‹ Lettres et pièces militaires [microforme]Chapitre 2 sur 94 · DS CS · texte numérisé non relu

DS CS

auroient, je ne recevrai aucune demande pour permissions ou grâces, qu'on ne se soit adressé à eux et qu'ils ne m'en aient écrit. Ils m'enverront de suite des mémoires de proposition pour les emplois vacants en spécifrant le nom de baptême, le jour et le lieu de la naissance ; je leur demande la plus grande exactitude sur cet article. A l'égard des représentations pour les besoins de la troupe, c’est uniquement l'affaire de MM. les commandants de bataillon, ou des majors qui sont censés ne s'adresser à moi, qu'après leur en avoir communiqué, ainsi que tout ce qui concerne les hôpitaux, vivres et distributions, dont ils me rendront compte, afin que je puisse faire parvenir leurs représentations, lorsque je les croirai fondées, à M. le marquis de Vaudreuil et à M. l’intendant,

Les majors continueront aussi à informer avec exactitude M. Doreil, commissaire-ordonnateur, des détails concernant les vivres, distributions, hôpitaux, pour qu'il y veille. Son séjour à Montréal le met à portée d’en être plus tôt instruit que je ne le serois moi-même, et de faire les représentations nécessaires, suivant les ordres que je lui ai donnés à cet égard.

On continuera aussi à lui envoyer tous les mois l’état des changements.

On aura la plus grande attention pour la règle dans les distributions. Il ne s’en fera aucune qu’il n’y ait toujours un officier major (cette police sera invariable même pour le plus petit détachement), ou à défaut d'officier major un lieutenant ou au moins un sergent. Toutes les distributions à faire, tant pour l'officier que pour le soldat, soit pour l'équipement, soit pour les

vivres, ayant été réglées par M. l'intendant, il ne doit y avoir aucune difficulté, Cette partie est d’une si grande conséquence que je charge MM. les commandants et majors personnellement de veiller à la conservations des vivres et munitions dans les camps, marches et détachements. Cet article m'a été recommandé particulièrement par Monseigneur le garde des sceaux, et M. le marquis de Vaudreuil ne pourroit se dispenser de rendre compte à ce ministre s'il y avoit quelque négligence sur un article aussi important, L’'aidemajor général, et à son départ, le major chargé du détail du camp, en rendra compte,

MM. les commandants de bataillon doivent, pour Au répondre aux vues sages de Sa Majesté et aux ordres précis que j'en ai, favoriser les mariages de leurs soldats A -avec des filles d'habitants qui puissent augmenter le He nombre des cultivateurs ; car, autant M. le marquis de Ni Vaudreuil désire ces sortes d'établissements et rendra 1] compte du zèle avec lequel les officiers auront suivi sur È 4 cet article l'intention du Roi, autant refusera-t-il la si permission pour tout mariage qui ne tendroit qu'à la ‘hl

fainéantise et au libertinage. La multiplicité de ces mariages ne peut nuire en rien aux intérêts de MM. les officiers ; les compagnies ne sont pas à leurs charges, et j'aurai attention, au retour en France, de faire donner toute préférence aux bataillons qui se trouveroient les plus faibles pour être entrés dans des vues * aussi utiles à l'Etat.

M. le marquis de Montcalm prie MM. les officiers d'observer la plus grande régularité pour porter les uniformes, Il renouvelle les défenses pour les jeux de

hasard, Il ne peut se dispenser de punir sévèrement ceux qui contreviendront à cette défense, sur la simple certitude morale; car il n’ignore pas que l’on croit toujours n'être pas dans le cas de punition quand on n'a pas été pris sur le fait par l'intention que l’on a eue de se cacher.

On exercera soir et matin les soldats de la dernière classe, et tous les matins ceux qui sont déjà instruits, en se conformant à une instruction particulière que j'enverrai au premier jour. ÆEn attendant, MM. les commandants de bataëlon verront de les faire exercer” comme ils avoient coutume, observant de ne les tenir au plus qu’une heure et demie sous les armes. M. le marquis de Vaudreuil fera donner pour toute la campagne, cent livres de poudre par bataillon uniquement destinées pour exercer le soldat. MM. les majors verront de la ménager, ne la prendront que successivement à mesure qu’ils en auront besoin, et verront de faire faire quatre-vingts cartouches par livre.

On observera dans les camps tout ce qui est prescrit par l'ordonnance du 17 février 1753, et, pour les honneurs à rendre, on suivra les articles de la même ordonnance 123, 571, 574, 579, 582, 583 et 586, observant que, lorsque M. de Bourlamaque, colonel et commandant en troisième, commande un camp séparé, il lui est dû un caporal et dix hommes, qui lui seroient dus quand même il ne commanderoit qu’une brigade ; et lorsqu'il est dans le même camp avec un officier supérieur, une sentinelle, ainsi qu’à l’aide-major général. L'ordonnance du 1° mars 1755, pour le service et la discipline des troupes qui sont en Canada, ayant pourvu

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au service des officiers de ce corps avec ceux de la colonie, il ne me reste qu’à recommander à MM. les commandants de bataillons d’y tenir la main, d’entretenir la plus grande union et intelligence, et que, dans les camps ou retranchements où ils seront mêlés, quoique l'officier plus ancien en parité de grade commande sans difficulté, il faut laisser à l'officier le plus ancien de chaque corps de troupes le détail intérieur pour la discipline et police du sien, et, dans les opérations de la guerre agir avec concertation, employer chaque troupe à son genre, et consulter MM. les officiers de la colonie qui ont une grande connoissance du pays, de la façon d’y faire la guerre et d'y conduire les milices du pays et les sauvages. MM. les officiers françois, malgré leur zèle, ne peuvent avoir acquis cette expérience.

