Neumans (Philippe, baron de), diplomate autrichien
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comme moi dans un pénible étonnement de voir Peel se prononcer d'une manière si gratuite et si imprudente, .('avais tout fait pour l'en empêcher. J'avais dit et redit avec Aberdeen et Fitzgerald ce que Peel devait articuler ou taire. Le tout avait été aussi bien arrangé qu'il est possible d'arranger les choses humaines. Peel a échappé à Aberdeen et à Fitzgerald pour faire un discours que vous désapprouverez d'autant plus que rien ne vous déplaît aussi fortement que les sottises gratuites. Qu'avait-il besoin de juger si notre administration est bonne ou mauvaise en Pologne, si notre conduite envers les émigrés est sage ou non? Qu'il nous laisse le soin de piendre le conseil de nous-mêmes. Bon Dieu, cet homme ne saura jamais comprendre l'Empereur, ni la Russie. Il y avait de si bonnes choses au fond de la pensée de Peel, il y avait même des choses si bien dites dans son discours, pourquoi diable, a-t-il entremêlé cela de phrases qui gâtent tout l'efTel et qui pourront produire sur l'esprit de l'Empereur l'impression la plus fâcheuse.
Je vous serais très reconnaissant si vous aviez la bonté de m'écrire deux lignes, le plus tôt possible, pourm'annoncer comment l'Empereur aura reçu mon rapport sur cette affaire. Écrivez-moi cela en lettre particulière et non en chiffre^ car le chiffre est un supplice pour celui qui veut lire vite. Peu importe qu'Aberdeen lise votre lettre. S'il y trouve que vous avez été péniblement surpris et affecté du discours de Peel, il ne lira que tout juste ce que je lui ai prédit et ce qu'il pense lui-même.
La chose étant dite, le tout consiste à empêcher Peel de retomber dans le même bourbier. Nous nous cotiserons tous pour que cela n'arrive plus. D'abord ses propres amis sont les premiers à lui reprocher sa lourde bévue. Ensuite le prince Metlernich lui redira la même chose. Quant à nous, je ne crois pas que nous puissions lui dire des choses plus fortes et plus utiles que votre dépêche du 5 août 1835. C'est une pièce remarquable que je vous prie de relire. Elle est comme faite pour la circonstance d'aujourd'hui. En la plaçant sous les yeux de Peel, je vous ai épargné, j'espère, la peine et l'ennui des éternelles redites sur l'affaire de Pologne. Il ne vous restera, je pense, qu'à confirmer les principes que vous avez émis, il y a dix ans, et qui, de fait, ont épuisé la matière. Il n'est pas donné à l'homme d'inventer quelque chose de nouveau sur cette maudite afïiure de Pologne. Je ne vous en parlerai pas davantage aujourd'hui, car je vous adresse une lettre sur celte même affaire, par VAlexandra, qui n'est jamais trop pressé. Voilà pourquoi je n'ai pas voulu courir la chance de laisser arriver à Saint-Pétersbourg le pyroscaphe le Jupiter avec les journaux anglais, sans vous remettre en même temps le duplicata de mes dépêches.
Que direz-vous du troisième attentat contre la Reine? C'est un abominable temps que celui où se passent de telles infamies. On est à se demander encore si la chose est vraie ou si c'est une simple mystification. Je vous envoie le résumé des nouvelles publiées par les journaux. Jusqu'ici, il n'y a pas de version plus détaillée.
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Je me réserve de vous en écrire tout ce que j'apprendrai de plusvéridique, sans trop me lancer dans les conjonctures sur les complots dont on parle déjà vaguement ici, mais que rien ne constate jusqu'à ce moment. Mille hommages respectueux de votre très dévoué.
Le comte Charles de Nesselrodc au baron de Meyendorff.
Saint-Pétersbourg, 5 juillet 1842.
Le Roi nous est arrivé le l" juillet, à trois heures après midi. La traversée a été des plus promptes et des plus heureuses. Le lendemain, il a eu une légère indisposition causée par l'eau de la Neva, mais, dès le soir, il a paru à la soirée de l'Impératrice. Comme j'ai été ohligé de retourner le jour même en ville, j'ai été privé ce jour-là de l'honneur de lui faire ma cour, mais comme je dois retourner à Péterhof, pour y rester à poste fixe, trois jours de suite, j'espère hien trouver l'occasion de le voir.
