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Depuis le cap au Diamant ou les poudrières jusqu’à l'ancienne citadelle, la place n’est fermée que par des palissades jointives et crénelées. Si la neige n'empêche pas d’y aborder, c'est, ce me semble, l'endroit le plus susceptible d’être enlevé de vive force, en supposant que l'ennemi ne l’a pas renforcé. Mais l’on m'a dit qu’il avoit construit deux redoutes en arrière, sur la hauteur, qui nous arrêteroient après avoir forcé la palissade, d'autant que je connois assez le local pour pouvoir assurer que l'approche de ses redoutes est flanquée par le feu de la citadelle et qu’on ne peut en avoir pratiqué une autre sur l’ancienne enceinte des magasins à poudre.
La partie de l'enceinte de Québec entre la porte du palais et l'évêché n’est pas abordable par sa hauteur, et en outre est couverte par le faubourg de la Canoterie.
Il n’y auroit que par la basse-ville que l’on pourroit tenter une attaque de vive force, en supposant que l’on feroit diversion sur la hauteur d'Abraham ou autres points du pourtour de la place; mais il faudroit pour cette opération que le fleuve fût entièrement pris devant Québec, ce qui n'arrive pas toutes les années.
M. Bernier est certain que la garnison de Québec étoit au départ de la flotte, de cinq mille deux cents hommes, Que ce nombre soit actuellement réduit à quatre mille, c’est encore trop, n’ayant pour l’attaque, comme je l'ai dit ci-dessus, qu’une troupe peu disciplinée et des Canadiens mal armés.
Je dois encore, avant de terminer ce mémoire, faire observer les désavantages qui doivent s’ensuivre si l'on échouoit dans ces opérations.
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1° Une famine générale par la consommation des vivres qui se seroit faite ;
2° Un découragement total dans les habitants et peut-être une révolte ;
3° La désertion parmi nos troupes, tant de celles de terre que de la colonie ;
4° Une certitude que l'ennemi oseroit tout tenter sans craindre de trouver aucun obstacle par le peu de volonté des habitants et la défection des sauvages ;
5° Si, dans l'hiver, la paix avoit été signée en Europe, quel chagrin pour nos généraux que la perte de tant de braves gens, et la ruine d’une colonie hors d'état de se relever d’un grand nombre d'années.
J'ai cru devoir mettre par écrit mes réflexions sur les attaques des postes en avant de Québec et sur l’attaque de la place, et, quoique je pense avoir démontré l'incertitude de la réussite, je crois qu’il est toujours avantageux de la faire craindre à l'ennemi. Il fatiguera ses troupes. Les grandes fatigues, le grand froid peuvent y occasionner des maladies et mettre dans les troupes un esprit de désertion qui ne peut être qu’à notre avantage, et même les maladies et la désertion peuvent être parvenues à un point qu’en attaquant Québec, on seroit moralement certain de s’en rendre maître,