M. le marquis de Montcalm, pour établir l’uniformité sur un article aussi important que celui de la paie du soldat, ordonne qu’on lui fasse le prêt tous les dix jours, le 1”, le 11 et le 21 de chaque mois, en ne retenant qu’un sol, sans que, sous aucun prétexte, cet ordre soit jamais interverti. Il sera seulement suspendu dans les camps, où le soldat n’a rien à acheter et où il seroit difficile d’avoir tout l’argent nécessaire pour cette exactitude, Mais j'ordonne que, dès le retour du camp et sans aucun délai, le décompte de la paie leur soit fait, Je ne mets pas en doute que, dans chaque bataillon, on ne l’ait fait jusqu’au 1° mai. Si on n’y a pas satisfait, je l’ordonne. Dans les camps, messieurs les commandants tiendront la main à ce qu'il soit avancé aux soldats ce dont ils pourroient avoir besoin et dont la retenue leur sera faite au décompte de leur paie, Doré-

navant, les officiers commandants des détachements qui iront pour l'hiver dans les forts et qui ne seront pas à portée, demanderont à l'officier chargé du détail, de quoi faire les prêts du détachement avec régularité. A l'égard du sol de retenue, le décompte en sera fait de six en six moisau 1° novembre et au 1° mai. Lorsque les troupes françoises seront campées à portée des forts, les commandants des dits camps n’ont aucun ordre à donner dans les dits forts pour le service, la conservation des magasins, leur exploitation, et encore moins pour les relations qui sont établies par ordre de M. le marquis de Vaudreuil entre les commandants des dits forts et les sauvages, Les dits commandants auront cependant ordre de leur demander le mot, et les commandants des camps fourniront toutes les gardes et travailleurs dont on pourroit avoir besoin aux dits forts,

Si les sauvages font quelques demandes au commandant du camp, il les enverra à celui du fort; observant que, malgré l’usage où nous sommes de faire conduire les personnes les plus qualifiées par des fusiliers, il ne faut pas en agir de même avec les sauvages, à qui cette cérémonie fait ombrage.

Les commandants des camps ne pourront rien prendre des magasins que ce qui est nécessaire pour les distributions journalières £e subsistances aux officiers et aux soldats, et d'outils pour les travaux.

Ils veilleront à la conservation des jardins qui sont autour des forts et des bestiaux qui y peuvent être pour la garnison. Les commandants des forts auront de leur côté des ordres de M. le marquis de Vaudreuil

pour agir de concert pour le bien du service avec les commandants du camp.

MM. les commandants des camps auront attention de recommander aux officiers de ne pas s’écarter pour la chasse. Défense aux soldats d'y aller, L'on doit bien comprendre la nécessité d’être exact, dans la crainte de tomber dans quelque petit parti.

MoNTCALM.

Instruction pour M. le chevalier de Lévis, brigadier des armées.

27 août 1757.

M. le chevalier de Lévis pourra, après l’entier déblaiement des munitions de bouche et d'artillerie, faire partir les troupes de la marine, conformément à l'instruction remise à M. de La Valtrie, dont copie est ci-jointe, les bataillons de la Reine, la Sarre, Languedoc et Guyenne. Il permettra aussi à M. Le Mercier et au corps de l'artillerie de partir, à l'exception de M. de Bonnafous, officier du dit corps, qui doit rester à Carillon avec le nombre de canonniers convenables pour le service de cette place.

M. le chevalier de Lévis fera faire le mouvement de ces troupes dans deux divisions : la première composée des troupes de la marine, de la Reine et de Guyenne, Elles camperont deux jours à Saint-Frédéric pour y faire le bois de chauffage de la garnison, avec défense à

M. de Lusignan, à peine d'en être responsable, d'y laisser toucher avant le 15 de novembre,

La seconde division, qui partira deux jours après, avec laquelle M. le chevalier de Lévis et M. le major général pourront partir, sera un jour ou deux campée à Saint-Frédéric, suivant que M. le chevalier de Lévis le croira nécessaire pour le bois de chauffage de la garnison de Saint-Frédéric.

M. le chevalier de Lévis donnera les ordres aux troupes de la marine pour que celles du gouvernement de Montréal s’y rendent avec M. de La Valtrie, et celles des Trois-Rivières avec M. des Meloises,

Le régiment de Guyenne se rendra à Chambly pour occuper le camp qui les mettra le plus à portée de leurs travaux.