Ce qui m'a le plus occupé tous ces temps, c'est l'expédition que vous avez envoyée par Vegesack jusqu'à la frontière. J'ai beaucoup avancé la besogne et j'espère, très incessamment, pouvoir vous annoncer un dénouement satisfaisant qui aura surtout pour vous le mérite précieux de n'empêcher ni de troubler votre cure
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de Gastein. Aussi, puis-je, en toute conscience vous engager à ne pas différer davantage votre départ. La santé avant tout, et la vôtre, cher baron, à ce que vient encore de me confirmer le prince de Hohenlohe, à notrebien vive affliction, a besoin d'un remède prompt et efficace. Puissiez-vous le trouver à celte fameuse fontaine de Jouvence à laquelle Schœnlein vous envoie!
Le même au même.
Saint-Pétersbourg, 21 juillet 1842.
Il est sûr et certain que les Prussiens ont un talent particulier pour gâter les meilleures affaires; on ne peut même plus leur faire un cadeau, ils trouvent encore le moyen de le recevoir de mauvaise grâce et de verser du vinaigre, là où le miel leur coule à pleins bords. Voilà comment ont fini mes pourparlers avec les Cabinets RaMhe. Leur réponse, remise au moment où ils montaient sur le pyroscaphe, a tout abîmé et m'a fait perdre le fruit de quinze jours d'efforts, de conciliation et des plus généreux sacrifices de la part de l'Empereur, faits dans l'unique but d'améliorer nos relations limitrophes et de rendre le Roi content. Je les avais conjurés de ne pas parler du traité de Vienne et de rendre leur réponse aussi simple que possible; de mettre toute diplomatie de côté, car c'est pour cela que
l'Empereur a voulu que je traitasse avec Muller et Uhden* et non avec Liebermann. Au lieu de se borner à remercier pour nos commissions et de dire que, quant au cartel, le Roi était disposé à faire en retour tout ce qui pourrait être agréable à l'Empereur, ils y attachent, en ne la prolongeant que d'un an, la condition d'une nouvelle négociation dont le but serait évidemment de nous imposer de nouveaux sacrifices. Un tel procédé, une pareille manière d'agir a dû nécessairement blesser l'Empereur au vif. Et, en effet, elle offre un contraste frappant avec la conduite si noble et si désintéressée de notre auguste maître. Ces grippe-sous de Prussiens sont incapables d'apprécier de pareilles choses ; il faut mai chanderavec eux comme avec les Juifs. Ils ont cru nous tenir par le cartel, et grande a été leur surprise lorsque je leur ai déclaré que nous pouvions nous en passer et que l'Empereur n'en demandait pas le renouvellement. Effectivement, après de mûres réflexions, on a trouvé chez nous, et c'était surtout l'opinion du prince de Varsovie, que nous pouvions, à la rigueur, vivre sans cartel, et qu'il ne fallait pas le payer plus cher qu'il ne vaut en réalité. Voyons maintenant si le Iloi se décidera à nous l'offrir gratis, et de meilleure grâce que ne l'ont fait ses conseillers, car ce n'est qu'ainsi que l'Empereur pourrait peut-être l'accepter. Voilà, mon cher Meyendorff, ce que j'avais à ajouter à mes deux longues dépêches qui abondent en arguments et en raisonnements
\. UiinEs (d'), ministre de la justice en Prusse (1846).
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el vous instruisent avec détails de tout ce qui s'est passé depuis la réception de votre grande expédition du 17 juin. A celle-ci se trouvaient annexées deux pièces (|ui ont produit sur nous une impression fort différente : autant la note de Bulow était convenablement rédigée, autant nous avons dû être choqués du ton qui régnait dans les observations marginales du mémorandum ; elles étaient presque violentes. Relisez-les et vous trouverez comme nous que l'outrecuidance prussienne y perce à chaque ligne. Il est bien difficile de s'entendre avec eux, et je vous plains du fond de mon cœur d'avoir à traiter avec des hommes aussi présomptueux. Pour ma part, à leur réponse près, je n'ai pas eu à me plaindre des Cabinets Raethe. Le vieux Muller est un brave homme animé des meilleures intentions, mais il s'est peu mêlé de l'affaire et en a laissé tout le fardeau à son collègue Uhden, qui a de l'esprit, qui est au fait de la question, mais qui me paraît un peu jeune Prusse.
Le Roi a eu la bonté de me recevoir deux fois ; il a un cœur d'or, de l'esprit, surtout de l'imagination; mais pour bien gouverner son pays dans des temps aussi difficiles, cela ne suffit pas. Avec l'Empereur, tout s'est passé à merveille, et leurs adieux ont été touchants. Tout eût été pour le mieux sans cette sotte réponse ; malgré cela, j'espère que l'entrevue des deux beaux-frères aura fait du bien. Quant aux entours du Roi, dispensez-moi de vous en parler; vous les avez jugés : c'est au-dessous du médiocre.
