Princesse de Melternicti, née comtesse Mélanie Zicliy
2. L'Autriche avait repoussé les propositions de la Russie, de marier rarchiduc Etienne à la grande-duchesse Olga.
ARCHIVES DU COMTE Cil. DE NESSELRODE.
La comtesse Charles de Nesselrode à son mari.
Home, D février 1840.
J'ai encore souffert dans mon patriotisme, en lisant dans les Débats du !26 janvier un article' où on réédile
J . Voici l'article du Journal des Débats :
« On n'a pas oublié à quelles cruelles persécutions furent exposées les religieuses basilieunes de Minsk pour n'avoir pas voulu embrasser la communion grecque. On se rappelle encore qu'après avoir échappé comme par miracle à ses bourreaux, l'abbesse de ces religieuses s'est réfugiée k Rome. Elle vient d'y être interrogée solennellement par les ordres du Pape. Le journal VUniveis publie une partie de cet interrogatoire, qui peut être considéré comme l'histoire authentique de ces pauvres religieuses et des barbaries qu'elles ont eu à souffrir. Nous disons à regret qu'il semble résulter de cet interrogatoire que l'Empereur lui-même n'est pas resté étranger aux déplorables moyens de conversion employéspar ses agents; plus que jamais, si nous ne nous trompons, la considération du gouvernement russe exige qu'il s'explique à la face de l'Europe, et qu'il ne se laisse pas écraser par le témoignage d'une simple religieuse. Spectacle étrange que celui de l'un des plus grands souverains de l'Europe traduit en quelque sorte devant l'opinion par une faible femme! Mais cette femme a pour elle sa foi, son courage, et ses souffrances. Le gouvernement russe ne peut plus selon nous continuer à garder le silence. »
Suit l'interrogatoire publié dans VUnivers sous ce titré : Récit de Mahrena Mieczlawoka, abbesse des basiliennes de Minsk ou Histoire d'une persécution de sept ans, soufferte pour la foi par elle et sesreli- (jieuses, écrite sous sa dictée et d'après les ordres de N. T. S. Père le Pape Grégoire XVI, par le R. P. Maximilien Ryllo, recteur de la Propagande à Rome; l'abbé Alexandre Jelowicki, recteur de l'église Stc-Claude à Rome ; l'abbé Aloys Leitncr, théologien de la Propagande, à Rome, connnencô le 8 novembre et terminé le 6 décembre 1845, dans le couvent de la Trinité-du-MonI, à Rome.
AUCIIIVES DU COMTE Cil. DE NESSELUODE. 'iS'»
celle hideuse histoire de la religieuse. Le hoii liouleniel' en a eu la migraine le premier jour et ne s'est remis que depuis (ju'il a ohtenu une réparation ; elle est encore peu connue et ne sera pas hien reçue par le public. Le Père Ryllo a dit à une personne qui me l'a répété, que la traduction française avait été faite avec malveillance, mais que, du reste, elle était bien conforme au rapport qu'il avait remis. Je ne comprends pas que nous laissions peser sur nous une horreur pareille; de deux choses l'une, ou le fait est faux, et il doit nous être facile d'en donner la preuve, ou il est vrai, et nous n'avons alors qu'à punir ce monstre d'évèque. Lady Althon et d'autres dames ont vu sur la religieuse les marques des fers ainsi que d'autres cicatrices. C'est affreux, si l'on pense surtout que la boue qu'on remue éclabousse l'Empereur qui n'en peut mais et est parfaitement innocent de tout ce qui se passe dans ce genre. Je comprends qu'il lui répugne même de croire à la véracité de semblables turpitudes, mais ce n'est pas une raison pour ne pas se livrer, en présence d'une aussi odieuse accusation, à une enquête approfondie. On prétend que c'est Monta lembert qui a été le premier à se procurer le document et l'a fait publier; on ne peut lui en vouloir. Il n'est pas agréable de se trouver à l'étranger, en de pareils moments. Quant à moi, sur ce sujet, je me tiens muette avec tout le monde. Dmitri est allé plusieurs fois à la Propagande, qui me fait l'effet d'être une institution bien intéressante. Le Père Ryllo, dont il a fait la connaissance et qu'il a jugé très supé-