Les régiments de la Reine, la Sarre et Languedoc iront camper à Saint-Jean, où ils recevront des instructions,

M. le chevalier de Lévis aura attention de mettre le plus de monde qu’il sera possible dans les bateaux, afin qu'on ne soit pas obligé d'en faire remonter un trop grand nombre pour les bataillons de Royal-Roussillon et de Béarn. 11 fera cesser la ration de campagne au départ de Saint-Frédéric, où il avertira pour que l'on y tienne du pain prêt pour les troupes qui, en partant d'ici, n’en porteront que pour trois jours.

M. le chevalier de Lévis fera faire une découverte par un officier intelligent, entre le départ de sa première division et celui de la seconde, sur le lac, pour aller avec précaution jusqu’au-delà des tles et jusqu’à la vue des ruines du fort Georges. Il aura attention

————"————— me

de donner par avis, le départ de la première division, du nombre de bateaux qui resteront à M. de Bourlamaque, afin de faire remonter ceux dont on auroit besoin pour le déblaiement des troupes qui resteront aux ordres de M. de Bourlamaque.

Les bataillons emmèneront avec eux tous leurs ouvriers à l'exception de ceux d’une nécessité indispensable pour les travaux de Carillon, comme charbonniers, couvreurs, qui ne descendront qu'avec M. de Bourlamaque ou lorsqu'on n'en aura plus besoin, Les bataillons de la Sarre et de Guyenne seront chargés de faire descendre avec eux les outils qui leurs seront remis par M. Le Mercier, suivant les états de MM. Desandrouins et La Pause.

M. le chevalier de Lévis défendra par écrit à MM. les commandunts de bataillon de laisser venir, jusqu’à la fin de la campagne, aucun officier marié ou non marié à Montréal, sous aucun prétexte, ni de quitter leur bataillon, à moins d'affaire indispensable ou de maladie, et, dans l’un ou l’autre cas, MM. les commandants de bataillon ne les laisseront pas partir sans une permission qu'ils motiveront et où ils fixeront le nombre de jours pour lesquels ils auront accordé la permission dans le cas d'affaire ; et l'officier porteur de la permission sera tenu de nous la présenter, et, en notre absence, à M. le chevalier de Lévis, à Montréal. Défense sous aucun prétexte, de donner aucun congé à aucun soldat, marié ou non.

Au départ des bataillons pour se rendre à leur garnison ou quartiers d'hiver, tous les officiers les y conduiront, après quoi, on se conformera, pour les permis-

sions à accorder, au règlement que j'aurai l'honneur d'adresser à messieurs les commandants avant la séparation de l’armée.. Ils pourront cependant alors permettre aux officiers mariés d’aller chez eux et donner des congés limités aux soldats qui sont mariés et à ceux qui pourroient avoir quelques affaires, m’en remettant sur cet article entièrement à la prudence de messieurs les commandants des bataillons. Je ne suis pas en peine que messieurs les commandants donnent le bon exemple de l’assiduité à leur bataillon et n’aillent les conduire et les établir dans leurs quartiers et garnison. M. le chevalier de Lévis voudra bien, lors de son départ, remettre l'instruction ci-jointe à M. de Bourlamaque et suppléer à tout ce qui pourroit avoir été omis dans la présente. On peut d’ailleurs s’en rapporter à son expérience et à son zèle pour le service du Roi,

Fait au camp du portage, le 27 août 1757.

MOoNTCALM.

M. le chevalier de Lévis voudra bien prier messieurs les commandants de bataillon et les officiers majors d’être exacts à m’informer de tout ce qui intéressera la discipline de leur bataillon et le service du Roi. Ils m'adresseront, au 15 octobre, un état des changements dans leur bataillon, en partant de mes revues faites les 21, 22 et 23 août, afin que je puisse envoyer un état définitif de la situation de nos bataillons à M. le marquis de Paulmy par les derniers bâtiments, Ils observeront aussi que, s'il y avoit quelques nouveaux

mémoires à me donner pour l'avantage de leur bataillon, il faudra me les adresser alors.

MM. Desandrouins et Vézou de Fournerie prendront les ordres de M. le chevalier de Lévis pour leur départ devant être employés aux travaux de Saint-Jean, Comme il y a huit pontons à Carillon, M. le chevalier de Lévis pourra en faire passer quatre à Saint-Frédéric pour servir au transport des bois, ou au moins deux.

M. le chevalier de Lévis prendra le moins de Canadiens qu’il pourra et tâchera de se contenter d’un seul par bateau. A l'égard des deux ou quatre pontons qu’on lui propose de mener, ils porteront troupes et équipages d'ici à Saint-Frédéric. Alors, s'ils peuvent être utiles pour le service à Saint-Frédéric, il pourra les laisser et prendre le même nombre de bateaux à la place. Si au contraire on n’en a pas besoin à Saint- Frédéric, M. le chevalier de Lévis fera désassembler les pontons, et les bateaux serviront également,

Si M. le chevalier de Lévis est obligé d'emmener tous les Canadiens pour conduire les bataillons qui doivent descendre, il emmènera avec chaque division un officier de la brigade de Royal-Roussillon, un sergent et un caporal, qui rassembleront les Canadiens de chacune de ces divisions, soit à Saint-Jean, soit à Chambly, et remonteront avec des bateaux pris à Saint- Jean.

