‹ Lettres et papiers, 1760-1850, extraits de ses archives; (volume 4)Chapitre 7 sur 69 · Ministre de Hollande à Saint-Pétersbourg · texte numérisé non relu

Ministre de Hollande à Saint-Pétersbourg

cheveu de ses propositions antérieures. Comme la moitié du Conseil, et Melbourne à la tête, ne veut pas agir sans la France, il faudra bien que celle-ci ou Palmerston recule. Le temps nous apprendra qui l'emportera; maintenant que le ministère de Thiers est consolidé et raffermi, cette question ne saurait plus rester longtemps indécise.

Notre ami, le prince Metternich, s'est beaucoup agité dans ces derniers temps ; il a envoyé à Londres expéditions sur expéditions, qui se condredisaient les unes les autres et n'ont pas fait faire un pas en avant à l'affaire. Je suis curieux de voir la mine qu'il fera lorsque lord Beauvale' viendra lui faire la proposition d'envoyer 4000 Autrichiens en Syrie. Il faut convenir que c'est de toutes les idées qui ont passé par la tête de lord Palmerston, certes, la plus biscornue.

La vie du roi de Prusse est si précieuse que la moindre atteinte qu'éprouve sa santé est toujours bien vivement ressentie chez nous. C'est dans cette disposition que nous avons reçu les nouvelles que vous nous avez successivement adressées sur son indisposition. Je n'ai, comme bien vous le pensez, jamais tardé un instant à les porter à la connaissance de l'Empereur. Dieu veuille que vous nous appreniez bientôt son entière guérison.

L'Empereur a permis à Dmitri de porter la croix de Jérusalem et, moi, je vais écrire à Wittgenstein pour le prier de remercier le Roi, en mon nom, de cette marque de bonté et de souvenir. Quant à la religion que pro-

1. Sir Frédéric Lamd, puis lord Beauvale, ambassadeur d'Angleterre à Vienne.

ARCHIVES DU COMTE CH. DE NESSELRODE. 2t

fessent le père et le fils, la conscience du Roi peut être tout à fait tranquille. Dmitri est grec et moi anglican. Au reste, les doutes de Sa Majesté sont fort naturels, car toute ma famille est catholique, y compris l'archevêque de Cologne qui nous est apparenté. Comment il se fait que je ne le suis pas serait trop long à vous raconter. Je vous réserve ce récit pour notre première enti-evue.

Ce que j'ai pour le moment de plus intéressant à vous mander, c'est que la Grande-Duchesse Marie est heureusement accouchée d'une princesse.

Notre ami, le Prince Metternich, est très préoccupé de la Pentarchie*. Il a écrit des volumes sur cela à Benkendorf* dans un sens qui n'est pas toujours très aimable pour la Russie. Entre autres, il lui a communiqué une soi-disant note d'un de ses agents en Allemagne, qui m'a tout à fait l'air d'avoir été fabriquée à la Chancellerie de Cour et d'État. Je vous envoie cijointe cette pièce, avec prière de me dire si l'effet produit par ce livre en Allemagne est réellement si terrible que l'auteur de la note le prétend. Il me semble que c'est fort exagéré. Gardez-moi le secret sur tout cela el n'y répondez que par une lettre particulière détachée des autres. Benkendorf ignore que je vous en parle et il ne faut pas compromettre ses relations avec Metternich qui sont très amicales.

1. Brochure de M. Bethman-Hohveg (Maurice-Auguste de), jurisconsulte allemand, né en 1795, mort en tS??; minisire des cultes (1849-1862).

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