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A MM. les commandants des vaisseaux de guerre ou marchands expédiés pour le Canala,
A Montréal, le ler avril 1760, Messieurs,
Le triste état où la colonie se trouva réduite à la fin de la campagne, l’année dernière, doit aisément vous faire juger de sa situation actuelle et des pressants besoins où nous sommes de toutes choses, J'ai cependant surmonté les obstacles et de la disette des comestibles et de tous les autres moyens, pour disposer toutes choses nécessaires au départ de l’armée que j'ai destinée à suivre les glaces pour faire le siège de Québec. Il ne faut rien moins qu’une semblable expédition pour le salut de cette colonie, dans les circonstances plus que critiques où elle se trouve. J'ai lieu d'espérer, d’après mes mesures, que cette tentative ne portera pas à faux,
Je suis dans la confiance que la Cour aura prévu à nous faire passer de très bon printemps, de puissants secours de toute espèce, cette lettre n’est donc, Messieurs, que pour témoigner comme il importe que ces secours nous parviennent promptement.
Je me flatte que vous serez entrés dans le fleuve avant la flotte ennemie. En ce cas, je vous prie de suivre votre route jusque dans le bassin de Québec, toutefois hors la portée du canon et des bombes de la ville.
Je n'aurai rien de plus pressé que de vous y donner de mes nouvelles, J’ai prévu à vous faire fournir des
pilotes pratiques de la traverse ; lorsque vous passerez au Cap-aux-Oies, j'ai établi ainsi qu'au Bic et à Saint- Barnabé, des vigies pour répondre à vos signaux,
Si, par un événement malheureux, la flotte ennemie était entrée avant vous dans le fleuve, je ne puis en ce cas que vous prier de vous conformer aux ordres que vous avez de la Cour,
Comme il est de la plus grande conséquence que les dépêches dont vous aurez été chargés en partant de France me parviennent diligemment, principalement par rapport aux ordres et instructions de la Cour qu'elles pourront renfermer, je vous prie, Messieurs, de vouloir bien remettre au sieur Legris ou au sieur Lepage chargés de mes ordres, les dépêches aux adresses ci-après sa voir :
A mon adresse,
A l’adresse de M. l'évêque.
A l'adresse de M. le chevalier de Lévis,
A l'adresse de M. l’intendant.
A l'adresse de M. de Bourlamaque.
A l'adresse de M. de Rigaud.
A l'adresse de M. de Bougainville,
Et à l'adresse du munitionnaire,
Desquelles dépêches les dits sieurs vous donneront un reçu au bas d’une copie de cette lettre qu'ils certifieront.
Vous voudrez bien, Messieurs, attendre de mes nouvelles, si la flotte ennemie vous a précédés dans le fleuve. Je vous donnerai mes ordres relativement à
ceux que j'aurai recus de la cour.
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Je souhaite, Messieurs, être bientôt à portée d’avoir l'honneur de vous voir, Ayez la bonté de m'envoyer l'état des vivres, munitions, troupes, etc, que vous aurez à bord de vos navires. ;
J'ai l’honneur d’être avec l'attachement le plus vif et le plus sincère,
Messieurs,
Votre très humble et très obéissant serviteur,
Signé : VAUDREUIL,
A M, le commandant de la flotte ou escadre qui arrivera dans cette colonie.
A Montréal, le 6 avril 1760.
Monsieur,
Malgré la triste situation de cette colonie, soit par les avantages que les Anglois ont eus la campagne dernière, soit par l'extrême disette des vivres, j'ai rassemblé une armée pour faire le siège de Québec, et j'ai chargé M. le chevalier de Lévis, maréchal de camp, de cette expédition, avec la même autorité que si j'étois en personne à la tête de l’armée, Je vous prie, Monsieur, de vouloir bien lui donner communication des ordres et instructions que vous avez de la Cour relativement à cette colonie. Il correspondra et coopèrera avec vous suivant les vues de Sa Majesté et que les circonstances pourront l’exiger, en attendant que je puisse régler ses opérations,
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Vous voudrez bien lui remettre les dépêches dont vous, Monsieur, ou les capitaines de votre escadre, seriez chargés à mon adresse, supposé que vous ne me les ayez pas fait passer avant que cette lettre vous parvienne.
Agréez que tous vos Messieurs trouvent ici mille choses de ma part et les assurances de l'attachement vif et sincère avec lequel j'ai l'honneur d’être,
Monsieur,
Votre très humble et très obéissant serviteur,
VAUDREUIL,
Etat général des prix des journées qui pourront étre empioyées tant au siège que dans l’armée.
À 12 avril 1760, SAVOIR :