‹ Lettres et papiers, 1760-1850, extraits de ses archives;Chapitre 19 sur 43 · RAPPORT · texte numérisé non relu

RAPPORT

DE

M. FRÉDÉRIC DE GEiNTZ AU COMTE DE NESSELRODE

Observations sur la déclaration du gouvernement anglais du 21 avril i812, relativement aux décrets de Berlin et de Milan et aux ordres du Conseil britannique, pour servir de suite aux observations sur le Rapport du ministre des Affaires étrangères de France du iO mars.

Commencement de juin 1812.

Observations sur les Notes du Momleuv du 8 mars 181:2, relativement à la révocation des Décrets de Berlin et de Milan et des Ordres du Conseil britannique.

Le gouvernement anglais a publié, en date du 21 avril, une déclaration officielle pour exposer ses principes, rappeler sa conduite et annoncer la marche qu'il va suivre par rapport à la révolution violente que les décrets de Berlin et de Milan ont opérée dans les relations commerciales de tous les pays civilisés. Dans cette

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pièce également remarquable par la fermeté avec laquelle le ministère britannique défend et maintient le système de justes représailles que son ennemi Ta forcé d'adopter et par la loyauté et la franchise avec laquelle il se déclare prêt à renoncer à ce système aussitôt que les actes hostiles qui l'ont rendu nécessaire auront disparu, la question est replacée sur ses véritables bases, les fausses accusations et les calomnies contre l'Angleterre rentrent dans le néant, et les habitants de l'ancien et du nouveau continent apprennent à quoi s'en tenir sur une des sources les plus fécondes des maux qui les affligent, et sur le seul moyen efficace d'y mettre un terme. Du moment, dit la déclaration, que les décrets de Berlin et de Milan seront révoqués sans restriction par un acte authentique et promulgué comme tel, les ordres du conseil du 7 janvier 1807 et du 26 avril 1809 seront et sont déclarés d'avance, et sans qu'il y ait même besoin d'un nouvel avertissement, pleinement et entièrement abolis.

Le Moniteur du 8 mai, en traduisant cette déclaration, l'a accompagnée d'une série de notes dont le premier aspect doit faire pâlir l'homme le plus intrépide et le plus exercé à cette lutte. Non pas, on s'en doutera bien, par la force des faits ou des arguments qu'elles contiennent, mais au contraire par l'absence de toute espèce de principes et de raisonnements, par le désordre absolu qui y règne, par la difficulté extrême de saisir un adversaire qui, ne pouvant soutenir aucun combat régulier, nous jette des pierres à droite et à

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gauche, cl nous accable quelquefois par l'excès de sa déraison plus qu'un autre ne le ferait par la dialectique la plus victorieuse. On ne sait, en effet, de quoi s'étonner le plus dans toutes ces incroyables rapsodies que l'on veut faire passer de ce côté-là pour des déductions de droit public. On voit bien que l'objet principal de ces pièces est toujours de dénaturer les questions, de pervertir les faits, de brouiller et de confondre toutes les données, de dérouter et de fatiguer, enfin, tellement l'attention publique que personne n'ait plus l'envie ou le courage d'aller à la rechei'che de la vérité à travers un dédale de mensonges. Mais il n'est pas moins certain que les rédacteurs de ces compositions bizarres paraissent souvent si peu au fait de l'objet direct de leurs propres sophismes, si étrangers aux questions qu'ils ont à traiter, si mal informés sur les circonstances les plus essentielles et sur les événements les plus récents, qu'on a de la peine à tout expliquer par l'iniquité de leur but, et à ne pas attribuer à la médiocrité de leurs moyens une partie au moins de leurs égarements. Peu de pièces de ce genre présentent ce double caractère au point où il se retrouve dans ces notes. Si la mauvaise foi y tient le premier rang, on ne peut pas l'accuser au moins de dominer sans partage et sans rivale.

Pour porter de l'ordre dans ce chaos et jeter quelque intérêt sur une discussion qui ne serait que monotone et insipide, si je voulais suivre mon texte pas à pas, je tâcherai de réunir dans un petit nombre de cadres les

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