; il a été entendu par cinq mille personnes et, s'il en a choqué quelques-unes, il a été certainement goûté par le plus grand nombre. Tu peux te figurer l'effet que doivent produire sur un auditoire, naturellement disposé à secouer toute autorité, des théories subversives, professées ex cathedra et soutenues avec une réelle éloquence; tu t'imagines aussi tout le mal qu'elles peuvent faire.

La Chambre des Pairs espère toujours faire accepter l'amendement qui renouvelle le projet du maréchal Soult, présenté l'année 1853. Le duc de Broglie, qui est partisan des fortifications, n'a pu réunir chez lui que 52 pairs, le duc de Fezensac\ 50. Le général Caux*, ainsi que quelques autres militaires, est contre. Ce n'est que la semaine prochaine que cette discussion intéressante

1. Fezensac (Raymond-Émery-Philippe-Joseph de Montesquieu, duc de), général, pair de France, né en 1784, mort en 1867.

2. Caux de Blacquetot (Louis-Victor), général, né en 1775, mort en 1845. Maréchal de camp et inspecteur des fortifications sous la Restauration.

aura lieu ; je regrette beaucoup de ne pouvoir l'enlendre. La loi devient très impopulaire.

Le comte Charles de Nesselrode à sa femme.

Saint-Pétersbourg, 23 février 1841.

J'ai reçu cette semaine deux lettres de loi, chère amie, l'une du 11 janvier, l'autre du 5 février. Cette dernière m'est parvenue par un courrier prussien et renferme des détails curieux sur les inconséquences de la nation française, grande nation jadis, lorsque ce qu'ils appellent leurs tyrans, Louis XIV et Napoléon, les conduisaient à la gloire; bien petite aujourd'hui, qu'elle est gouvernée par une synagogue de bavards. Leurs discussions sur les fortifications resteront à jamais comme un monument de l'absurdité humaine et serviront d'exemple pour montrer jusqu'à quel point de déraison peuvent être poussés des hommes d'esprit et de talent. Je n'ai pas entendu comme toi toutes ces extravagances, je ne les ai même pas lues, mais je partage complètement le sentiment de pitié et de dégoût qu'elles t'ont inspiré. Un tel état de choses ne peut pas durer : telle doit être la conviction que tu as emportée, mais, d'autre part, il serait difficile de fixer le terme de toutes ces folies. C'est une nation qui aime à vivre de

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