M. le chevalier de Lévis proportionnera le nombre de Canadiens à mettre dans chaque bateau au besoin qu'il saura qu'il y aura à son départ de bateaux au <amp de Carillon.

J'écrirai à M. le chevalier de Lévis dès mon arrivée à Saint-Frédéric, et je lui ferai savoir les intentions ultérieures de M. de Vaudreuil à son arrivée à Saint- Jean,

Nota.—Suivant la visite faite par M. de La Rochebeaucourt, le 20 août, il doit y avoir cent soixante-deux bateaux, non compris les berges ; sur quoi M. le marquis de Montcalm en emmène cinq demain. M. de Bourlamaque demanderoit qu'il en restât six ici M. le chevalier de Lévis fera bien, dès demain, de charger un officier major de les compter.

Erar des bateaux nécessaires pour les bataillons de la Sarre et de Guyenne, suivant l'état remis par M. de La Pause ; ces deux bataillons faisant, officiers, soldats, domestiques et femmes, neuf cent onze hommes.

à 20 hommes, 46 bateaux, dont 9 à 19 à 22 49: : 4 dont 13 à 21 à 24 Ste dont 1 à 23 4 20: 04 36 ‘ dont 11 à 26 à 26 ‘ 85 ‘« dont 1à 27

M. le chevalier de Lévis fera son calcul pour la Reine, Languedoc et la colonie.

ne ;.

Mémoire pour servir d'instruction à M. le marquis de Montcalm, donné par M. de Vaudreuil pour

la campagne 1758.

Janvier 1758.

Quoique, par les différentes conversations que nous avons eues avec M. le marquis de Montcalm, il soit assez informé de tout ce qui peut regarder le bien général de cette colonie, et que nous lui ayons fait part en même temps des moyens qui nous restent pour la mettre à l'abri des entreprises dont les ennemis, dans ce moment, la menacent sur toutes ses différentes frontières, nous avons cru devoir lui mettre par écrit nos intentions et lui dire que nous avons lu son dernier mémoire avec la plus grande attention et que nous avons trouvé toutes ses réflexions très judicieuses.

Notre premier projet, en confiant à M. le marquis de Montcalm nos plus grandes forces, avoit été d'opérer une puissante diversion sur les frontières du lac Saint- Sacrement, en faisant démonstration de vouloir agir offensivement, pour faciliter les vues que nous avons de déterminer par un gros détachement les Iroquois des Cinq Nations à prendre la hache, et d'agir en même temps par la rivière de Corlar, pour détruire, le plus avant possible, les habitations angloises. Il y a lieu de croire, si nos vues peuvent être remplies à cet égard, que les ennemis ne seront pas en état, par ces deux diversions concertées, d'agir offensivement sur aucune de ces deux parties, Ainsi nous persistons à suivre ce

premier projet. Supposé que les ennemis, comme il y a lieu de le craindre par les dépositions des derniers prisonniers, ne viennent au lac Saint-Sacrement, où était situé le fort Georges, cette démarche de la part des ennemis peut avoir deux objets. Le premier, s'ils peuvent en avoir les moyens, ce qui n’est pourtant pas vraisemblable, s’il est vrai qu’ils entreprennent l’expédition de Louisbourg, est de venir attaquer Carillon. Le second peut être la démonstration d’une défensive audacieuse, ce qui paroît plus croyable. Quoi qu’il en soit, si les ennemis viennent occuper le lac Saint- Sacrement par des forces supérieures, il faudra que M. le marquis de Montcalm occupe aussi le portage et le lac Saint-Sacrement, et qu'il fasse en sorte, par ses manœuvres, de conserver l'offensive sur le lac Saint- Sacrement et d’inquiéter et harceler les ennemis le plus qu’il pourra sur le chemin de Lydius au lac Saint- Sacrement, et tâcher d’intercepter leurs convois, C’est à M. le Marquis de Montcalm à prendre sur cela tous les moyens qu’il jugera être les plus convenables, suivant les occurrences.

Si, contre toute attente, les ennemis prennent le parti de venir faire le siège de Carillon; ce sera pour lors à M. le Marquis de Montcalm à se déterminer d'aller à la rencontre des ennemis pour les combattre dans leur marche ou sur le lac ou de les attendre dans un camp retranché ou autre position qu'il croira être la plus avantageuse,

M. le marquis de Montcalm ne peut se déterminer d'aller au devant des ennemis que dans le cas qu’il jugeât d’avoir suffisamment de sauvages et de Cana-

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diens pour les combattre avec avantage dans le bois. Quelque désir que M. le marquis de Vaudreuil puisse avoir de tenir beaucoup de sauvages à Carillon, M. le marquis de Montcalm sait qu’il n’en est pas toujours le maître et que peut-être dans le moment que les ennemis viendront, ‘es sauvages se trouveront avoir fait coup et seront de retour à leur village. Dans ce cas, M. le marquis de Montcalm doit se contenter de harceler les ennemis et de les retarder le plus qu’il sera possible sans se compromettre à avoir une affaire générale et décisive, Par ce que les nouvelles que M. le marquis de Montcalm donnera de sa position, apprendront, M, le marquis de Vaudreuil est dans la résolution d’assembler toutes les forces de la colonie et de se porter de sa personne au secours de la frontière menacée; et, à cet effet, il va donner des ordres en conséquence et faire rassembler à Saint-Jean le plus de bateaux qu’il sera possible. Il faudra que M. le marquis de Montcalm renvoie de Carillon tous ceux qui n’y seront pas nécessaires pour le service journalier.