J'esnèro aue cette expédition vous trouvera encore à
Berlin. Après vous être acquitté des ordres qu'elle renfei-me, partez pour Gastein ; il me tarde, mon cher baron , de vous y voir ; vous ne sauriez croire combien votre santé nous donne de soucis et de sollicitude. Veuillez la bien rétablir, une fois pour toutes, et croyez que personne ne s'en réjouira davantage que votre très dévoué.
La comtesse Charles de Nesselrode à son fils le comte Dmitri de Nesselrode.
Saint-Pétersbourg, 50 octobre 1842.
Je t'ai déjà fait part de l'orage qu'a soulevé la saisie faite par l'Empereur entre les mains du dernier courrier de Berlin, expédié par MeyendorfT. Ce courrier s'étant présenté tout droit chez l'Empereur, Sa Majesté, après avoir reçu les plis qui lui étaient destinés, lui a demandé s'il n'avait pas autre chose; le courrier a dû répondre oui et lui remettre les autres objets que contenait la valise. L'Empereur a été si furieux pendant quelques jours que son entourage en a été stupéfait ; les batailles perdues au Caucase ne l'avaient certainement pas affecté à ce point. Orlof, Benkendorf lui ayant marqué leur étonnement de le voir attacher tant d'importance à une bagatelle pareille, il s'est fâché contre eux. Ton père est resté calme devant l'orage; le hasard ayant fait qu'il ne l'a revu que dix jours après, il l'a
trouvé un peu moins irrité, mais décidé toutefois à faire payer à Meyendorff les six cents roubles argent blancs revenant à la douane. Ton père a vainement supplié l'Empereur de faire peser sur lui cette punition. Nous redoutons l'effet que produira cette mesure rigoureuse sur ton chef. Il est nerveux, impressionnable, et de loin s'exagérera certainement les choses. Rassure-le, dis-lui que la Société a été péniblement surprise et qu'en ce qui concerne le Maître, cet incident ne diminuera en rien le prix qu'il attache à un serviteur tel que lui. Ton père va philosophiquement son petit train, il a prié Orlof d'écrire à Meyendorff que cette sotte affaire n'aurait pas de suite.
Ton ami Bresson est le grand favori du Maître qui gobe avec délices tout ce qu'il lui raconte et glisse dans presque toutes ses dépêches une remarque favorable à ce mystificateur. Je ne doute pas qu'il ne finisse par être ambassadeur ; ce sera la conséquence logique de tout ce qui se passe et l'avènement de l'engeance qui se groupe autour du trône. Mlle Néiidof est toujours la grande favorite, mais pas autre chose, quoi qu'on en dise ; je voudrais qu'elle fût tout bonnement sa maîtresse, iJ s'en lasserait vite.
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Le comte Charles de Nesselrode au baron de Meyendorff'.
Saint-Péterboiirg, M novembre 1842.
Je VOUS adresse aujourd'hui deux dépêches sur l'affaire de Cracovie. Si l'Autriche veut renoncer à son projet de faire entrer Cracovie dans son système commercial, nous n'insisterons pas, mais il faudrait au moins que l'Autriche nous le dise. Je regarde ce pi-ojet comme ajourné.
Notre affaire de commerce et de cartei resie aan.< le atatu quo, et une dépêche que Liebcrmann m'a communiquée, et dont vous recevez une copie, ne l'a pas fait avancer d'un pas. En attendant, vous aurez déjà appris que les facilités que nous avons accordées à la Prusse placent celle-ci dans une position embarrassante et difficile envers le Zollverein. Liebermann est venu, hier, me lire une dépêche dans laquelle on le charge de demander que nous étudiions ces concessions au Zollverein. J'ai fait la sourde oreille et j'ai refusé net. Il n'y a pas de mal à laisser gigotter un peu ces Prussiens si hautains. Ce qui m'a frappé le plus dans cette démarche, c'est la prétention d'obtenir toujours tout de nous gratuitement. Si on avait seulement fait pressentir la possibilité d'une diminution des droits de transit ; mais on s'est bien gardé du moindre mot là-dessus. On dirait que ce n'est rien qu'ouvrir le marché de la
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Russie à l'Allemagne tout entière. Ce que nous faisons pour la Prusse, nous n'avons, en vérité, aucune obligation de le faire pour Zollverein. J'ai pris occasion de cet incident pour prouver une fois de plus à Liebermann que le traité de Vienne était inexécutable pour eux comme pour nous, et qu'il y avait, de leur part, vraiment peu de bonne foi à nous le rappeler toujours. J'ai fixé aussi son attention sur la maladresse qu'a son gouvernement de tolérer dans les feuilles publiques {Voyez l'article de Posen dans le n° 306 de ta Staatszeitung) des articles qui tendent constamment à dénigrer nos concessions, tandis qu'il eût été d'une bonne politique de les faire valoir et de ramener l'opinion publique à des idées plus justes, à des sentiments plus équitables, Nos Prussiens, si archi-intelligents qu'ils se croient, sont vraiment d'une maladresse insigne et manquent absolument de tact. A présent que la réunion des Auscheine tire à sa fin, vous serez, je pense, à même de reprendre les questions commerciales ; nous verrons ce que le temps et vos efforts produiront. Ne vous chagrinez pas trop, cher ami, et soignez votre santé; c'est là l'essentiel pour vous et tous ceux qui vous aiment.
