‹ Lettres et pièces militaires [microforme]Chapitre 53 sur 94 · IMAGE EVALUATION TEST TARGET (MT · texte numérisé non relu

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gences pour aller trouver les habitants dans les profondeurs les plus reculées. Il auroit été même très facile de s'emparer du curé de l’Ange-Gardien, On se plaint particulièrement de M. Parent, curé du dit endroit, de ce qu’il s'est trouvé avec une bande de paysans, sous un nommé Boucherville, à fusiller dans les bois, sur les troupes angloises, De pareilles démarches ne sont ni sensées, ni dignes du caractère sacré d’un homme de sa

profession.

Billet envoyé à part.

On a pris plusieurs courriers, envoyés par M. de Vaudreuil, aux habitants de la Baie Saint-Paul, afin qu'ils fussent pourvus d'instruments propres à enlever des chevelures, comme les sauvages, sur lIle-aux- Coudres, On ne doit pas être surpris si les Anglois changent de conduite envers les Canadiens, puisque la douceur ne fait qu’augmenter leurs cruautés.

On a châtié les habitants de la baie Saint-Paul; on les châtiera encore, s'ils continuent plus longtemps à faire la guerre.

Ordre au R. P. curé de Sainte-Foye

A Québec, le 14 octobre 1759.

Monsieur,

Monseigneur le gouverneur ayant commandé que le capitaine de milice lui envoyât immédiatement un recensement exact des habitants de votre paroisse,

le

spécifiant par leurs noms les pères, mères, garçons et filles, aussi bien qu'une supputation de la quantité de grains, et un dénombrement fidèle des bestiaux, il exige que vous teniez la main à ce que ses ordres sur ces différents articles soient dûment exécutés avec toute la diligence possible, et que vous ceitifiiez les états en être justes.

Je suis, Monsieur, Votre très obéissant serviteur,

# H.-J, CRAMAHÉ, Secrétaire,

cvme Murray, brigadier général des armées de Su Majesté Britannique, colonel d'infanterie, gouverneur de Québec et des pays conquis, etc.

Il est ordonné au curé missionnaire, capitaine commandant et autres officiers de milice de la paroisse de Sainte-Foye, d'envoyer en cette ville, aussitôt le présent ordre reçu, dix charrettes de la dite paroisse pour le service de Sa Majesté Britannique.

‘Il est ordonné, en outre, aux habitants, à qui appartiendront les dites charrettes, de porter avec eux du fein et de l’avoine, pour la subsistance de leurs animaux, pendant le temps de quinze jours; les dits habitants seront nourris journellement, et leurs travaux payés en

argent sonunant ; et, après les dits quinze jours expirés, ils seront renvoyés chacun chez eux, en sûreté, et ce, sur peine de désobéissance.

En foi de quoi nous avons fait appose: le cachet de nos armes, et fait contresigner notre secrétaire. JAMES MURRAY, Brigadier général.

Par Monseigneur :

H.J, CRAMAHÉ, Secrétaire,

Fait à Québec, ce jourd'hui, 21me octobre 1759.

Par nous, Monseigneur Jacques Murray, brigadier général et commandant en chef des troupes de Sa Majesté Britannique, dans la rivière de Saint-Laurent, gouverneur général de Québec et des pays conquis.

Après une campagne rude et pénible, nous ne pensions qu’à donner du repos aux troupes, et laisser respirer le peuple en tranquillité, après les malheurs qu'il a essuyés durant le cours de cette année, marquée par tant d'événements grands et décisifs ; mais, malgré des intentions si humaines, je me vois rappelé en campagne par la fidélité que je dois à mon prince, et pour protéger les peuples soumis à ses armes.

Par quel droit M. de Vaudreuil peut-il donner des ordres à des gens qu’il a abandonnés à leur mauvaise fortune ? Quel tour peut-il donner aux ordres injustes et cruels donnés aux sauvages de courir sus et détruire les Canadiens ainsi abandonnés? Est-ce, après une suite d’injustices et de violences, pour mettre le dernier comble à leur malheur ? Comme les généraux ennemis ont jugé à propos de lever des contributions sur les paroisses qui nous sont soumises, les lois de la guerre et de la justice m'obligent d’user de représailles sur celles d'en haut,

En cela, comme pour l'avenir, leur conduite règlera toujours la mienne. Il seroit heureux pour vous, Canadiens, que moins soigneux de leur gloire, ils songeassent uniquement au bien de l'Etat. Les courses sur les Canadiens seroient réprimées, l'habitant jouiroit du repos. Ouvrez les yeux sur vos propres intérêts. Toute communication avec l’uuéan étant bouchée, que pouvez-vous attendre d’une armée foible, battue et terrassée sans espoir, sans ressources, avec un grand corps de troupes aguerries dans le sein du pays, un autre à ses portes, presque tous les postes d’en haut emportés ou abandonnés.

Nous vous exhortons avec empressement d’avoir recours à un peuple libre, sage, généreux, prêt à vous tendre les bras, à vous affranchir d’un despotisme rigoureux, et à vous faire partager avec eux les douceurs d’un gouvernement juste, modéré et équitable ; que si vous ne profitez de cet avis, ous avez à attendre le traitement le plus sévère qui puisse être permis par le droit de la guerre.

Les manifestes des généraux Wolfe et Monckton ont respiré les sentiments les plus doux et les plus humains ; leurs menaces, aussi, étoient justes. Ces menaces, jusqu'ici, n’ont pas été exécutées, parce qu'on savoit combien on s’étoit attaché à faire accroire aux Canadiens que les Anglois étoient des gens sans foi et sans humanité,

A présent, ils doivent sentir combien on leur en a imposé, Notre conduite envers ceux de leurs compatriotes qui nous sont soumis, met ce fait en évidence Ainsi, comme il n’y aura plus d’excuses pour les Canadiens, si jamais ils prennent le parti d’avoir recours aux armes, ils doivent, dans ce cas, s'attendre à toutes les rigueurs qui peuvent être exercées par une armée victorieuse et justement irritée,

Le blâme en retombera sur eux-mêmes, Une telle conduite sera dictée par la nature humaine, et les lois des nations et de la guerre la justifieront pleinement.

JAMES MURRaAY.

Par Monseigueur :

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