La circonstance fâcheuse où M. le marquis de Montcalm sait que nous sommes réduits pour les vivres, ne permet pas à M. le marquis de Vaudreuil de faire assembler autant de monde qu'il seroit à désirer qu'il y en eût dans ce moment pour la défense de la frontière du lac-Saint-Sacrement, parce qu'il est prudent de consommer le moins de vivres qu’il sera possible pour qu’il nous en reste suffisamment pour assembler toutes nos forces, si les ennemis viennent réellement nous attaquer, Ainsi nos plus grandes attentions doivent être d'économiser les vivres. Le salut de la colonie en

dépend. Toutes ces raiscns déterminent M. le marquis de Vaudreuil à ne donner à M. le marquis de Montcalm, pour remplir tous les différents objets portés par cette présente instruction, que le commandement de huit bataillons des troupes de terre, cinq ou six cents soldats des troupes de la marine, qui seront aussi mis en bataillon, et quatre cent cinquante bons Canadiens. A l'égard des sauvages, M. le marquis de Vaudreuil fera son possible pour qu’il en ait toujours deux ou trois cents,

Il sera remis à M. le marquis de Montcalm une liste des officiers des troupes de la marine qui seront à ses ordres, M. le marquis de Vaudreuil est dans l'intention d'augmenter le corps des troupes aux ordres de M. le marquis de Montcalm, autant que les circonstances et ce qui nous arrivera de vivres le permettront. Il seroit aussi bien à désirer qu’il nous arrivât assez de vivres pour pouvoir soutenir le détachement de M. le chevalier de Lévis dans la partie des Cinq Nations, jusqu’à l'arrière saison, ou pour pouvoir se porter à la Belle- Rivière, si le cas l'exige, comme cela peut bien arriver,

M. le marquis de Vaudreuil regarde comme inutile d'entrer dans de plus grands détails avec M. le marquis de Msutcalm pour tout ce qui peut concerner les objets de sa mission et tons ceux qui peuvent tendre au bien de la colonie ; il s’en rapporte à ses lumières auxquelles il a tonjours mis sa confiance.

Mémoire du marquis de Montcalm en réponse au mémoire précédent.

23 janvier 1758.

Le marquis de Montcalm, qui a lu avec beaucoup d'attention l'instruction qui vient de lui être remise par M. le marquis de Vaudreuil, a l'honneur de lui représenter :

1° Qu'il n’a rien à lui objecter sur le fond de son projet de campagne, puisque cela dépend de paroles et négociations dont le marquis de Montcalm n’a jamais eu connoissance que comme le public, d’une façon vague et indéterminée.

2° Il représente à M. le marquis de Vaudreuil qu'il comptoit, d'après ce qu’il lui avoit fait l'honneur de lui dire, sur * douze cents Canaïiens, qui se trouvent réduits aujourd’hui à cinq ou six ceuts, Par conséquent, comme le calcul des bouches à nourrir ne fait pas le calcul des combattants, le marquis de Montcalm déclare à M. le marquis de Vaudreuil qu’il ne compte que sur au plus quatre mille combattants dans le corps de troupes qui lui est confié. Il n'objecte rien sur cet article, dès qu’on se rejette sur le défaut des vivres ; mais il déclare qu’il ne peut faire de la besogne que relativement à ce nombre de combattants.

* Cette pièce est une minute ; tous les passages soulignés sont des corrections de la main de Montcalm.

Le marquis de Montcalm ne comprend pas comment M. le marquis de Vaudreuil avance qu’une démonstration d’offensive sur le lac Saint-Sacrement peut en détourner les forces de l'ennemi. Cette proposition est si contradictoire qu’il doit y avoir une méprise de son secrétaire,

M. le marquis de Vaudreuil veut bien se dissimuler à lui tout seul les forces des Anglois dans cette partie. Les dépositions des prisonniers sont trop constantes et uniformes, et M. le marquis de Vaudreuil sait bien que, malgré l’entreprise sur Louisbourg, les Anglois ont dix bataillons de troupes réglées, cinq compagnies de rôdeurs de bois entre Orange et Lydius, et peuvent être joints facilement par un gros corps de milice.

