Ministre de Russie en Suisse
r.. MoNTEMOLiN (don Charles-Louis-Marie-Ferdinand de Bourbon, prince des Asturies, comte de), infant d'Espagne, né en 1818, mort en 1861. Les carlistes espagnols le regardèrent comme le représen-
toutes les considérations qui, dans son intérêt, s'opposent à ce qu'il s'établisse en Russie. Si malgré cela il persiste, l'Empereur lui accorde un asile dans ses États, et Krudener est autorisé à lui délivrer un passeport. C'est une espèce de tuile qui nous est tombée sur la tête ; nous nous serions volontiers passés de cet incident, qui nous attirera encore beaucoup de tracasseries; mais refuser un asile à un prince malheureux, c'était impossible. L'Empereur et le Grand-Duc ont été unanimes dans leurs sentiments à cet égard, tout en regrettant que ce soit précisément la Russie que le comte de Montemolin ait choisie. J'avoue que je ne comprends pas trop ce qui a pu le décider à s'en aller à une si grande distance de son pays. Cela veut-il dire qu'il renonce à toute participation aux événements qui peuvent y surgir ? Mais pourquoi alors lancer la proclamation deRourges?Tout cela me paraît peu logique.
tant de la légitimité et le saluèrent du nom de Charles VI. Ce nouveau prétendant fit plusieurs tentatives, mais sans succès; en 1845 avec Cabsera, en 1849, et la troisième en 4860, époque où il tomba entre les mains des troupes d'Isabelle. Le général qui avait eu l'imprudence de se mettre à la tète de ce dernier mouvement fut fusillé. Quant à don Carlos, il fit, pour sortir de prison, une abdication solennelle, mais s'empressa de la déclarer nulle dès qu'il eût recouvré la liberté.
Le même au même.
Saint-Pétersbourg, 15 octobre 184G.
J'ai reçu, hier, une fort intéressante expédition de Brunnow qui m'explique un peu plus clairement le but dans lequel le cabinet anglais nous a fait faire les dernières communications sur le mariage Montpensier : il craint particulièrement que la France ne nous amène à reconnaître la reine Isabelle à cette occasion. Quant à nous et à l'Autriche, cette crainte n'a certainement aucun fondement. Il pourrait peut-être ne pas en être de même en Prusse, oii, de tout temps, on s'est montré vivement impatient de procéder à cette reconnaissance, parce qu'on s'imagine que le Zollverein y gagnera des millions. Il est donc utile que vous démontriez à Canitz tous les inconvénients et l'inopportunité d'une pareille reconnaissance qui mécontenterait l'Angleterre, dans un moment oii nous avons précisément si grand intérêt à la conserver dans de bonnes dispositions, à notre égard, pour l'affaire de Cracovie. Je me fortifie toujours davantage dans l'opinion que c'est le moment de nous expliquer franchement avec elle sur celte question et de ne lui cacher aucune de nos intentions; le laisser échapper serait une faute. J'ignore encore ce que Metternich décidera définitivement.
Adieu, mon cher baron, je n'ai pas besoin de vous