Le même au même.
Saint-Pétersbourg, 26 novembre 1842.
J'ai reçu, mon cher baron, par Stackelberg, ou, pour mieux dii'e, par une estafette de la frontière, votre expédition du 1 1 novembre. H y a du bon et du mauvais, mais vous avez su lui donner un grand intérêt et je vous en remercie de tout mon cœur.
Voilà donc les comités d'État clos et renvoyés dans leurs provinces. Cette fois-ci, tout s'est encore bien passé. Pour l'avenir, qui vivra verra, il faut s'en remettre à la Providence, car pour des garanties humaines de sagesse et de prévoyance, ce n'est pas en Prusse que nous en trouverons.
Vous avez bien fait de relever fort et ferme les indécents passages de l'ouvrage de Zimmermann. L'Empereur les a montrés à Rauch, qui a cru bien faire d'en écrire fortement au Roi. 11 a pris la chose très à cœur et j'ai vu en cette occasion comme en beaucoup d'autres que Rauch était un brave homme.
En ce qui touche notre affaire commerciale, je n'ai rien à vous dire aujourd'hui. J'attends de vos efforts la diminution des droits de transit; cela arrangerait tout. Je n'ai pas d'autre vœu ni d'autre pensée.
Le Maréchal m'a communiqué la réponse qu'il vous a faite sur la soi-disant suspension des concessions accordées à la Prusse dans le royaume de Pologne. Elle aura
prouvé aux Prussiens qu'il n'y a pas un mot de vrai, et je suis sûr que vous aurez tiré parti de cette réponse pour revenir sur les droits de transit. Je ne crois pas que la différence entre ceux prélevés à présent et le taux stipulé par la convention Mohrenheim* puisse s'élever à six cent mille écus. C'est évidemment exagéré. Quand même ce serait exact, est-ce que les concessions que nous avons faites ne nous imposent pas des dépenses el des diminutions de revenus? C'est un argument à faire valoir ; mais comme je vous l'ai déjà dit : nos amis les Prussiens veulent tout avoir pour rien et je vous plains de tout mon cœur d'avoir à traiter avec eux.
Le même au même.
Saint-Pétersbourg, 6 décembre 1842.
J'ai reçu, hier, mon cher baron, votre lettre par le courrier anglais et j'y réponds de suite par le même courrier. Ce que vous me dites de Rochow me fait grand plaisir. Il paraît qu'en Prusse on commence à avoir une meilleure conception des choses. Gardez, en attendant, votre attitude passive ; voyons-les venir jusqu'à ce qu'ils nous offrent la diminution du transit : de là, datera, j'espère, une nouvelle et meilleure ère dans nos rela-
4. MoHRENHEiM (Paul-Ossipovitch, baron), diplomate russe. Ministre de Russie à Madrid, puis ambassadeur à Constantinople.
lions avec la Prusse. H n'y a pas de mal à ce que la non-exislence du cartel leur cause quelques embarras. On viendra nous prier de le renouveler, et déjà la note se termine par une insinuation qui nous le ferait prévoir : avec le temps vient la sagesse.
Je n'ai, pour le moment, rien de bien saillant à vous mander. Nous avons été fort inquiets ces jours-ci sur la santé du prince Metternich. Ce que Pépé Esterhazy* m'a dit était très alarmant ; mais, hier, j'ai reçu une dépêche de Medem qui m'annonce qu'une crise heureuse s'est opérée. Sa perte eût été un malheur pour l'Europe, et je l'envisage absolument comme vous. Il va avoir au mois d'avril 70 ans, et je crains bien que nous ne le conservions pas longtemps.
La comtesse Charles de Nesselrode à son fils le comte Dmitri de Nesselrode.
Saint-Pétersbourg, 16 décembre 1842.
Je suppose, d'après tout ce qu'on dit ici de l'animosité des Berlinois contre nous, que mon cher Meyendorff doit broyer toutes les couleurs, d'autant plus que la famille royale ne ménage ni l'Empereur ni l'Impératrice, ce que je ne puis comprendre. Je voudrais qu'on