M. le marquis de Vaudreuil sait bien que l’interception des convois est une opération difficile, lorsqu'on a peu de sauvages. Il ignore encore moins par les comptes que le marquis de Montcalm, le chevalier de Lévis et M. de Bourlamaque jui ont rendus, que le poste du portage est un fond de cuve, dont l'ennemi nous chassera facilement avec des forces supérieures quand il voudra. Il peut même le tourner par un chemin que ses partis doivent connoître et dont nous leur avons donné connoissance en allant l’année dernière au fort Georges. M. le marquis de Vaudreuil paroît se contredire formellement dans l’article le plus important de son instruction, Il a commencé par s’en rapporter au marquis de Montcalm pour aller au devant de l’ennemi, pour le combattre dans sa marche ou sur le lac, et M. le marquis de Vaudreuil ajoute dans ce même article qu’il ne faut point s’exposer par

une affaire générale et décisive. M. le marquis de Montcalm ne sauroit partir que M. le marquis de Vaudreuil n'ait totalement changé cet article de son instruction et ne l'ait expliqué clairement ; car, si le marquis de Montcalm marche au-devant pour combattre, l'affaire est engagée et il contrevient à l'instruction de M. le marquis de Vaudreuil; s’il veut s’en tenir à la dernière partie, il doit prendre des mesures en conséquence, qui dépendront des circonstances et du temps que l'ennemi donnera. Car un camp retranché n’est pas toujours aisé à placer ni prompt à faire, et il vaudroit encore mieux se retirer à Saint-Frédéric que de se compromettre ou de se renfermer dans un poste qui ne seroit pas tenable.

Le marquis de Montcalm se doit à lui-même ces obser-.

vations. Si l'ennemi n’a rassemblé tant de forces que pour une défensive, ou que l’arrivée de nos bataillons l'y détermine, nous ne tarderons pas à le savoir; et comme il doit avoir, dans le cas de l'offensive, commencé ses opérations pour tout le mois prochain, l’opération de M. le chevalier de Lévis, que les vivres n’ont pas permis d'exécuter plus tôt, u’est d'aucune utilité et ne peut faire aucune diversion pour la défense du lac Saint -Sacrement, Mais elle peut remplir d'autres objets.

M. le marquis de Vaudreuil a omis, dans son instruction, un point de la plus grande importance, qui est de savoir dans quel temps les six cents hommes environ des troupes de la marine et les cinq à six cents Canadiens qu’il promet, pourroient être à Carillon. Il est nécessaire de le savoir pour faire ses dispositions.

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Le marquis de Montcalm doit encore faire observer que M. le marquis de Vaudreuil demande le renvoi des bateaux, hors ceux qui sont nécessaires pour le ser- Ill | vice journalier, Cet article est contradictoire avec | celui d'éviter une affaire générale et décisive parce

| qu'il faut toujours se réserver un nombre suffisant de | bateaux pour la retraite des troupes et suivre en cela {ll la disposition faite en 1756, lorsque M. le chevalier de Lévis, avec autant et plus de troupes étoit chargé de | veiller à la défense de cette partie, tandis que le mar- | | quis de Montcalm assiégeoit Chouaguen. M. le marquis

lll de Vaudreuil doit aussi être prévenu que, si l'ennemi

ll vient à nous forcer par la supériorité de ses forces

|| d'abandonner promptement le portage, nous ne pour-

| rons jamais avoir le temps de retirer les bateaux que 1 nous y aurons fait passer pour avoir une marine sur le lac Saint-Sacrement; mais nous les brûlerons,

| À Montréal, le 23 janvier 1758, au soir.

| MoNTCALM.

ll VI |

| Projet pour aller au fort Lydius en supposant que | | milord Loudon voulût de nouveau tenter le siège All! de Louisbourg et qu'il arrivât des vivres et des | munitions de guerre au commencement du prin- | |

temps.

Mars 1758.

La grande difficulté de cette opération est le portage depuis le lac Saint-Sacrement au fort Lydius, et on doit

compter pour peu de chose, celui de la Chute au lac Saint-Sacrement. Il faut donc commencer par fixer le nombre des combattants que M. le général voudra employer pour cette expédition, qui ne peut être moindre de six à sept mille hommes, non compris les sauvages, et de six cents sauvages environ. En ne mettant que cette quantité on présume que milord Loudon aura assez dégarni cette partie pour que nous y ayons la supériorité de campagne, sans quoi il serait impossible de pouvoir y songer.

Le commandant de cette expédition fixeroit le nombre de pièces de canon, de mortiers et d’obusiers qu’il désireroit que l’on y menât. Toutes ces choses étant préparées à Carillon de longue main, le portage de la Chute s’y fera pendant le temps que l’armée s’y rassemblera, et il suffira de faire passer quatre-vingt-dix à cent grands bateaux pour l'expédition, et, en partageant ce nombre au pro rata des bataillons, des soldats de la colonie et des Canadiens qui seront destinés, de cette façon tous les bateaux seront passés en quatre jours de temps.

Je voudrois aussi pour cette expédition deux cent cinquante petites charrettes à bras d'hommes, sur chacune desquelles on attelleroit dix hommes, et par ce moyen, en employant une douzaine de pontons de Carillon à la Chute, le portage se feroit d’une grande vitesse.

Aussitôt que les bateaux seroient au lac Saint- Sacrement, et que la première division auroit à peu près fini la portion du portage, je la ferois passer à l’île la

plus à portée de l’autre bout du lac Saint-Sacrement, et j'y joindrois les maçons et tous les ouvriers qui seroient | nécessaires, pour construire des fours et y établir un | entrepôt général de vivres et de munitions, | | 11 seroit bon qu'il se joignit à cette division quelques | sauvages, afin de pouvoir faire faire des découvertes, On garderoit seulement quelques canots d'écorces, tant pour cela que pour envoyer au camp donner avis au | général de ce qu’on auroit pu apprendre, et on renver- | roit tous les bateaux, armés seulement de trois hommes, pour venir rechercher des munitions et des hommes, En suivant cette opération jusqu'à ce que l’armée fût | toute sur l’île, on y réussiroit en huit ou dix jours ; et, {| pendant ce temps, le portage du lac se trouveroit totalement fini, et l’armée n’auroit été en rien compro- | mise, | Il ne seroit pas prudent que la dernière division | quittât le portage que tout ne fût embarqué, soit vivres ou munitions, de peur que les transports ne fussent interrompus par quelque petit détachement; mais on ne pourroit se dispenser de laisser un poste de trente à quarante hommes à la petite île du moulin et un de cent à cent cinquante hommes retranchés au camp qu'occupoit M. de Gaspé. Il n'est pas douteux que, l’armée étant une fois sur cette île, elle y seroit hors | d’insulte, Elle donneroit de l'inquiétude à l'ennemi, qui seroit incertain si nous voulons l’établir ou si nous avons dessein d'aller les attaquer ; le commandant de fl l'armée y seroit à portée de faire faire les découvertes : | qu’il estimeroit nécessaires, et, sur leur rapport, se | |

décider si on ira les attaquer.

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tant is au nver= 1mes, aimes.

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vision vivres ussent hais on ente à un de camp x que, t hors nnemi, si nous ant de uvertes bort, se

Si les circonstances permettoient d'aller attaquer le fort Lydius, il me semble qu’il faudroit commencer par s'assurer du débarquement, quand bien même l'ennemi voudroit s’y opposer, en se servant de tous les bateaux et canots d’écorces, soit pour descendre à la rive droite ou à la gauche, afin de composer un gros assez considérable pour chasser tous ceux qui pourroient s'y opposer,

Le commandant de l’armée feroit faire une redoute au lieu le plus avantageux, pour y contenir une garde qui pâût veiller à la sûreté des effets qu'on y déposeroit et qui assurût la communication et les débarquements de l’tle à la terre ferme. On pourroit y placer du canon en batterie, Toutes ces choses étant disposées, je voudrois qu'il arrivât dans ce temps de Montréal quarante à cinquante chevaux pour éviter la consommation, ce qui feroit vingt à vingt-cinq voitures ; et je désirerois qu'il y eût deux charretiers pour chacune des voitures, lesquels fussent armés et qui, par ce moyen, seroient en état de soigner leurs chevaux et

de se garder en y joignant quelques sauvages et des Canadiens, lorsqu'on le croiroit nécessaire. Le jour fixé pour le départ du fond du Lac, je voudrois la veille faire charger les deux cent cinquante petites charrettes et les vingt grandes pour dix jours de vivres à toute l’armée, dont cinq en pain et cinq en biscuit; et, en supposant la ration à trois livres par jour, ce seroit trente livres pour les dix jours, et pour six mille six cents, cent quatre-vingt-dix-huit mille, Or comme les deux cent cinquante charrettes porteroient deux cent cinquante mille, et les vingt à chevaux

vingt mille, ce qui me feroit deux cent soixante-dix mille, il me resteroit donc encore soixante-douze mil- |! liers à porter en poudre et balles, d'autant que les outils | | seroient portés par compagnie au pro rata de ceux qui | ne seroient pas employés, soit aux charrettes ou aux | canons et mortiers. Dans le cas que la garnison ne fût

| pas par trop considérable, je me contenterois de faire marcher ce jour quatre mille François avec les sauva- | ges ; et, aussitôt mon arrivée à une lieue ou trois quarts

| | de lieue de la place, après lavoir bien reconnue, je fl | mettrois toute l’armée, le lendemain, à former une

1 bonne parallèle ou une ligne pour resserrer mon ennemi, {l Après quoi, le jour suivant, je ferois repartir cinquante Hi petites charrettes et les vingt à chevaux. J’aurois | Ù donné ordre le même jour aux deux mille ou quinze |

‘cents hommes que j'aurois laissés, de venir avec les

pièces de canon et les mortiers, qui leur auroient été l indiqués à leur arrivée. Je ferois reporter les deux cents + petites charrettes à vide, avec ordre de n’en faire | repartir que cent quarante-cinq pour le retour, de facon que, lorsque les charrettes à chevaux et les cin- -quante charrettes seroient retournées, j'aurois tous les | trois jours un convoi de cent quarante-cinq charrettes ; : [| ee qui me seroit suffisant pour les approvisionnements de vivres et de l’armée, autant de temps que le siège

| dureroit ; et, de cette facon, je n’y aurois d'employés au | plus que quatorze cent cinquante hommes et serois tou- | jours en état de me retirer, quand bon me sembleroit, | - sans rien laisser aux enneinis.

| Quoique je n'aie supposé la force de notre armée | que de sept mille hommes environ, on concevra aisé-

ment que plus l’armée sera considérable et plus on “

-dix € aura de facilité pour les transports, puisque les muni-

mil- tions seront à peu près toujours les mêmes, ainsi que utils l'artillerie, et que, pour la subsistance, on à l’expé-

qui rience que chaque homme, en collier, en peut porter

aux pour vingt-quatre à vingt-cinq jours. Il n’est pas néces- #

‘ . : : : Hero > fût saire de faire apercevoir que cette campagne est pleine faire de difficulté à cause du transport, et que c’est le cas th KE RES) Lo de s’assujettir ou simple... * d'autant qu'il LE Û n . . . . . #3 Larts faudroit être à la légère, si l'ennemi faisoit un effort si e, Je x pour nous faire lever le siège, et qu’il pût y réussir. 4 une re nemi. (Ce mémoire est du chevalier Le Mercier.) Rate uante vurois

AE ; S à uinze VII ÿ ec les

tal nt Eté È Mémoire envoyé par M. de Monteulm à M. Le Mercier. : cents | faire 17 mars 1758, LATE

H ue . .

pi 4 s M. Le Mercier m'ayant fait l'honneur de me consul- |: 1e 38 cin- ñ : FER M « ; ke ter sur la formation d’un équipage d'artillerie tel que nu rs l'attaque du fort Lydius l’exigeroit, si M. le gouverneur ;

à BS : + ñ + 2% ceRon général se déterminoit à cette opération, voici ma CR bments " ;

* réponse :

h siège : : ; pi

cr Il seroit essentiel, pour déterminer la qualité et la “ À

18 au , , ; " HUR a quantité de pièces d'artillerie à employer, que l’on eût ‘1

s tou- de 11 ii tt un plan qui indiquât la nature du fort que l’on veut (a |

roi \ ad attaquer. N'ayant à cet égard aucune lumière, nous ALT ‘ll armée HER Roue WeS * Un mot illisible, ill ra aisé- :

Ke

devons en juger par induction et sur le bruit public. L'opinion générale est, qu’il est plus grand et mieux fortifié que le fort Georges ; d’où je conclus qu’il faut y supposer quelque ouvrage extérieur, lunette, demilune ou retranchement à deux faces, qui couvre les courtines, La nécessité d’attaquer cet ouvrage quelconque, en même temps qu'on battra les deux faces intérieures des bastions collatéraux, entraîne après elle quatre batteries de quatre pièces chacune au moins et que, partout ailleurs qu’en Canada, je por*erois à six. Je m'explique: je préfèrerois plusieurs batteries de peu de pièces :

1° Parce que j'en puis aisément croiser les feux, ce qu’exige principalement la nature des fortifications de ce pays ;

2° Parce que l'ennemi est obligé de diviser le sien pour faire face à tout ;

3° Parce que l’attaqué, voyant du feu de toutes parts sur toute la ligne circulaire qui embrasse le front d'attaque, prend de l’assuillant une plus haute idée, et l'on affoiblit par là celles qu’il avoit conçues d’une défense opiniâtre.

J’aimerois donc mieux deux batteries de trois pièces chacune pour battre une face d'ouvrage qu’une seule de six pièces. Le même officier pourrait les construire toutes deux ; et le petit nombre auquel nous serons réduits l’exigera.

On seroit trop heureux s’il n’arrivoit aucun acr‘dlent aux seize pièces de siège ou moins dont je viens de montrer la nécessité, Il est donc de la prudence d’en avoir quelques-unes de rechange, ce qui en fera monter

LETTRES ET PIÈCES MILITAIRES 39 i ie le nombre de vingt à vingt-quatre. Quant à leur calibre, ë i on ne peut le déterminer que sur l'expérience de leurs a effets combinés avec les difficultés du transport. Nous ts y joindrons quatre pièces légères qu'on fera marcher le avec l’armée et qui Jui seront peut-être nécessaires. dE Cinq à six mortiers de différents calibres et deux den obusiers formeront, avec ce que je viens d'indiquer, notre lle équipage d'artillerie ; il seroit bien inutile que je ci montre à des gens plus éclairés que moi les avantages il Fe de cette sorte d'armes. é Le nombre des sacs à terre doit être déterminé par : 1 dé l'ingénieur, ainsi que la quantité et la qualité des outils. : 45 il Ge On se munira de deux pétards. :

de On approvisionnera sur le pied de quatre-vingts coups par pièce pour vingt-quatre heures, de cinquante 2 sat bombes par mortier et quarante obus, Quant aux muni- j Ÿ (| tions qui devront se consommer par les Canadiens et 1 dd les sauvages, on prétend qu'elles n'ont point de bornes. {ll “ne En Europe, on confie à des officiers le soin de pré- LE venir les obus sur les sacs à terre, les outils et même os les gabions qu’on retire des boyaux à mesure qu’on chemine ; je sens bien qu'ici l'œil le plus attentif ne pourin roit empêcher le sauvage de piller, quand la fan- 4 | ane taisie lui en prend ; ce qui contraint à augmenter mu) dite considérablement ce genre d’approvisionnement,.

Ne m'étant jamais trouvé attaché qu’à des équipages bn où les chevaux étoient très abondants, je ne dirai rien Na! nat de la manière de transporter celui-ci. Li sd 1 Les talents de M. Le Mercier sont trop connus pour ai d'en qu'on puisse prendre aucune inquiétude à cet égard, ‘ ntor | A Québec, etc., etc. nu

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